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CULTURE - Un festival de cinéma qui fait participer des amateurs habitant dans les cités se renouvellera pour la fin 2018.

Derrière un léger voile de brume passe un cavalier errant dans les rues de Dervallières, un bloc d'habitat social dans l'ouest de Nantes. Il raconte, en voix off, une vie remplie de difficultés, de peines et d'espoirs. Sur son cheval décoré de guirlande de Noël, Amid se rend à un rendez-vous galant, digne d'un roman d'amour courtois.

Avec la volonté de donner un format plus cinématographique que télévisuel de la banlieue, Laurence Lascary a créé en 2008 la maison de production De l'Autre Côté du Périph'. La DACP a mis en place une collaboration avec la CSF (confédération syndicale des familles) pour créer le festival “Dans mon hall”.

De ce que 18h39 a pu voir, on retient par exemple “la république des enchanteurs” un court-métrage en trois parties dont fait partie l'histoire d'Amid filmé avec un mélange de mélancolie et de lyrisme.

Censé renvoyer une image de la diversité dans les banlieues populaires sans en faire un sujet central, la première édition du festival s'est tenu le 4 mars 2016 présentant 27 court-métrages de 9 réalisateurs différents dans les quatre coins de la France.

 

Dans mon hall. ©

Pour une vision plus réaliste des quartiers populaires

Les court-métrages présentés subliment souvent des endroits que l'on a l'habitude de voir sous un jour moins reluisants dans les médias, en s'inspirant d'histoires de la vie de chaque quartier.

Nous faisons toujours appel à des réalisateurs qui ont déjà un peu d'expérience car c'est un projet assez intense qui se déroule sur deux semaines avec deux jours de tournage”, explique Jeanne Dany, assistante de production à la DACP.

Fort de leur amateurisme dans le domaine du cinéma les habitants ont apporté une richesse par leur naturel tant dans le jeu d'acteur improvisé qu'ils ont prodigué que par leur aide en tant que régisseur sur les tournages. Le résultat, il faut le dire de très bonnes qualités, est visionnable en contactant la DACP qui détient les droits.

 

L'expérience de ce festival a été dans l'ensemble une belle réussite qui permettra à l'aventure de se poursuivre dans les années à venir : “Nous travaillons actuellement sur la saison 2 de Dans Mon Hall qui aboutira fin 2018 sur un nouveau festival pour présenter les 10 courts métrages réalisés entre 2017 et 2018.Ce premier festival nous a permis de gagner en visibilité et ainsi d'être contacté par d'autres festivals ou des diffuseurs TV”, explique Jeanne Danny.

On peut se réjouir de cette initiative qui permet de voir les quartiers populaires autrement que dans une actualité généralement morose.