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TINY HOUSE - Un trio de jeunes bricoleurs a bâti à Nantes une petite maison mobile, autonome, en eau comme en électricité, et connectée.

Le regard est attiré vers le large. Rien de surprenant : nous sommes dans la maison d'un marin. Et une maison nomade qui plus est.

Car elle est posée sur une remorque, selon le principe des tiny houses, ces micro-maisons nées aux Etats-Unis, qui, depuis quelques années, font des adeptes en France.

"La maison mesure 13 m2 habitables, mais c'est comme dans un voilier, la surface au sol ne compte pas vraiment", compare Maxence Grillon, lorsqu'on évoque le confort.

Le jeune homme de 28 ans, officier de la marine marchande, sait de quoi il parle. Après avoir navigué plusieurs années, il est revenu étudier en septembre à l'ENSM, l'École Nationale Supérieure Maritime, à Nantes.

Avec son frère Antoine, 32 ans, Sofian Merabiha et Baptiste Doucerain, deux amis, (sans compter la dizaine de personnes passées sur le chantier) il a passé tout l'été à construire cette petite maison en bois, pour pouvoir y emménager à la rentrée pour son année de cours.

Maxence et Antoine, dans l'entrée de la tiny qu'ils ont construite.

Maxence et Antoine, dans l'entrée de la tiny qu'ils ont construite. © Lisa Hör

À écouter les deux frères qui se chargent de la visite ce jour-là, ce nouveau mode de vie, à la fois écologique et bien dans son temps, a le vent en poupe.

Une découverte et une reconversion

Début 2016, Maxence tombe sur un reportage sur le mouvement "tiny". Il sait alors qu'il tient là le projet qui donnera du sens à ses longues permissions à terre. À bord de l'Harmony of the Seas, le plus grand paquebot au monde, il passe plusieurs mois à dessiner les plans avec Sofian, lui aussi marin.

Le résultat est un bijou d'ingéniosité.

Maxence, en pleine préparation d'un délicieux risotto.

Maxence, en pleine préparation d'un délicieux risotto. © Lisa Hör

Un placard-égouttoir et une douche alimentée par l'eau de pluie.

Un placard-égouttoir et une douche alimentée par l'eau de pluie. © Lisa Hör

 

Devant la tiny house, une terrasse permet de profiter du soleil.

Devant la tiny house, une terrasse permet de profiter du soleil. © Lisa Hör

Deux grandes fenêtres habillent les murs de la chambre.

Deux grandes fenêtres habillent les murs de la chambre. © Lisa Hör

"Au début, on n'y connaissait rien, se souvient Maxence. Bastaing, solive... sur les forums, on lisait des termes pas possibles. C'est comme quand tu arrives sur un bateau pour la première fois, il y a tout un jargon."

"Ou comme sur internet", complète son frère Antoine 32 ans, qui a travaillé pendant près de dix ans dans le marketing numérique, avant de décider de changer de vie et de s'associer au projet. La première maison qu'ils ont bâtie fait la synthèse de leurs parcours différents.

Pour 28 000 euros, elle n'est pas seulement agréable à vivre et mobile : elle est aussi entièrement connectée.

La tiny house est truffée de capteurs, installés grâce à l'expertise de Baptiste Doucerain. La production et la consommation d'électricité, comme le volume d'eau, peuvent être consultés en direct depuis un ordinateur ou un smartphone, tout comme l'humidité et la température. Enfin une balise GPS permet de vérifier, à distance, que personne ne profite de la remorque pour embarquer la maison.

 

Une maison alimentée par le soleil et la pluie

Autant d'objets connectés alimentés en électricité par trois panneaux solaires, comme l'éclairage et le réfrigérateur. Même si l'autonomie totale n'est pas encore atteinte (une bonbonne de gaz alimente le poêle, l'eau chaude et la gazinière), cette tiny house se veut la plus écologique possible.

Les trois panneaux solaires sur le toit.

Les trois panneaux solaires sur le toit. © Lisa Hör

"On peut l'installer en pleine nature, et on serait obligé de se brancher au réseau d'eau ? Ce serait un peu dommage", commente Maxence. L'eau de pluie est donc stockée dans un grand réservoir placé dans l'entrée de la tiny house, filtrée avant d'être utilisée pour la douche et la vaisselle, et à nouveau filtrée avant d'être rejetée.

Les filtres à eau cachés dans le banc coffre.

Les filtres à eau cachés dans le banc coffre. © Vagabonde House

Mesurer son impact environnemental au jour le jour

Des équipements que le trio compte bien embarquer également dans leurs prochaines constructions. Car ils envisagent de lancer une société de construction, pour vendre et mettre en location des tiny houses.

Une entreprise pour gagner leur vie mais aussi sensibiliser à l'écologie les futurs locataires et propriétaires. "Un couple qui vient passer un week-end dans la tiny house saura exactement ce qu'il a consommé, se projette Maxence. Alors qu'en général, quand on allume sa télévision, on n'a aucune idée de ce que cela représente comme électricité."

 

L'avantage de la tiny house : la nature est sur le pallier.

L'avantage de la tiny house : la nature est sur le pallier. © Lisa Hör

Un projet en open source à la portée de tous

Les plans de la maison, seront bientôt mis à disposition des internautes en accès libre sur le site Vagabonde.house. Même si Antoine et Maxence espèrent vivre à terme de leur projet, ils tiennent également à faire profiter de leur expérience.

L'ossature de la tiny house.

L'ossature de la tiny house. © Vagabonde House

"Avec une bonne dose de motivation, tout le monde peut le faire, estiment-ils. La charpente par exemple est assez basique, et en cinq jours de travail, on voit déjà l'ossature de sa maison. Ça va très vite."

De quoi inspirer de nouveaux autoconstructeurs ?

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