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SANTÉ - Une forme d'hydrogène radioactif est présente dans l'eau potable indique une association. Une information qui a semé la panique, pour pas grand chose...

Le mercredi 17 juillet 2019, l'Association pour le contrôle de la Radioactivité dans l'Ouest (Acro) a publié un rapport évoquant une “contamination” au tritium, une forme d'hydrogène radioactif, de l'eau potable pour “6,4 millions de personnes” en France. 

Bien que la quasi totalité des mesures ne dépassent pas le seuil sanitaire, une mesure dans la Loire, particulièrement élevée, inquiète. Et c'est la panique ! Les rumeurs s'enchaînent : il faudrait arrêter de boire l'eau du robinet en Ile-de-France. 

Pour Jean-Michel Bonnet, directeur de la santé à l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), cette nouvelle n'a rien d'inquiétant. 

Qu'est-ce que le tritium ? 

Le tritium est un isotope de l'atome d'hydrogène, un isotope qui est radioactif”, explique Jean-Michel Bonnet. Lorsqu'il est dans l'eau, cet atome va se substituer à l'hydrogène de la molécule d'eau qui devient radioactive. C'est la raison pour laquelle on parle d'eau tritiée. 

Comment se fabrique le tritium ? 

Le tritium est un élément radioactif naturel mais l'essentiel de la production de tritium résulte de l'activité humaine, notamment de la production liée aux centrales nucléaires. “Le tritium est un élément radioactif rejeté dans l'eau des rivières servant au refroidissement des installations nucléaires”, précise Jean-Michel Bonnet.  

Pourquoi le taux de tritium était plus élevé que d'habitude dans la Loire ?

L'Acro a réalisé une campagne de mesure dans la Loire en aval de centrales nucléaires. À un point bien précis, l'association a fait une mesure de 310 Bq/L (Becquerel par litre), qui indique la quantité de matière radioactive. 

Cette mesure est au dessus du seuil d'alerte qui est fixé à 100 Bq/L d'eau potable. Elle a été réalisée dans la Loire et cette valeur interpelle car habituellement dans nos rivières on a une moyenne d'environ 10 Bq/L”, nous indique-t-il. 

Toutefois, cette mesure correspond à un point précis de la rivière, qui ne reflète pas l'ensemble du cours d'eau. “Il peut y avoir des zones plus ou moins chargées en tritium en fonction du mécanisme de dilution avec l'eau de la rivière”, ajoute-t-il.

Cette mesure présente-t-elle un risque pour celles et ceux qui la boivent ? 

"L'Organisation Mondiale de la Santé a fixé une valeur guide pour l'eau de boisson à 10 000 Bq/L. Quelqu'un qui boirait 2 litres d'eau par jour à ce taux pendant toute une année arriverait à une dose qui serait  10  à 100 fois moins élevée que ce que l'on peut recevoir quand on fait  un scanner. Il n'y a pas de risque avéré quand on parle de 300 Bq/L”, explique le directeur de la santé à  l'IRSN. Et d'ajouter : "Il y a un certain nombre d'études qui ne mettent pas en évidence des risques de cancers supplémentaires face à ces doses."

Pas d'inquiétude donc ! Et si la qualité de l'eau potable que vous consommez vous préoccupe, l'UFC Que Choisir a mis au point une carte interactive pour savoir si l'eau qui sort de votre robinet est conforme aux normes sanitaires