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OBJETS CONNECTÉS - L'un des capteurs de Janasense mesure la force avec laquelle les personnes âgées ouvrent leur réfrigérateur. D'autres repèrent la fréquence des douches.

Comment être sûr-e que vos parents âgés vont bien, si vous habitez loin d'eux ? Pour favoriser le maintien à domicile des personnes âgées, tout en tranquillisant les proches, il est possible d'installer des détecteurs de chute sur plusieurs murs de la maison, voire même des caméras de surveillance.

Mais ces objets connectés peuvent être vécus comme une intrusion dans l'intimité. L'entreprise française Janasense mise quant à elle sur d'autres capteurs, plus discrets, plus précis dans leurs mesures et surtout plus inattendus.

L'un d'eux se glisse par exemple dans le réfrigérateur et mesure l'amplitude et la force du mouvement lorsque l'on ouvre la porte. Si la personne tremble, cela peut indiquer une difficulté physique qui s'installe. D'autres capteurs encore mesurent l'humidité et le bruit dans la salle de bains, pour calculer la fréquence des douches.

L'idée ? "Détecter les signaux faibles qui annoncent un changement de rythme", explique Mickaël Alves, le fondateur de Janasense.

Les proches alertées si les habitudes de vie changent

Ces informations sont synthétisées et consultables sur une application mobile. Les proches reçoivent "un indicateur de sérénité" lorsque rien d'inhabituel n'est détecté. Mais, par exemple, si une douche dure moins longtemps que d'habitude ou si elle s'est décalée dans la semaine, ils reçoivent une alerte.

"L'intelligence du service intègre une partie d'analyse. Si la douche se décale, ce n'est peut-être rien de grave. Si ça se raréfie, la personne a peut-être des difficultés à prendre sa douche, il faudra peut-être adapter la salle de bains. On travaille beaucoup sur la partie conseils", indique Mickaël Alves.

"Ce n'est pas perçu comme de la surveillance"

Bien sûr, ces capteurs ne sont pas sans soulever des questions. D'abord, cela ne revient-il pas à surveiller les moindres faits et gestes du quotidien ?

"Aujourd'hui dans tous les tests, ce n'est pas perçu comme de la surveillance", assure Mickaël Alves. Pour lui, cette solution reste moins intrusive que des capteurs de mouvement, qu'il faut installer sur plusieurs murs dans chaque pièce, pour détecter les chutes.

Autre argument mis en avant : les personnes âgées sont les premières à avoir accès aux mesures et aux alertes. Par exemple, si le système détecte que le réfrigérateur est ouvert moins souvent et qu'il y a un risque de dénutrition, l'application propose des idées recettes adaptées.

Des capteurs pour éviter de bombarder de questions ses parents âgés

Faut-il vraiment avoir recours à des objets connectés pour veiller sur ses parents âgés ou ses grands-parents ? Pourquoi ne pas tout simplement les appeler pour s'informer de leur santé ?

"Ce sont des sujets difficiles à aborder. S'il y a un questionnement permanent, la relation peut se dégrader dans le temps. Si on demande trop souvent "est-ce que tu as bien fait ci ou ça ?", la personne ne va plus vouloir répondre. D'ailleurs les aidants professionnels disent aussi qu'ils n'ont aucun moyen de savoir ce qui se passe quand ils ne sont pas là", estime Mickaël Alves.

Pour préserver une bonne relation et garder les conversations plus légères, mieux vaudrait laisser la technologie alerter en cas de problème (et rassurer sur le fait que tout va bien le reste du temps).

Des tests sont actuellement réalisés dans 300 logements dans le département du Loiret, en partenariat avec un bailleur social. Les capteurs de Janasense devraient êtres commercialisés au 2e semestre 2018. Les tarifs ne sont pas encore fixés, mais Mickaël Alves promet un abonnement "accessible".

La clé reste bien sûr d'en discuter avec les principaux intéressés, vos parents ou grands-parents. Car ce sera finalement à eux de décider d'installer ou non des capteurs à leur domicile.