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ETUDE - Les alternatives à la climatisation sont-elles assez efficaces pour nous garantir suffisamment de confort pendant les vagues de chaleur ? Un groupe de recherche s'est penché sur cette question.

Parfois, la solution ne fait qu'aggraver le problème. C'est ce qui se passe avec la climatisation. Certes, elle nous rafraîchit sur le moment, et nous aide à faire face aux vagues de chaleur. Mais elle augmente du même coup la température globale dans les villes, car elle évacue de l'air chaud à l'extérieur des bâtiments. De plus, elle consomme beaucoup d'électricité.

Alors sera-il possible de vivre sans climatisation durant les canicules qui vont se multiplier d'ici la fin du siècle ?

Voilà la question à laquelle a voulu répondre une équipe de chercheuses et chercheurs associant l'Ecole des ponts ParisTech, le CNRS, Météo-France et le Centre scientifique et technique du bâtiment, avec une étude publiée le 2 juillet 2020 dans Environnemental Research Letters.

Trois stratégies pour limiter l'usage des climatiseurs

L'équipe de recherche s'est penchée sur le cas de Paris, en imaginant que tous les habitants seraient équipés en climatiseurs. Trois alternatives possibles ont été examinées :

  • Transformer 10 % de la surface de la ville en de nouveaux parcs, créant de nouvelles zones où se réfugier à l'ombre. L'évapotranspiration, la transpiration des plantes, permet aussi d'apporter plus d'humidité dans l'air et donc de le rafraîchir.
  • Isoler tous les bâtiments de la ville et utiliser des matériaux réfléchissants pour les murs et les toits, sauf dans le centre historique.
  • Un usage modéré de la climatisation, en choisissant sur tous les climatiseurs une température de 28°C dans les logements et 26°C dans les bureaux (contre une température de référence de 23°C).

Ces trois stratégies d'adaptation combinées permettent de diminuer la température jusqu'à - 4,2°C la nuit, ce qui peut sembler encourageant. Mais, en réalité, cela ne serait pas suffisant pour atteindre une température supportable pour la santé humaine dans la journée. La durée du stress thermique (avec 32°C à l'intérieur des bâtiments) ne serait réduite que d'environ une heure et demi par jour. Impossible donc de se passer totalement de climatisation !

En revanche, ces trois mesures permettent de réduire considérablement la consommation d'électricité par les climatiseurs de 60 %. Elles restent donc intéressantes.

Repousser notre dépendance à la clim'

Cette étude montre que nous risquons de dépendre des climatiseurs dans les années à venir, mais qu'il serait possible d'en limiter les effets avec un mix de mesures complémentaires.

Ces stratégies d'adaptation "pourraient aussi repousser le moment à partir duquel la climatisation sera indispensable pour garantir un confort thermique et limiter les effets sur la santé de la majorité de la population", conclut également l'équipe de recherche.

Chacun peut d'ailleurs participer à son échelle, par exemple en bricolant l'une de ces alternatives à la climatisation qui ne consomment pas d'électricité, comme le capteur solaire. Ou tout simplement en révisant les erreurs à ne pas faire avec sa clim' !