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ÉNERGIE - Ils vont passer un an et demi entre Amérique du Sud et en Asie pour comprendre comment les populations adoptent les énergies vertes.

Utiliser de l'énergie pour éclairer ou chauffer sa maison, ce n'est pas seulement appuyer sur un interrupteur ou tourner le robinet du radiateur. Cela peut être, aussi, améliorer l'isolation thermique de son habitat, se tourner vers les énergies renouvelables, et pourquoi pas, embarquer ses voisins dans l'aventure.

C'est assez avec cette idée en tête que François Glaizot et Clément Bresciani, de l'association Les Vagabonds de l'Énergie, entament un tour du monde d'un an et demi, à la rencontre de villages ou de quartiers qui utilisent le bois, le soleil ou encore le vent comme sources d'énergie.

Le premier est charpentier et engagé dans la construction écologique. Le deuxième a été conseiller dans un espace info énergie, pour orienter le public dans leur rénovation énergétique notamment.

Tous les deux se passionnent pour la sociologie de l'énergie. "Cela consiste à essayer de comprendre les choix énergétiques des gens au quotidien, en fonction de leur contexte culturel et de leur entourage", explique Clément Bresciani. Une question qu'ils vont étudier de près, sur le terrain.

Un voyage écolo au service de la transition énergétique

Bien sûr, pas question de prendre l'avion, trop polluant, pour ce voyage. Ils ont embarqué le 4 novembre 2016 sur un voilier au départ des Sables-d'Olonne, en Vendée, direction les Antilles, puis l'Amérique du Sud. Ils sillonneront le continent en auto-stop ou en bus avant de se rendre en Asie en cargo.

François Glaizot et Clément Bresciani, avant leur départ de France.

François Glaizot et Clément Bresciani, avant leur départ de France. © Les Vagabonds de l'Énergie.

Les reportages, postés au fil de l'eau sur leur chaîne youtube, permettront de suivre leur périple. À leur retour, ils réaliseront un documentaire pour rendre compte des initiatives locales de l'autre côté de la planète et en tirer un enseignement profitable aux projets de production d'énergie renouvelable en France.

Car les deux vagabonds entendent défendre les alternatives aux énergies fossiles et nucléaire. Ils s'appuient sur la stratégie de l'association Négawatt :

  • d'abord, réduire la consommation d'énergie (en évitant le gaspillage, en isolant les habitations, en développant des moteurs moins gourmands par exemple),
  • ensuite, satisfaire les besoins incompressibles grâce aux énergies renouvelables.

"On croit beaucoup en la relocalisation de l'énergie, c'est-à-dire arrêter de construire des grosses centrales qui alimentent énormément de gens, poursuit Clément Bresciani. Si les habitants d'un territoire se réapproprient l'énergie, ils auront plus conscience de ce que coûte sa production et vont plus facilement l'économiser au quotidien."

Une première vidéo en France : pourquoi un projet éolien fonctionne ?

Problème : si beaucoup de monde peut être en faveur des énergies renouvelables sur le principe, les choses se corsent lorsqu'il s'agit d'installer une éolienne sur sa commune et de subir des nuisances. C'est la fameuse réaction "Not In My Backyard", pas dans mon jardin, en français.

Avant leur grand voyage, Clément Bresciani et François Claizot se sont penchés sur cette question à travers un petit tour de France. Ils ont cherché à comprendre pourquoi certains parcs éoliens sont soutenus par les habitants quand d'autres ne voient jamais le jour face à l'opposition citoyenne. Leur reportage est à découvrir dans la vidéo ci-dessous :

Leur conclusion : plus les habitants d'une commune sont impliqués dans la mise en place d'un projet éolien, plus il y a de chance qu'il aboutisse.

"Il y a d'emblée une réticence due au manque de consultation, note Clément Bresciani. On s'aperçoit que quand l'éolienne apporte des bénéfices aux citoyens, financiers ou autres, les nuisances prennent moins d'importance."

Mais peut-être qu'ailleurs dans le monde, les énergies renouvelables produites localement reposent-elles sur d'autres organisations ? Pour le découvrir, il faudra guetter les prochains reportages de ce duo engagé.