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TINY HOUSE - De belles rencontres ont permis à la musicienne de réaliser son rêve : construire sa maison sur un camion pour partager sa musique de ville en ville, au gré de ses haltes.

Varzú, qui a grandi en Espagne, est venue en France il y a 4 ans pour travailler et parcourir le pays. Chanteuse et musicienne, elle s'est d'abord installée à Paris. “Mais les prix des loyers à Paris sont choquants!”, nous explique-t-elle par téléphone. Elle, qui rêvait d'une vie nomade, à vivre de son talent, s'est retrouvé à dépenser tout son argent pour son logement.

J'ai eu un déclic : il fallait que j'arrête de payer un loyer pour vivre de ma musique et ne plus avoir de petit boulot à côté.

Il y a deux ans, elle a entendu parler des tiny houses. Parce qu'elle trouvait que les petites maisons étaient très jolies, mais aussi parce qu'elles peuvent se transporter partout, elle a décidé de se lancer dans l'aventure, et de construire sa propre maison sur roues.

Mon entourage était un peu réticent au début. Beaucoup m'ont demandé : pourquoi tu n'achètes pas un camping car ? Je voulais une maison avec des matériaux naturels”, justifie Varzú, qui raconte toute son histoire sur son blog, La tiny house des Tournesols.

© Varzù - la tiny house des tournesols

Apprendre à bricoler quand on n'y connait rien

Monter une charpente, faire des branchements électriques, isoler les murs… quand on veut construire sa propre maison, il faut savoir bricoler. Mais au début de son projet, Varzú est une très grande débutante, elle ignore tout de la construction : “je n'avais jamais utilisé un tournevis de ma vie”.

Elle commence par regarder des vidéos sur Youtube, mais ça n'est pas suffisant pour construire soi-même une maison entièrement.

Varzú décide alors de lier sa passion du voyage et son besoin d'apprendre, et part travailler dans toute l'Europe pour participer à la construction de structures dans des festivals et chez des entreprises fabricant des tiny houses. L'occasion pour elle de mettre aussi de l'argent de côté pour financer plus tard son propre logement.

© Varzù - la tiny house des tournesols

Choisir un camion plateau plutôt qu'une remorque

À la fin de l'été 2017, elle revient en France dans le but de construire sa tiny house. Elle peaufine son projet, et décide d'acheter plutôt un camion plateau.

En effet, il est plus facile pour Varzú de se déplacer avec son camion que construire une tiny house sur une remorque, car il lui faudrait alors acheter un terrain pour la placer dessus. “Je peux me garer presque partout, de préférence dans la nature pour ne pas gêner les voisins”, se ravit la musicienne, qui se sert de son logement pour répéter.

D'ailleurs, de nombreuses applications indiquent les bons coins. Varzú utilise Park4night.

Je regarde là dessus les endroits où je peux stationner. Les utilisateurs indiquent les endroits où les propriétaires sont d'accords pour que l'on s'y installe quelques temps, mais aussi là où la police verbalise beaucoup.”

Son camion, Varzú l'a trouvé sur Le Boncoin, en janvier 2018. Au même moment, elle obtient son permis de conduire, et parcourt 700 km pour le ramener là où elle habite, dans un camping. Les travaux peuvent enfin commencer. Et grâce à des rencontres plutôt inopinées, la musicienne va pouvoir se faire aider !

© Varzù - la tiny house des tournesols

De belles rencontres pour construire sa tiny house

La première rencontre qui va permettre à Varzú d'avancer dans son projet, c'est avec Nico et Kelly, les propriétaires du camping dans lequel elle a vécu à son retour en France. Dans un concert où elle se produit, l'artiste se met à raconter son projet au couple, ébahi.

Il n'en faut pas moins pour qu'ils l'invitent à vivre dans un de leur mobile home, le temps que la jeune femme de 24 ans construise sa maison. Ils lui proposent même de commencer le chantier sur leur terrain !

La seconde rencontre, c'est en faisant du stop que Varzú va la provoquer. Pour se rendre à une soirée musicale, elle lève le pouce le long d'une route. Patrice s'arrête, et ces deux là ne vont plus se quitter, parce que Patrice est charpentier ! Le professionnel lui donne de précieux conseils, lui prête ses outils, l'aide à trouver des matériaux et à faire quelques réparations. Une aubaine !

La dernière rencontre se fait au début virtuellement, sur Facebook. Varzú commence à discuter avec Sébastien, lui-même propriétaire d'une tiny house. Lui aussi va lui donner pas mal de conseils, et dans la vraie vie, il l'accompagne chercher son camion.

© Varzù - la tiny house des tournesols

L'état de la tiny house des tournesols, aujourd'hui

Depuis le mois de mai 2018, la tiny house est hors d'eau hors d'air, c'est à dire qu'à l'intérieur, Varzú est protégée des intempéries.

Mais pour le moment, c'est une coquille vide : “j'ai dépensé toutes mes économies pour faire l'extérieur, il ne me reste rien pour l'aménagement intérieur”, explique l'artiste. Elle a quand même récupéré deux meubles, gentiment offerts par des occupants du camping, et posé un matelas au sol.

Pas d'eau, pas d'électricité, l'installation reste rudimentaire. Mais cela n'a empêché Varzú de s'installer dans sa tiny house. Rien n'altère le bonheur de la musicienne à vivre la vie nomade dont elle a toujours rêvée.

 

© Varzù - la tiny house des tournesols

Pour le reste, elle baroude, de villes en villes. Pour financer sa maison, elle propose aux bars de jouer le soir. “Mon prochain projet, c'est d'installer des panneaux solaires, pour enfin avoir de l'électricité”, explique la jeune femme, qui a lancé une campagne de financement participatif.

Il faut suivre ses rêves, car sinon on a des regrets”, conclue Varzú.