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PERMACULTURE - Terence et Sheriban ont décidé de sensibiliser aux bienfaits de cette méthode de culture naturelle, les fermes dans lesquelles ils s'arrêtent pour travailler. Tout en apprenant en retour !

En France, Terence, 27 ans, enseigne la permaculture aux personnes qui disposent d'un grand jardin pour leur apprendre à atteindre l'autonomie alimentaire facilement. Puisque la permaculture est davantage une philosophie qu'une science, les façons de faire varient en fonction des personnes et... des pays.

Alors pour associer sa passion avec ses envies de voyage, Terence s'est lancé avec sa compagne Sheriban, dans un tour du monde de la permaculture ! Un voyage qu'ils documentent sur leur site internet, Les deux crapahuteurs.

Nous avons pu échanger avec eux par téléphone, au beau milieu d'un trek dans les montagnes de Roumanie.

© Les deux crapahuteurs

Parcourir le monde sans polluer la planète

Pour le moment, le couple a parcouru environ 4900 km… à pieds ! “Notre défi est de réduire au plus notre consommation et la pollution que nous émettons”, nous explique Terence. Terence et Sheriban ont décidé de n'utiliser aucun moyen de transport en commun, “que ce soit l'avion, le bus ou le train”, pour se focaliser sur l'autostop et la marche à pied.

 

© Les deux crapahuteurs

Terence et Sheriban ont mis de côté 1000 euros par mois pendant deux ans pour se payer cet incroyable voyage dont l'itinéraire n'est pas encore fixé. Ils ne touchent presque pas à cette cagnotte, pas question de les dépenser pour se loger ou se nourrir. “L'argent ne doit nous servir qu'à payer les visas d'entrée dans les pays”, souligne Terence.

Le couple est un adepte du freeganisme, un mode de vie alternatif qui consiste à se nourrir essentiellement avec ce qui est gratuit, pour éviter toute forme de gaspillage alimentaire. Le premier mois, le couple a dépensé en moyenne 30 centimes par jour ! Pour le logement, quand ils ne campent pas, Terence et Sheriban dorment dans les fermes qu'ils visitent.

Sensibiliser à la permaculture et rapporter un savoir-faire international

Leur monnaie d'échange ? Le travail et le savoir-faire de Terence. “L'idée, c'est de sensibiliser les agriculteurs à la permaculture, je leurs explique comment je fonctionne.

Le couple contacte les fermes sur des réseaux spécialisés comme Helpx ou workaway, à chaque fois qu'il met les pieds dans un nouveau pays. “Il n'y a jamais de refus”, précise Terence.

Enseigner oui, mais apprendre aussi. Terence prépare une thèse auprès de l'Université populaire de permaculture à propos de cette technique agricole autour du monde. Pour rendre sa copie à la fin du voyage et rapporter des connaissances nouvelles, il se nourrit des différentes méthodes permacoles, propres à chaque pays.

 

© Les deux crapahuteurs

J'ai surtout découvert des associations de plantes qu'on n'utilise pas en France”, explique-t-il. Ce que l'on nomme le “compagnonnage” en permaculture consiste à planter certaines plantes à côté d'autres pour créer un effet bénéfique.

En Hongrie, le couple a découvert les merveilles que produisent l'association de pommes de terre avec une fleur locale : “Elles permettent d'éliminer les chenilles qui dévorent absolument tout”, nous raconte-t-il. Autre découverte, planter de l'origan au pied de pêchers les soignent de certaines maladies comme la cloque.

Terence et Sheriban se sont donnés 5 ans pour explorer le monde de la permaculture. À leur retour l'objectif est de créer leur propre éco-village “axé sur la permaculture, sur l'autonomie alimentaire et énergétique”, nous indique-t-il.

Peut-être s'inspireront-ils d'Eotopia, l'éco-village bourguignon, vegan et autonome, que nous avions visité pendant deux jours.

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