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SÉCURITÉ - Bracelet connecté, caméra qui détecte les chutes ou encore capteurs qui mesurent les activités quotidiennes, quelle solution proposer à vos proches âgés ?

Même si vous avez la possibilité de rendre visite à vos parents âgés ou à vos grands-parents tous les jours, vous avez besoin d'être rassuré-e sur le fait qu'ils vont bien quand vous n'êtes pas là.

Eux-mêmes s'inquiètent peut-être de ne pas être en mesure de vous contacter s'ils font une mauvaise chute.

Vous pouvez recourir aux services à la personne : un-e professionnel-le viendra entretenir la maison, accompagner pour les gestes quotidiens ou simplement tenir compagnie et vous serez prévenu s'il y a le moindre souci. Vous pouvez aussi demander au facteur de faire un ou plusieurs visites par semaine.

Mais en parallèle de ces solutions humaines, de nombreux objets connectés peuvent vous alerter si besoin, en particulier en cas de chute, premier risque pour les personnes âgées à la maison. Petit tour d'horizon de ces solutions high-tech.

La téléassistance pour prévenir des chutes

Le plus courant est de faire appel à de la téléassistance. Avec ce service, un centre opérateur est averti lorsque la personne fait une chute, grâce à diverses options que nous détaillerons ensuite. Ce centre prévient alors les proches désignés lors de la souscription, puis les secours si nécessaire.

Ce type de service, assuré par des entreprises spécialisées, des assureurs ou encore des associations, coûte entre 20 et 50 euros par mois, selon les opérateurs, comme le synthétise Dépendances Infos (un portail informatif sur la perte d'autonomie qui propose des contrats d'assurance dépendance) dans ce document. À noter qu'il est possible de déduire 50% du prix de ses impôts ou de recevoir un crédit d'impôt.

  • Le médaillon avec bouton pour appeler à l'aide :

Premier exemple de détecteur de chute : le médaillon. Il peut se porter en collier ou en bracelet. Il s'agit d'un bouton SOS, de la taille d'un gros cadran de montre, sur lequel la personne âgée peut appuyer en cas de problème, pour être mise en relation avec le service de téléassistance.

Le risque est bien sûr que la personne ne le porte pas en permanence, par exemple la nuit lorsqu'elle se relève, qu'elle ne veuille pas appuyer sur le bouton pour ne pas déranger, ou encore qu'elle refuse de le porter car elle trouve l'objet trop stigmatisant.

Pour que l'objet soit mieux accepté, Assystel propose un médaillon plus discret et moins stigmatisant qui ressemble à un bijou.

  • Le bracelet qui détecte les chutes :

Certains bracelets connectés peuvent également détecter les chutes grâce à un accéléromètre, qui repère le passage rapide de la position debout à la position allongée. Ils comprennent aussi parfois des capteurs qui mesurent la secousse liée à la chute, ainsi qu'une absence de mouvement.

Ils détectent les chutes lourdes, mais pas les chutes molles ou lentes”, prévient cependant Didier Masollier, expert en domotique et président de Domea Conseil. Les chutes molles surviennent quand la personne se retient à un meuble par exemple.

  • Les capteurs de mouvement placés dans le logement :

Si votre proche ne veut pas porter un bracelet, certains services de téléassistance proposent des capteurs de mouvement que l'on peut placer à différents endroits du logement.

Ils ne détectent pas directement les chutes mais mesurent les habitudes de vie de la personne (temps passé dans la salle de bains par exemple) et déclenchent une alerte si ces habitude changent. Ils ne fonctionnent que si une seule personne habite dans le logement.

  • Les capteurs dans le logement + vérification avec une caméra :

La technologie VAC, proposée par plusieurs services de téléassistance, vise à éviter les fausses alertes au maximum. Elle consiste en plusieurs boîtiers à placer dans la maison. Un capteur optique permet de détecter les chutes, même “molles”.

En cas d'alerte, un téléopérateur reçoit une image floutée, qu'il peut déflouter pour vérifier que la personne a besoin d'aide. À ce moment-là, il peut rentrer en contact audio avec la personne, via le haut-parleur du boîtier.

Les solutions connectées qui vous préviennent directement

Si vous ne voulez pas passer par un système de téléassistance, vous pouvez aussi proposer à votre proche d'utiliser un système connecté qui vous alertera directement vous en cas de problème.

Citons par exemple la montre connectée Linkoo avec bouton d'appel d'urgence ou encore le pack Zen Intervox, avec un capteur d'ouverture de la porte d'entrée et un détecteur de mouvement, qui vous permettent de vérifier que tout va bien sur votre portable.

D'autres technologies sont encore en développement et devraient être bientôt disponibles, notamment des semelles connectées pour prévenir les chutes, comme Feet Me et LiveStep, et des capteurs qui analysent non pas les déplacements, mais des gestes de la vie de tous les jours (ouverture du réfrigérateur, humidité dans la salle de bains pour savoir si la personne a pris une douche…), comme Janasense.

Si votre proche ne ressent pas lui-même le besoin d'un tel dispositif, “il faut amener le sujet progressivement sans que cela paraisse comme une sanction”, conseille Serge Guérin, sociologue spécialiste du vieillissement et auteur de La Silver économie (La Charte Publishing, 2018). On peut évoquer un exemple dans son entourage : “Tiens ma meilleure amie a choisi cette solution pour sa mère.”

Mais pas question d'imposer un bracelet connecté ou d'offrir un service de téléassistance en surprise pour Noël !

Trois critères principaux pour choisir une solution anti-chute

Pour choisir la solution qui conviendra le mieux à votre proche, vous pouvez prendre en compte trois critères.

  • D'abord, l'efficacité du dispositif. “Plus le temps passé au sol est important, plus l'impact physiologique et psychologique de la chute est important, explique Jérôme Pigniez, fondateur de Silvereco.org. Les systèmes les plus efficaces, selon moi, sont ceux qui sont capables de réagir le plus rapidement.
  • Ensuite se pose la question du respect de l'intimité. Pour Serge Guérin, les bracelets ou colliers connectés peuvent être mal acceptés. “Les personnes peuvent se dire “je ne suis pas un animal, pourquoi est-ce que j'aurais un collier”. L'image de soi peut être détériorée. D'ailleurs, assez souvent les personnes âgées les enlèvent”, observe-t-il.
  • Le sociologue soulève aussi la question de la personne qui va être prévenue en cas de problème : “Si c'est mon fils qui habite à 800 m qui intervient, ce n'est pas la même chose que si c'est un voisin ou encore une structure extérieure. L'acceptation dépend aussi de la qualité de l'accompagnement.”

 

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