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JARDIN - Comment placer vos légumes ? Faut-il appliquer la rotation des parcelles ? Tenir compte des associations de légumes ? Voici comment faire simple !

Il existe de nombreuses méthodes pour organiser son potager. Difficile de s'y retrouver quand on débute… Ne vous découragez pas avant d'avoir semé la moindre graine ! “Il y aura toujours quelque chose qui pousse, la nature est bien faite, rassure Arielle Bony, animatrice de jardinage au sein de l'association Graine de jardinier. Les techniques de jardinage sont seulement faites pour avoir moins de travail et de meilleurs résultats.”

Voici ce que vous pouvez retenir des grands principes d'organisation du potager.

1 - Faire un plan de son potager

Le premier réflexe n'est pas forcément de dessiner un plan. Pourtant, cela vous rendra de grand services. “Ça évite l'erreur du débutant, qui va acheter plein de graines, tout semer en même temps et voir au mois d'avril qu'il n'a plus de place dans son potager pour d'autres variétés. Cela permet d'optimiser sa surface”, explique Nicolas Larzillière, auteur du blog Potager Durable.

Vous pourrez aussi vous appuyer sur ce plan les années suivantes, abonde Bruno Nunez, auteur du site Jardipartage.

Mais alors, quelle forme tracer sur votre feuille ? Les deux jardiniers penchent pour le potager en carré, avec plusieurs variétés plantées à proximité les unes des autres. Cela demande moins d'entretien et donne de meilleurs rendements. Et si l'on veut un grand potager pour parvenir à l'autosuffisance alimentaire ? “On peut multiplier les carrés”, répond Bruno Nunez.

© Getty Images / IvonneW

Pour organiser vos sous-unités de légumes et de fruits, jetez un oeil à votre calendrier du potager, avec les dates de semis et de récolte. “On va pouvoir semer plusieurs fois au même endroit, détaille Bruno Nunez. Après des pommes de terre récoltées entre juillet et septembre, on va pouvoir semer des navets, des légumineuses, ou des choux, à récolter jusqu'en janvier.”

Dans cet article, Nicolas Larzillière donne aussi des conseils pour placer les légumes, selon qu'ils poussent vite ou non… et selon leur besoin de soleil.  

2 - Organiser votre potager selon l'ensoleillement

Pour Arielle Bony, l'ensoleillement est le premier critère dont il faut tenir compte : “on peut modifier la qualité de la terre, l'orientation c'est difficile. Si la parcelle est peu exposée, on ne pourra pas faire pousser des tomates, alors qu'on pourra y mettre des salades.”

Les légumes feuilles (ceux dont on consomme les feuilles, tout simplement) tolèrent mieux la mi-ombre, confirme Nicolas Larzillière. “Par mi-ombre, je ne veux pas dire l'ombre d'un mur, mais par exemple, l'ombre d'un arbre qui cache le soleil pendant une partie de la journée.”

L'organisation de votre potager dépend aussi de la région dans laquelle vous vous trouvez : ”Dans le nord de la France, on va placer les grands légumes au nord de la parcelle, et laisser la partie sud dégagée pour que les légumes bas reçoivent bien le soleil ; dans le sud de la France, on va faire le contraire, on va planter les salades à l'ombre des tomates, sinon elles vont griller”, illustre Nicolas Larzillière.

3 - La rotation des cultures, pas indispensable

Bruno Nunez résume le principe de la rotation des cultures :

  • Sur une parcelle, la première année, on plante des fèves, des pois, des haricots… en bref, des légumineuses, qui enrichissent le sol en azote.
  • La deuxième année, on plante les légumes gourmands, c'est-à-dire les tomates, poivrons, aubergines… les légumes du soleil.
  • La troisième année, viennent les légumes feuilles (épinards, poireaux…), et les légumes racines (betteraves, carottes…), moins gourmands.
  • La quatrième année, c'est le tour des bulbes potagers (l'ail, l'oignon, l'échalote), qui s'épanouissent dans un sol assez pauvre.

Et si l'on veut manger un peu de tout ça dès la première année ? On divise son potager en quatre, on lance tout en même temps, et on fait tourner les carrés à partir de l'année suivante.

Il existe d'autres méthodes de rotation des cultures, que Nicolas Larzillière reprend dans cet article. Mais, dans tous les cas, elles sont plutôt indiquées pour les maraîchers, qui cultivent sur de grandes surfaces. À petite échelle, aucun problème si vous n'en tenez pas compte, affirme Nicolas Larzillière, “du moment que l'on arrête de cultiver comme nos grands-parents, qui faisaient des grandes rangées avec toujours les mêmes légumes, ce qui épuisait le sol.

De toute façon, d'une année sur l'autre, même sans faire très attention, vous placerez rarement le même légume au même endroit. Quand bien même, il suffit de nourrir la terre avec du compost fait-maison !

4 - L'association des plantes : favoriser la diversité

L'autre grand principe souvent cité au jardin est l'association de légumes : il s'agit de planter côte à côte les variétés qui se protègent, et d'espacer celles qui ne se supportent pas.

>> À lire aussi : https://www.18h39.fr/articles/carottes-tomates-oignons-quels-legumes-font-bon-voisinage-au-potager.html

Nicolas Larrizière a longtemps suivi les tableaux qui récapitulent les légumes “amis”, mais il s'en passe depuis quelques années. “Il y a peu d'études à ce sujet, et elles se contredisent entre elles, a-t-il observé. Ce que je retiens, c'est que les mauvaises associations ne sont pas prouvées pour moi. Par contre, le but reste de diversifier. Avec plusieurs petits rangs de carottes séparés par d'autres légumes, au lieu d'une seule grande rangée de trois mètres, s'il y a une maladie, toutes les carottes ne vont pas être atteintes.”

Et qu'en est-il des fleurs qui protègent le potager des insectes ? Pour Arielle Bony, cela fonctionne moins bien sur les petites surfaces : “une plante toute seule ne va pas être suffisante pour repousser les insectes, il faut plusieurs roses d'Inde, pour que l'odeur soit suffisamment forte pour défendre un seul poireau.” Mais, ajoute-t-elle, “la diversité est toujours bonne à prendre.”

Alors pourquoi pas prévoir de la place pour des fleurs. Bruno Nunez recommande par exemple la capucine et la bourrache, qui peuvent agrémenter les salades et sont comestibles.

Que retenir de tout cela ? “Les grandes lignes, vous les avez, après c'est à chacun d'ajuster selon ses observation, souligne Bruno Nunez. Il n'y a pas de règle valable dans tous les cas.”  

Même si vous ne faites pas tout parfaitement, et n'obtenez pas la récolte tant espérée, cela doit rester un plaisir ! Et si, décidément, vous ne voulez aucune contrainte ou presque, allez faire un tour du côté du jardin du paresseux, une méthode qui a fait ses preuves !

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