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TÉMOIGNAGE - Après un incendie dévastateur, ils ont reconstruit une maison plus écolo grâce à la solidarité du village

Eric, son épouse et leurs trois enfants venaient d'emménager dans leur nouvelle maison en Rhônes-Alpes. Elle datait des années 70, et était restée jusque-là "dans son jus". Il restait encore 6 mois à 1 an de travaux pour tout finaliser, mais elle était déjà bien plus confortable que lorsqu'ils l'avaient achetée. Un dimanche en fin d'après-midi, fin août 2005, l'alarme du détecteur de fumée retentit au premier étage.

La vieille VMC, qu'Eric avait prévu de changer la semaine suivante, a pris feu.

"Quand l'incendie s'est déclaré, j'étais sûr de pouvoir le maîtriser, se souvient Eric Tortereau. Avec mon fils, on est montés avec deux extincteurs, en appelant les pompiers en même temps. Mais en trente secondes, on a vu qu'il n'était plus possible d'intervenir sans se mettre en danger."

La maison après l'incendie. © Eric Tortereau

Un élan de solidarité

Quatre casernes de pompiers arrivent sur place. Ils vident la piscine pour réussir à éteindre l'incendie. Ce qui n'est pas parti en fumée est noyé. La famille a perdu une grande partie de ses affaires, mais heureusement, personne n'est blessé.

"À aucun moment, on s'est dit qu'on n'allait pas revenir dans cette maison, raconte Eric. On a dit, ce n'est pas grave, ce n'est que du matériel. On va reconstruire comme on le veut. Et on a même fait mieux que ce que l'on avait imaginé au départ."

S'ils arrivent à faire face, c'est aussi grâce à la solidarité qui se met en place autour d'eux.

© Eric Tortereau

La famille habite un village, tout le monde a rapidement connaissance du drame. Le lendemain de l'incendie, à 10 heures du matin, les artisans qui avaient déjà travaillé dans la maison sont tous sur place. "Ils font partie de la même équipe de rugby, ils se sont tous appelés et ils sont venus", témoigne Eric. "Avec l'accord de l'expert, avant midi on avait décidé que les travaux allaient démarrer le lendemain."

Les voisins aussi se mobilisent. La plus jeune des filles va habiter avec une copine, le reste de la famille est hébergée chez un voisin pendant 3 semaines. Eric et son épouse parviennent ensuite à louer un appartement dans le village, tout près de la maison, ce qui facilite les allers-retours sur le chantier.

Quatre mois pour reconstruire en mieux

L'assurance prend en charge les travaux pour reconstruire ce qui a été détruit par l'incendie. Les artisans mettent de côté leurs autres chantiers pour avancer le plus vite possible. Ils se chargent de rebâtir les murs et les cloisons, de réaliser une nouvelle charpente et une nouvelle toiture, mais aussi de refaire la plomberie.

En parallèle, Eric s'attaque à l'aménagement intérieur et à la décoration avec l'aide de son fils aîné de 17 ans, le soir, les week-ends et pendant les vacances. Des amis viennent aussi donner un coup de main lors de chantiers participatifs.

Ce nouveau chantier est l'occasion d'achever l'aménagement du premier étage, qui était encore en partie en chantier au moment de l'incendie, mais aussi de repenser la distribution des pièces. Pour aider les enfants à surmonter cette épreuve, Eric modifie les cloisons pour qu'ils aient chacun une grande chambre avec leur salle de bains et la déco de leur choix.

L'étanchéité et l'isolation sont aussi améliorées, notamment en remplaçant les fenêtres, pour diviser par deux la consommation de granulés de bois qui chauffent la maison. Des panneaux solaires thermiques, pour chauffer l'eau chaude sanitaire, et des panneaux solaires photovoltaïques sont installés sur le toit. L'électricité produite est entièrement revendue à EDF, mais l'objectif est de devenir autonome en énergie à terme.

© Eric Tortereau

"On s'approche d'une maison basse consommation, l'idée a toujours été d'avoir un impact minimum sur l'environnement", explique Eric. "J'ai aussi anticipé la retraite, pour avoir une maison peu énergivore, avec des petites factures de chauffage."

Grâce à tous ces efforts, la famille peut fêter Noël dans la maison, moins de quatre mois après l'incendie. "Les filles ont été particulièrement touchées, c'est quand même traumatisant. Mais elles ont retrouvé leur chambre et elles ont su rebondir", conclut Eric.

© Eric Tortereau

Au printemps suivant, ils ont organisé un pot pour remercier toutes les personnes qui les ont soutenu. Depuis, Eric continue de partager le savoir-faire acquis notamment sur ce chantier, à travers le réseau des Castors auto-constructeurs.