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AUTONOMIE - En 15 ans, cet habitant du Nord a complètement rénové sa maison. Une fibre verte qui lui vient de sa grand-mère !

Frédéric Wetzel, 67 ans, n'a pas attendu que l'écologie devienne tendance pour s'y mettre. Depuis plus de 15 ans, cet habitant de Baisieux dans le Nord, transforme son pavillon en laboratoire des énergies propres. 

De l'extérieur, cette habitation construite dans les années 1970 ressemble comme deux gouttes d'eau à ses voisines du lotissement, à quelques détails près. Panneaux photovoltaïques, chauffe-eau solaire, isolant écologique ou lampes basse consommation, Frédéric vit dans une maison écolo où rien n'est laissé au hasard. 

Et pour preuve, depuis quelques années, sa facture en énergie est nulle, mieux encore, ses installations lui rapportent un peu d'argent ! 

Volontaire d'un programme expérimental écolo 

Les premières travaux de rénovation de Frédéric et sa femme ont commencé en 2004, grâce à un programme de l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie (ADEME). “Je voulais installer des panneaux solaires et un artisan m'a dit que l'ADEME cherchait des volontaires pour tester des installations. En échange de subvention, on devait ouvrir nos portes aux médias et visiteurs pendant 4 ans”, se souvient-il. 

Ce passionné se dote d'une centrale photovoltaïque qui comble depuis une grande partie de ses besoins en électricité. “Je produis en moyenne 2500 kilowatt par an et j'en achète 2200 à EDF, souligne Frédéric. J'ai une facture comme tous les consommateurs sauf que moi je leur vends celle que je produis en plus et ne paie rien.” Grâce à son surplus d'électricité, la facture est nulle et le retraité touche même un petit bénéfice de 30 euros par an. Belle affaire ! 

Mais cet habitant du nord de la France ne s'est pas arrêté en si bon chemin. Après l'équipement solaire, Frédéric a isolé sa maison. “J'ai fait une erreur. J'ai commencé par les panneaux mais ça ne sert à rien si on a une passoire en dessous”, nous confie-t-il.

Parce qu'il n'a pas le droit de toucher à l'extérieur, le sexagénaire isole sa maison par l'intérieur avec de l'isolant Métisse, produit à partir de vêtements recyclés. “J'en ai mis 50 centimètres, il n'y a rien qui sort”, assure-t-il après avoir passé ses cloisons à la caméra thermique. 

Des installations pour toute la maison 

Suivra un chauffe-eau solaire qui ne sert pas qu'à l'eau chaude mais alimente aussi le lave-linge et le lave-vaisselle. Car Frédéric ne fait pas que des économies sur l'électricité. “Nous utilisons l'eau de pluie pour les toilettes et lorsqu'il en manque nous réduisons notre consommation avec un lave main incorporé au réservoir”, précise-t-il. 

Et à l'intérieur, le couple n'utilise que des lampes LED. “J'étais l'un des premiers. Au départ je les commandais aux États-Unis car on ne les trouvait pas dans les magasins français”, précise-t-il. 

Pourtant, quand on lui demande s'il se considère comme écolo, Frédéric hésite et rappelle que son déclic est né de la crainte de voir le prix de l'électricité s'envoler.

Une grand-mère écolo avant l'heure ! 

Bien qu'il se documente et participe à de nombreux salons pour s'informer, cette fibre verte lui vient de sa grand-mère Aurélie, chez qui il a vécu jusqu'à ses 13 ans. “Elle n'avait pas grand chose, juste 4 ou 5 ampoules, un poste de radio, pas de frigo. Elle était écolo sans le savoir !”, s'exclame-t-il. De son passage chez elle, Frédéric apprend l'importance de ne pas gaspiller, mais aussi des valeurs humaines, l'amitié et l'entraide. “Elle achetait en vrac et il y avait un garde-manger à la cave”, complète-t-il. 

Pour donner envie à d'autres personnes de suivre son exemple, Frédéric a lancé il y a quelques années un site, jeveuxsauverlaplanète.fr, sur lequel il documente avec soin toutes ses expérimentations. La dernière en date ? Une chaudière à granulés qu'il teste depuis deux ans et le bilan est positif.

Car l'important pour lui est de livrer des informations honnêtes à celles et ceux qui le lisent. “Je ne veux pas donner de fausses idées. Ce n'est pas magnifique, surtout l'hiver ! J'ai mis 12 ans à amortir le photovoltaïque et 13 ans pour le chauffe-eau solaire”, précise-t-il. D'ailleurs côté budget, il estime à 20 000 euros le coût total de ses travaux. 

L'enthousiasme de Frédéric est contagieux et si vous hésitez encore à transformer votre intérieur en laboratoire écolo, le retraité vous répondra : “Venez chez moi !”. Et c'est très sérieux car il suffit pour cela de prendre rendez-vous sur le site de l'espace info énergie du Nord. À vos agendas !

Un reportage vidéo (de 2012) sur sa maison pour celles et ceux qui ne pourraient pas se rendre chez lui :