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ZÉRO DÉCHET - On connaît tous les composteurs classiques pour les épluchures de fruits et légumes. Mais il y a encore plus pratique ! Voici le bokashi, une poubelle qui vous permet de recycler tous vos restes alimentaires, même la viande.

Tout ce qui vient du Japon fait fureur chez nous, et le bokashi ne devrait pas faire exception. Même si ce mot n'a rien de très sexy en lui-même ! Car bokashi signifie "matière organique fermentée " en japonais. Il s'agit d'une alternative au compostage des déchets alimentaires, bien plus pratique au quotidien. 

Mise au point à la fin des années 80 sur l'Archipel, cette technique est encore peu connue en France. Cela pourrait changer grâce à l'association Recup', la première à proposer un service de collecte de bokashi à vélo, à Bordeaux. Les étudiants derrière cette belle idée comptent bien révolutionner notre rapport aux déchets, armés de simples seaux et de micro-organismes !

Un seau pour jeter tous vos restes alimentaires

La difficulté avec les composteurs, c'est qu'on ne peut pas mettre tous les biodéchets dedans. Avec le bokashi, au contraire, pas besoin de trier. Tous les restes alimentaires, y compris la viande et les petits os sont les bienvenus. Un avantage que même les lombricomposteurs, ces composteurs d'appartement dans lesquels œuvrent des petits vers, n'ont pas.

L'utilisation est très simple. Alexandra, de l'association Récup', explique qu' "il suffit d'alterner une couche de déchets puis une couche de micro-organismes" dans le seau. Ces micro-organismes, qui vont activer la fermentation des déchets, s'achètent auprès d'une quarantaine de revendeurs en France. En tassant bien, l'air n'a que très peu de place, ce qui réduit le risque de moisissures et d'odeurs nauséabondes. Aucun problème pour laisser son seau dans la cuisine. 

© RECUP' - Recyclage et compostage urbain participatif

Une fois le seau rempli, les déchets macèrent durant trois semaines, afin d'obtenir un véritable engrais. Entre temps, il est possible de récupérer le jus des déchets et de le diluer avec de l'eau pour arroser ses plantes d'intérieur.

De l'engrais naturel pour l'agriculture locale

En 2025, toutes les villes devront collecter les biodéchets de leurs habitants, pour les valoriser, sous forme de compost ou de méthane. Ainsi, tous ces déchets organiques, sortis de nos cuisines, ne seront plus bêtement brûlés ou enfouis. Cela permettra aussi de promouvoir une économie circulaire. Face à cette directive, les étudiants bordelais à l'origine de Récup' ont souhaité mettre leur pierre à l'édifice. 

"Nous venons de la campagne et avions l'habitude de composter nos déchets dans le jardin. Quand nous sommes arrivés à Bordeaux pour étudier, nous avons constaté qu'il n'y avait pas de solution au compost en milieu urbain"explique Alexandra, gestionnaire des adhérents et chargée de communication. 

© RECUP'

Ils proposent donc des seaux et des micro-organismes aux particuliers, moyennant 70 euros par an. "Une fois le bokashi remplit, nous venons, à vélo, pour désencombrer les ménages de leurs déchets et les déversons dans une grande cuve de 400 à 1 000 litres", détaille Alexandra. Cela fait moins de camions sur les routes pour ramasser les poubelles noires, et donc moins d'émissions de gaz à effet de serre. 

Cela semble porter ses fruits puisque depuis le 1er février 2019, plus de 150 bokashi ont été mis en circulation sur Bordeaux. Une vingtaine de collectes sont effectuées chaque semaine. 

Les déchets maturent ensuite pendant deux à trois semaines, de sortes à ce qu'ils puissent devenir un excellent engrais pour des maraîchers locaux. L'intérêt est double selon Alexandra : "On gagne et en qualité des sols et en circuit court pour les fruits et légumes". 

Pour que la boucle de cette économie circulaire soit bouclée, l'association Récup' aimerait à l'avenir proposer une vente locale de fruits et légumes cultivés par des maraîchers à partir de cet engrais.

Si vous aussi vous souhaitez alléger vos poubelles, il ne vous reste plus qu'à investir dans un bokashi !