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ZÉRO DÉCHET - En 2018, Marlène, comme 15 000 autres personnes, a participé au défi Rien de Neuf lancé par l'association Zero Waste France. Voici leur bilan.

Il y a encore un an, sans être une serial shoppeuse, Valentine, 38 ans, avait “des phases” durant lesquelles elle achetait sans réfléchir. “Quand j'avais besoin de quelque chose je m'orientais tout de suite vers du neuf, sans trop me poser de question”, reconnaît-elle aujourd'hui. Comme la plupart d'entre nous, en somme !

Mais il y a un an, elle a décidé de relever le Défi Rien de Neuf, lancé par l'association Zero Waste France. Le principe : acheter le moins de produits de consommation courante neufs (mis à part l'alimentation et les produits d'hygiène). 15 000 personnes se sont inscrites, c'est maintenant l'heure du bilan !

Prendre conscience de l'impact de chaque objet

L'idée est de faire prendre conscience que les déchets ne sont pas seulement dans nos poubelles, explique Marine Foulon, chargée de communication de l'association. Derrière chaque objet neuf, il y a tout un tas de ressources utilisées, qu'on ne voit pas.”

Les matières premières, l'énergie dépensée pour la production et le transport… voilà ce que l'on préserve et économise l'on se tourne vers l'occasion, le partage ou encore la réparation.

L'association n'a pas comptabilisé ce que cela représentait pour cette année de défi, mais l'étude récente de l'Ademe, qui dévoilait l'impact caché de 45 objets du quotidien, permet de se faire une idée. La fabrication d'un lave-linge, par exemple, mobilise 2,1 tonnes de matières première et pollue autant qu'un aller-retour Paris/Toulouse en avion.

Si Valentine a racheté un lave-vaisselle neuf cette année, elle a tout de même cherché, à chaque fois, une alternative. Et toute la famille a suivi : son mari s'est réfréné pour n'acheter qu'un jeu vidéo “et pas cinq”, ses enfants ont eu des jouets d'occasion pour Noël.

Même démarche chez Aude, 38 ans, autrice du blog Contes de fées, dont le fils de 6 ans a “demandé au Père Noël de faire un effort pour la planète, en offrant des jouets d'occasion, sans emballage”. Quand à la fois où le petit Noah a eu envie d'une crosse de hockey, ils se sont amusés à la fabriquer ensemble, avec du bois, quelques vis et une chaussette.

Trouver d'occasion : plus facile qu'on ne le pense

Aucune des personnes interrogées pour cet article n'a donc vécu cette année comme longue série de contraintes. Il faut dire qu'elles étaient déjà dans une démarche zéro déchet depuis quelques temps.

Je me suis rendue compte que j'achète très peu de choses neuves, ça fait des années que je vais à Emmaüs pour les vêtements, raconte ainsi Marlène, 30 ans. J'ai quand même acheté un soutien-gorge neuf, mais quand quelque chose est cassé, je le répare, je fais de la couture.”

Bien sûr, certains objets ne sont pas faciles à trouver d'occasion : une paire de chaussures pour l'une, des lunettes de soleil pour enfant pour l'autre… Marlène, elle, a craqué sur un legging pour faire du yoga. “Je me le suis fait voler, c'était un signe de l'univers, rigole-t-elle. Finalement, j'en ai retrouvé un de seconde main.”

Mais, bien souvent, trouver des objets d'occasion s'avère plus facile qu'on ne pourrait le croire. Valérie, 49 ans, et sa famille, ont quitté la Réunion pour s'installer près de Bordeaux en août dernier et ont dû entièrement remeubler une maison pour cinq personnes. Ils n'ont acheté qu'un lit, tout le reste a été chiné ou donné par des amis ou de la famille.

En réalité, ils ont même refusé certains dons, qui ne leur convenaient pas. Car le risque, en achetant d'occasion, serait d'accumuler et de ne pas s'en tenir à ses seuls besoins, estime Valérie. Pour elle, zéro déchet et état d'esprit minimaliste vont de paire.

Poursuivre sur sa lancée pour 2019

Quid du regard des autres ? L'entourage est le plus souvent bienveillant, et se laisse parfois entraîner dans l'aventure, mais Valentine a eu “quelques discussions assez lunaires” avec ses collègues. “Ils me disaient : “si tout le monde faisait comme toi, tout le monde serait au chômage, le pays serait ruiné”. Je leur répondais en leur donnant l'exemple de la fast fashion, des armoires remplies d'habits qu'on ne met jamais…

Marlène, elle, s'est donné le droit de continuer à acheter chez les libraires, pour rémunérer les auteurs, chez les artisans et les boutiques locales, qui sont dans une démarche environnement.

Zero Waste France renouvelle l'opération pour 2019, avec un nouveau site (on peut désormais calculer son impact environnemental à chaque achat), et l'objectif de mobiliser cette fois 100 000 personnes.

Aude, comme nos autres témoins, va poursuivre sur sa lancée. Mais le défi sera encore plus grand, puisqu'elle déménage avec sa famille dans une maison à rénover. “Forcément, on va devoir acheter du neuf, on a trouvé des radiateurs, des luminaires, de l'électroménager d'occasion mais pour la peinture c'est plus compliqué…”, se projette-t-elle. Mais, même dans ce domaine, il y a des solutions, à l'image de cette association, qui revend des matériaux de construction sauvés de la benne. Alors, tenté-e par l'expérience ?

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