AUTONOMIE - Autonomie énergétique, plantes sauvages comestibles, permaculture : vous ne le savez peut-être pas, mais vous êtes déjà un-e survivaliste !

Vous souvenez-vous de l'époque où vous rêviez de construire votre propre cabane dans les arbres et de vous nourrir exclusivement des fruits et baies trouvés dans la nature ?

L'autonomie n'est pas qu'un rêve d'enfant ou de fans inconditionnels de Robinson Crusoé. Le Salon du Survivalisme qui ouvre ses portes vendredi 23 mars incarne un engouement de plus en plus répandu pour ce désir d'autonomie, d'autosuffisance.

Être capable de construire de ses propres mains sa maison, l'alimenter grâce à des énergies renouvelables et ne consommer que les fruits et légumes de son jardin, le rêve semble être à portée de main.

Cette autonomie est-elle réellement possible ? Nous avons posé la question à 4 survivalistes. Voici leurs réponses.

1 - Atteindre l'autonomie énergétique : une marche à suivre simple

Samuel Le Berre est le fondateur d'Aézéo, un centre de formation breton en énergie renouvelable. On y apprend à construire des éoliennes, des panneaux solaires, ou encore des poêles bouilleurs (comme nous vous l'avions raconté dans ce reportage). Une formation selon lui capitale pour être parfaitement autonome.

“Techniquement, c'est très facile d'être autonome en énergie, pour cela il existe un protocole extrêmement simple à suivre.

La première étape c'est d'isoler correctement sa maison. Ensuite il suffit d'alimenter le système de chauffage avec un chauffage au bois et de bénéficier d'eau chaude sanitaire avec des panneaux solaires. Avec cela, on couvre 85% des besoins énergétiques d'une maison. Les 15% restant, correspondent à l'électricité, que l'on alimente avec du photovoltaïque.”

En bref : avec de bonnes installations, l'autonomie énergétique est à la portée de toutes et tous !

2 - Se synchroniser avec la nature avec la permaculture

Maxime de Rostolan a fondé les Fermes d'Avenir qui font la promotion du modèle agricole français. Selon lui, l'autonomie alimentaire passe avant tout par l'apprentissage de notre savoir-faire paysan et la permaculture.

“Être autonome, c'est être indépendant en générant soi-même sa nourriture. Avec la permaculture, il faut moins de 100 m2 à une famille pour produire des légumes toute l'année et être autonome vis à vis de sa consommation.

On a perdu notre héritage paysan, il y a 40 ans ce n'était pas le cas. Les gens grandissaient avec un vrai lien à la nature et comprenaient le côté productif du jardin. Aujourd'hui on est désynchronisé de la nature.

Mais il existe plusieurs freins à l'autonomie dont il faut être conscient. L'autonomie alimentaire nécessite des compétences techniques. Et puis surtout, il faut avoir conscience qu'être autonome, c'est être en partie dans la solitude. Beaucoup de gens qui choisissent cette vie sont isolés.”

En bref : nourrir sa famille grâce à son potager est faisable mais c'est un investissement de temps et d'apprentissage !

3 - Construire l'autonomie grâce à la débrouille

Alban Cambe est enseignant et passionné de bushcraft (c'est-à-dire survivre dans les bois). Ce survivaliste convaincu organise des stages de survie en forêt pour les passionné-es de cabane en bois et aventuriers en herbe. Pour l'auteur du blog “Nature Aventure Survie”, être indépendant c'est renouer avec le sens de la débrouille.

“L'autonomie se construit. On vit à l'intérieur d'une zone de confort dont il faut accepter de se défaire un petit peu. Bricoler, être capable de réparer ses objets soi-même c'est une forme d'autonomie.

Par exemple, c'est mettre en place un système de récupération d'eau de pluie, ou d'avoir accès à un puits.”

En bref : avec un peu de débrouille et le sens pratique, il vous sera bien plus facile de ne compter que sur vous !

4 - Connaître les plantes pour être libre

Laurence Talleux est spécialiste des plantes sauvages comestibles et formatrice à Échappées Sauvages. La connaissance des plantes qui peuplent nos jardins est essentielle, car, selon elle, il faut se reconnecter avec ce qui nous fait vivre : la terre.

“L'autonomie, c'est être libre mais c'est aussi une sécurité. La connaissance des plantes est à la fois pratique, ludique et économique. On ne se rend plus chez le maraîcher, on met à profit la nature, plus besoin de jardiner ! On va trouver des plantes qui vont pouvoir remplacer ou enrichir certains légumes.

L'autonomie ce n'est pas un retour au paléolithique, cela signifie pas, vivre avec des peaux de bête, mais simplement de reconnaître que, ce qui nous fait vivre, vient de la terre.

Pour autant, cela ne signifie pas que vivre en ville rend impossible l'autonomie. Quand on voit des villes comme Detroit aux États-Unis, où l'on recrée des jardins dans la ville, où l'on valorise et recycle les déchets, c'est l'exemple parfaite de la ville résiliente.

D'ailleurs, il suffit de regarder ce qu'on fait deux femmes dans une ville du Royaume-Uni (Pamela Warhurst et Mary Clear à Todmorden) : en mettant à la disposition des passants, les légumes de leur potager, elles ont lancé un vrai mouvement, celui des incroyables comestibles. Aujourd'hui cette ville est à 80% autonome en terme d'approvisionnement en végétaux. “

En bref : faites un tour en forêt et apprenez à maîtriser ce qui vous entoure, cela sert même en ville !

Vous l'avez peut-être compris, le survivalisme ce n'est pas qu'une histoire de survie dans les bois, mais c'est avant tout une philosophie de vie qui consiste à devenir maître-sse de son quotidien !