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ENVIRONNEMENT - GreenMinded, une association lilloise a développé une borne connectée amusante pour inciter les fumeurs à ne plus jeter leurs mégots par terre.

Chaque jour, les mégots s'amoncellent dans les caniveaux ou encore sur les trottoirs. Le plus souvent, ils sont ramassés par les agents municipaux avec les autres déchets, avant d'être envoyés vers la décharge pour finir à l'incinérateur. Sauf que ces petits bouts de plastique orangés sont recyclables.

Une association lilloise, GreenMinded, a donc réfléchi à un moyen de les collecter en vue de les recycler, en créant “La borne to recycle”. Un mobilier urbain connecté, qui en plus de collecter des mégots, collecte des données.

Cela ressemble à une boîte aux lettres, dotée d'un écran. Pour inciter le fumeur à y jeter son mégot, la borne lui pose une question. Pour répondre, par oui ou par non, le fumeur jette son mégot dans le bac de gauche ou de droite. 

Un prototype de Borne to recycle.

Un prototype de Borne to recycle. © GreenMinded

Un geste pour des associations

Mais ce n'est pas tout. À chaque fois qu'il dépose un mégot dans la box, le fumeur gagne des points, la boîte de collecte étant connectée à une application à télécharger sur son téléphone.

Ces points sont ensuite redistribués sous forme de dons à des associations de lutte contre le tabagisme ou pour la préservation de l'environnement, au choix.

Une fois ces mégots collectés, GreenMinded entend bien les recycler. Mais c'est ici que tout se complique puisque s'il est effectivement possible de recycler les mégots depuis 2012, il n'existe qu'un centre de tri situé en Lozère et une usine de recyclage en Bretagne.

Les filtres en acétate de cellulose y sont dépollués puis refondus en petites billes de plastique pour ensuite créer du mobilier de jardin ou des palettes. Les restes de tabac et de papier sont, de leur côté, utilisés en compost urbain pour créer des talus par exemple.

Jusqu'à 15 ans et 500 litres d'eau sont nécessaires pour faire disparaître dans la nature ces résidus”, explique Alice Comble. “En plus d'être un véritable souci environnemental, c'est également un gouffre financier, puisque leur traitement coûte, à une ville comme paris, 490 € par jour”, détaille Alice Comble, présidente de GreenMinded.

Des résultats encourageants 

La structure est actuellement en phase de test à Lille, et l'association a constaté une diminution de 50 % du nombre de mégots déposés sur la chaussées aux alentours de ces bornes.

GreenMinded espère une commercialisation de ces bornes de collecte à l'horizon du mois de septembre 2017. Leurs clients ? Les collectivités qui aimeraient avoir des retours en temps réel sur leurs politiques publiques et des annonceurs qui souhaiteraient avoir des retours en temps réel sur leur produits. 

Solliciter le gouvernement 

Mais tout ceci coûte cher, notamment le transport de mégots vers le centre de traitement. L'association entend donc lancer une pétition afin de solliciter le gouvernement français sur cette question et d'obtenir une aide aux financements.

Aux Etats-Unis ou au Canada, les industriels du tabac sont obligés de payer une partie de la facture de recyclage de leurs déchets, en vertu du principe pollueur-payeur. En France, il n'y a aucune obligation. Nous aimerions que ça change”, indique Alice Comble. 

Une très bonne initiative donc, même s'il faut le confesser, le meilleur moyen de ne pas polluer, ni la planète, ni sa santé, est de ne jamais allumer sa première cigarette.