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ENFANTS - C'est le grand moment : votre enfant quitte le nid. Vous êtes triste ? Comme 35% des parents, vous êtes peut-être touché du syndrome du nid vide. Voici nos conseils pour y faire face !

On m'avait prévenue que ça allait être un micro-drame”, explique Sandrine, au sujet du départ de la maison de son fils Antony, il y a trois ans. Myriam, elle, se souvient du départ de sa fille, partie à peine à 17 ans étudier à l'étranger. “Après son déménagement, je suis rentrée dans sa chambre, presque vide, j'ai craqué et j'ai eu un gros coup de blues”.

Que ce soit l'aîné-e qui quitte le nid, l'enfant qui part faire ses études dans un autre pays ou encore celui ou celle qui décide de s'installer avec sa moitié, il n'est pas toujours facile de voir sa progéniture prendre son envol et quitter le cocon.

Les parents, qui ont élevé leur enfant pendant une vingtaine d'années, se retrouvent alors, du jour au lendemain, moins nombreux voire seuls dans le foyer familial. De quoi être déboussolé et même chamboulé par ce changement de rythme soudain !

Parler de nid libre au lieu de nid vide

Si vous faites des recherches sur internet pour trouver quel mal vous frappe de plein fouet, vous tomberez rapidement sur le terme “syndrome du nid vide”. Déprime, sentiment d'abandon, tristesse, angoisses… vous reconnaissez vos symptômes ?

Vous faites donc partie des 35 % de parents, en majorité des mères, qui souffrent du départ de leur enfant, estimé par Béatrice Copper-Royer, dans son ouvrage Le Jour où les enfants s'en vont (Albin Michel, 2012).

Et si, plutôt que de vous morfondre sur votre sort et de pleurer l'envol de votre petit, vous preniez la vie côté verre à moitié plein ?

On ne va pas parler de nid vide, mais de nid libre”, propose Anne Bacus, psychologue et autrice de 100 façons de rendre son enfant autonome (Marabout, 2015). “C'est une opportunité, une nouvelle relation va s'instaurer entre les enfants et les parents. C'est le début d'autre chose, et on va en profiter pour transformer le vide par plus de temps et d'espace pour nous.

Myriam a vécu le départ de sa fille comme un déchirement. Partie vivre à plus de 700 kilomètres du domicile familial pour suivre le cursus scolaire de son choix, “c'est comme si elle avait voulu couper le cordon ombilical”, se souvient la mère de famille.

Elle revenait quelques week-ends, mais c'était dur, pour elle comme pour moi. On a versé beaucoup de larmes sur le quai de la gare.” Mais sa fille a persévéré, construisant son avenir loin de ses proches. “Finalement, ça a été très bénéfique pour nous, car on s'est rapprochées alors que nous n'étions pas forcément très fusionnelles.”

Comprendre et encourager le départ de l'enfant

Votre enfant va partir du domicile, et c'est normal. Sinon, vous risquez fort de vous retrouver avec un Tanguy, expression rentrée dans le langage courant et inspirée du personnage du film d'Étienne Chatiliez, qualifiant ces "vieux enfants" de 25-30 ans qui ne quitteront jamais le giron familial.

Certain-es trouvent des moyens de maintenir le lien. Ambre est par exemple ravie de savoir que son fils de 22 ans, qui vient d'emménager dans son premier appartement et n'a pas encore de machine à laver, va revenir régulièrement pour laver son linge chez ses parents. Il n'empêche qu'elle va aussi l'aider à devenir autonome.

Car, même si votre enfant quitte le nid pour s'affranchir, il n'en reste pas moins qu'il a encore besoin de votre aide pour devenir adulte. “Il faut l'accompagner dans sa démarche, lui demander ce dont il a besoin, sans le materner”, note Anne Bacus. 

Reprendre possession de sa maison

Forcément, quand votre enfant s'en va, il laisse une chambre vacante. Mais, pas question de faire de cette pièce un sanctuaire ! “On ne va pas récupérer la chambre tout de suite pour la transformer, mais on va la réaménager en douceur”, préconise Anne Bacus.

C'est le moment de faire le tri. Désencombrez la pièce, faites des dons, mais toujours en demandant l'avis de votre enfant. Un débarrassage express pourrait lui faire penser qu'il n'est plus le bienvenu chez vous.

Plus tard, une fois que votre enfant aura pris ses marques ailleurs, vous pourrez transformer la pièce, en bureau, chambre d'amis ou tout ce que vous voudrez.

Un nouveau départ pour soi et son couple

Le départ d'un enfant suscite forcément moins de travail, surtout si les tâches ne sont pas également réparties dans le couple et qu'en tant que "bonne mère de famille", c'est vous qui vous occupiez de tout ce qui concernait votre enfant. Vous aurez donc plus de temps pour vous.

C'est l'occasion de se lancer dans une nouvelle activité. Quand son fils Antony est parti de la maison, Sandrine n'a pas voulu rester avec ses idées noires et s'est mise à raconter des histoires pour les exorciser.

D'abord sur une page une page Facebook où elle met en scène ses peluches, puis en écrivant un livre, Charly, avec son ours en mascotte, basé sur son histoire. “Le récit raconte les relations entre une maman et ses trois enfants”, indique-t-elle. Trois tomes plus tard, elle envisage de se lancer dans un nouveau projet. Et le départ prochain de son deuxième enfant n'y est sans doute pas étranger.

Quand les enfants ne sont plus là, c'est aussi “l'occasion de repenser sa vie de couple”, explique Anne Bacus. “On a pu retrouver notre intimité, et c'est très important”, raconte Ambre. Son fils occupait le premier étage de la maison. Aujourd'hui, c'est sa sœur qui a repris la chambre, laissant tout le deuxième étage à ses parents.

En dehors des galipettes, c'est aussi le moment de se recentrer sur sa vie de couple et de faire naître des projets. “Une fois que tous nos enfants furent partis de la maison, on a pu laisser aller nos coups de cœur. Et c'est pour ça qu'on est partis de la région lyonnaise pour s'installer dans le Lot. Jamais nous aurions pu le faire si les enfants étaient encore à la maison”, explique Myriam.

Rester en contact, sans contraintes

Certains parents aimeraient instaurer un rythme de communication, mais c'est plutôt une chaîne au pied pour les enfants”, observe Anne Bacus.

Plutôt que d'instaurer une routine, la psychologue conseille de favoriser les textos ou l'utilisation d'applications. “Sur Whatsapp par exemple, on peut créer une conversation avec tous les membres de la famille. Chacun peut envoyer son petit mot, sa photo…

C'est d'ailleurs ce que préfère Sandrine, qui communique avec son fils par message : “c'est moins envahissant. Au moins, le message ne le dérange pas, il peut le lire et répondre plus facilement.

Par contre, le départ n'est pas synonyme de silence radio. “Je sais que mon fils ne va pas m'appeler. Mais quand je n'ai pas de nouvelles pendant plusieurs jours, je lui envoie un petit message pour savoir si tout va bien”, témoigne Ambre.

Enfin, bien que cela ne soit déjà le cas, vous ne serez plus au fait des moindres faits et gestes de vos enfants. Vous les trouverez sans doute même changés quand ils reviendront de temps en temps à la maison. Mais c'est ainsi qu'ils deviennent adultes !

Le principal, c'est que mes enfants soient heureux, dans la vie qu'ils ont choisie”, conclut Myriam.

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