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PERMACULTURE - La jardinière partage son expérience dans son livre "Mon balcon nourricier en permaculture". Voici comment cultiver de nombreuses variétés sur une petite surface grâce à ses conseils !

Valéry Tsimba “cultive avec bonheur un potager de balcon ainsi que deux rebords de fenêtre dans l'une des villes les plus denses de France métropolitaine, en région parisienne”. Ces quelques mots qui ouvrent son livre Mon balcon nourricier en permaculture (éditions Ulmer, 2021) plantent le décor. Oui, on peut manger ses propres fruits et légumes, même quand on habite en ville et que l'on a seulement un tout petit balcon.

Plus que possible, c'est d'ailleurs devenu essentiel, comme l'écrit Valéry Tsymba : “Lors du confinement de la population française en mars 2020, pour limiter la propagation de la pandémie de Covid-19, mon petit potager d balcon m'a permis d'avoir une certaine autonomie en verdures pendant 1 mois, alors que la distribution des paniers de légumes de l'AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) dont je suis adhérente était suspendue.”

L'abondance dont elle parle dans son livre ne lui permet bien sûr pas d'être autonome en nourriture, mais bien de compléter tous ses repas. “Créer l'abondance, c'est aussi offrir, le gîte et le couvert aux pucerons, coccinelles, syrphes, abeilles et mettre à disposition des oasis de verdure pour les oiseaux”, précise-t-elle. Cette abondance est l'un des piliers de la permaculture, cette philosophie qui consiste à s'inspirer de la nature pour aménager son environnement.

Voici 7 conseils pour “cultiver un maximum d'espèces dans un minimum
d'espace” !

Conseil n°1 : commencez petit pour vous faire la main

Même si l'espace dont vous disposez n'est déjà pas très grand, ne cherchez pas à l'exploiter au maximum dès le début. Valéry Tsimba recommande de commencer petit, avec quelques pots ou bacs de culture, et de vous étendre petit à petit, le temps de vous faire la main.

Cela n'empêche pas de belles récoltes, au contraire ! La preuve avec ces tours à patates, qui peuvent très bien trouver leur place sur un balcon (après avoir vérifié le poids qu'il peut supporter).

Conseil n°2 : cultivez beaucoup de variétés différentes

Valéry Tsimba indique cultiver toujours 2 à 5 espèces différentes par jardinière ou par bac. Dans la nature en effet, on ne trouve jamais une seule espèce sur un terrain donné. La polyculture reproduit cette diversité naturelle et évite de perdre toutes ses plantes à l'arrivée du moindre insecte ravageur.

"Cette technique me permet d'optimiser les cultures avec des légumes ayant des cycles de croissance, un développement racinaire ou aérien différents, de faire de petites récoltes régulières et diversifiées", écrit l'autrice. Par exemple, cultivez dans une jardinière du cerfeuil, un plant de tomate, un plan d'œillet d'Inde, du basilic et de l'arroche pourpre, "dont les feuilles seront récoltées avant que la tomate ait besoin de place".

Conseil n°3 : pratiquez le compagnonnage

Certaines variétés de fruits, de légumes, d'aromates et de fleurs, cultivées sur un même espace est encore, vont avoir des interactions positives. Ainsi, les poireaux repoussent la mouche de la carotte, et la carotte repousse la mouche du poireaux. Les capucines attirent les pucerons et les éloignent donc des autres plantes. En limitant les maladies et la présence des ravageurs, le compagnonnage permet d'augmenter la productivité de votre petit potager.

Conseil n°4 : optimisez l'espace

Cultivez les petits pois et les haricots sur des rames, pour augmenter leur productivité sur une petite surface. Vous pouvez aussi densifier les cultures en rapprochant les plantations (Valéry Tsimba réduit les distances de plantation d'un tiers).

Attention cependant aux maladies, car la densification limite la circulation de l'air. Pour gagner de la place, vous pouvez planter côte à côte : laitues et radis, blettes et mâche, pommes de terre et haricots.

Conseil n°5 : cultivez toute l'année

Semez régulièrement pour étaler votre production. Par exemple, Valéry
Tsimba sème des courgettes et des concombres en avril et de nouveau en
juin-juillet. Vous pouvez faire de belles récoltes même en automne. Notre jardinière sème dès le mois de juillet choux, chicorée, betterave... et à partir du mois d'août mâche, épinard, oignons blancs...

Pensez aussi à utiliser des voiles d'hivernage au début de l'automne et du
printemps, pour gagner 2 à 3 °C.

Conseil n°6 : des plantes à récolter très vite

Pour que vos récoltes se succèdent mieux, privilégiez des plantes qui arrivent rapidement à maturité. Les jeunes pousses de cresson alénois, de cresson de Perse et de petits pois sont prêtes à déguster en 3 semaines (les sommités des petites pois sont comestibles !). La tomate "Reine des hâtives" peut être récoltée seulement 2 mois après le repiquage du plant.

L'astuce de Valéry Tsimba pour avoir toujours de la salade : prélever uniquement les feuilles situées à l'extérieur, pour laisser le cœur continuer de se développer.

Conseil n°7 : des variétés qui ont besoin de peu d'espace

Les tomates cerise "Red Robin" ne poussent pas plus haut que 30 cm et se contenteront d'un pot de 18 à 20 cm de diamètre. Les aubergines "Slim Jim" prennent aussi très peu de place. Connaissiez-vous aussi les mini-légumes, à cultiver même dans une jardinière ?