Suite au confinement, ce couple va quitter son studio à Paris pour construire une tiny house

NOMADE - Carène et You Liang abandonnent leur vie parisienne pour rejoindre un atelier de construction de tiny house à Angoulême.

Et si le fameux “monde d'après”, celui post-confinement commençait dans une tiny house ? C'est en tout cas ce que pensent Carène et You Liang, couple de trentenaires qui ont pris la décision de quitter leur studio parisien pour construire leur propre tiny house afin d'y vivre à plein temps.

J'ai un niveau bricolage moins deux, je n'ai jamais monté un meuble. Construire une tiny house cela va être un gros challenge”, s'exclame d'entrée de jeu Carène, 36 ans. Mais les deux citadins sont optimistes et la perspective de changer de vie, de quitter Paris les motive plus que tout.

Bien que l'idée ne soit pas apparue pendant le confinement, cette période d'enfermement les a décidé à concrétiser leur envie de changement. Entre mars et mai 2020, enfermés dans leur studio de 30 m2, situé dans le 20ème arrondissement de la capitale, Carène et You Liang, ensemble depuis deux ans, étouffent. “J'avais besoin de marcher, de sortir, de voir la nature”, se souvient la jeune femme.

Passer d'un documentaire Netflix aux travaux pratiques

Ne trouvant plus de sens dans leur carrière respective, et désirant vivre dans un endroit plus grand, les deux Parisiens envisagent dans un premier temps de déménager “en province”. Mais Carène, elle, rêve d'une vie à bord d'un van aménagé. Cette spécialiste en marketing digital qui n'a jamais quitté Paris, a découvert cet habitat nomade lors d'un voyage en van jusqu'à Ténérife en décembre 2019 avec You Liang. Ce fut une révélation. “J'étais choquée par mon lâcher prise. On n'avait pas de douche, on ne s'est pas lavés pendant 5 jours. Mais j'ai aimé l'insouciance de ce voyage, de me lever chaque matin et me dire, on fait quoi?”, raconte-t-elle.

Alors, pendant le confinement, Carène décide de mettre ses compétences en gestion de projet au service de ce rêve, en embarquant son compagnon avec elle. Mais le jeune homme n'est pas aussi enthousiaste qu'elle, et lui apprend que son rêve à lui est de vivre en tiny house, une mini-maison sur roues. Pour lui, cet habitat mobile est le compromis idéal entre la cabane en bois et la vie à bord d'un van, mais “en moins étroit”.

Passée la déception, Carène fait des recherches et se souvient du documentaire de Netflix sur le minimalisme que lui avait montré You Liang, qui lui avait fait prendre conscience qu'elle avait beaucoup trop d'affaires. La Parisienne s'abonne également à tous les groupes Facebook sur les tiny houses pour se documenter un maximum et en savoir le plus possible.

Le couple prend conscience que derrière la tiny house existe tout une philosophie de vie qui prône l'autonomie et l'écologie, et cette idée leur parle immédiatement. “On va récupérer l'eau de pluie pour la potabiliser, avoir des toilettes sèches. Il y aura aussi des panneaux photovoltaïques pour être autonome en énergie”, explique Carène.

Un atelier de construction pour accompagner le couple

You Liang a beau savoir un peu bricoler, le couple n'a pas opté pour l'autoconstruction totale de sa tiny. “Quand on s'est rendu compte que ceux qui faisaient ça mettaient entre un et trois ans, on s'est dit qu'on avait pas ce temps là”, souligne You Liang.

Le couple se tourne vers un constructeur d'Angoulême, les Abris Nomades, qui propose un service d'accompagnement pour celles et ceux qui veulent construire eux-même leur tiny house. L'accompagnement comprend la location des outils, la mise à disposition d'une place de parking, des conseils, des plans de leur bureau d'étude.

On arrive les mains dans les poches et tous les jours on apprendra un nouveau métier”, s'enthousiasme You Liang. Dans leurs locaux, les deux Parisiens ont opté pour un accompagnement “hors d'eau, hors d'air”, afin de réaliser les murs et la toiture de la tiny house qui fera 6m de long et 4m20 de hauteur et sera équipée de deux mezzanines.

Si tout se passe bien, les travaux devraient commencer fin octobre et durer environ un mois. Mais en attendant de commander les matériaux, le couple doit valider la version finale des plans de leur future maison. Pour l'instant l'architecte estime que la tiny house pèse 3,5 tonnes, “avec les meubles mais sans nos affaires”, précise Carène. Problème, si la tiny dépasse ce poids là, l'habitat sera considéré comme un poids lourd et il faudra un permis spécial pour le tracter. Il faut donc réduire le poids sachant que Carène estime qu'il faut ajouter environ “2 à 300 kilos d'affaires personnelles”. Mais pour You Liang, c'est encore trop. “Elle fait beaucoup d'effort mais il faut réduire à 5 ou 6 vêtements maximum”, lui répond-il. Entre le rêve et la réalité de la vie dans un petit espace, il y a parfois quelques décalages…

Le plan de la future tiny house du couple © Cécile Boin - Abris Nomades

Un budget prévisionnel de 60 000 euros

Une chose est sûre, le couple est convaincu par ce futur mode de vie qu'il leur apportera la liberté de mouvement à laquelle ils aspirent. Une certitude confirmée par une expérience de trois jours en juin dernier dans une tiny house. Leurs familles respectives, elles, ont plus de doutes. Carène explique : “Pour eux, c'est inconcevable de vouloir vivre dans plus petit. Ma mère m'a demandé, pourquoi est-ce que vous n'achetez pas une villa plutôt ?”.

Malgré tout, leurs familles les soutiennent et participent financièrement à leur projet. Carène et You Liang ont estimé le budget total de cette nouvelle vie à 60 000 euros environ. “35 à 40 000 euros de construction et 20 000 euros de vie autour”, précise You Liang. “Vie autour” car le couple a quitté son appartement et va devoir louer un logement à proximité du chantier en attendant que la tiny house soit prête à les accueillir, “dans 6 à 8 mois”, indique-t-il.

Ensuite, les deux ex-Parisiens entameront leur vie de “digital nomads”, comprenez, des travailleurs qui voyagent et travaillent à distance. “On a des compétences complémentaires. You Liang est développeur, il peut créer des sites Internet et moi je suis spécialisée en marketing digital”, souligne Carène. Leur idée, monter “la tiny agency” pour aider les commerçants et artisans qu'ils rencontreront à développer leur offre en ligne. L'objectif étant de déménager 4 fois par an. Mais pour cela, il faut que You Liang passe son permis, cela peut être utile s'ils veulent prendre le volant tous les deux.

Nous allons vous faire suivre l'avancée de leur projet. En attendant de lire les prochains épisodes de cette série, rendez-vous sur leur chaîne Youtube et leur site internet !

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