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CONSEILS PSYCHO - Faire le bilan du précédent confinement, poursuivre ses projets et soigner ses relations : voici comment tenir le coup tout le mois de novembre.

Nous sommes nombreux et nombreuses à ne pas avoir vu venir ce reconfinement - ou du moins, à avoir espéré jusqu'au bout qu'il ne serait pas nécessaire. Le choc de l'annonce passé, comment ne pas laisser le découragement prendre le dessus ?

Entre les écoles ouvertes et les entreprises qui jonglent avec l'obligation de télétravail, les circonstances sont bien différentes du printemps dernier. Il n'empêche, l'impression de devoir revivre un jour sans fin est bien là. C'est le moment de mettre en place une stratégie pour préserver sa santé mentale !

1 - Faire le bilan, calmement

En fonction de sa situation personnelle et de la façon dont on a vécu le dernier confinement (certain-es ont vécu un traumatisme, d'autres ont chéri ces semaines hors du temps et du monde), la perspective de devoir rester de nouveau à la maison génère tout un lot d'émotions. Le tout est de les reconnaître.

"Le confinement est là pour essayer de nous prémunir de tout risque… mais ça peut renvoyer à des valeurs très fortes, à la question de la liberté, que l'on restreint un peu. Ça peut mettre en colère, créer de l'angoisse et de la lassitude, ou encore le sentiment de ne pas pouvoir faire grand chose", décrypte Marion Thélisson, psychologue clinicienne et psychothérapeute.

Pour la clinicienne, la clé est justement dans le lâcher prise : accepter que l'on ne peut pas avoir de contrôle sur le virus et accepter de vivre dans l'incertitude. "De toute façon, la vie est faite d'incertitudes, il faut se dire que dans tous les cas, on va gérer, avoir confiance en soi et en l'avenir, trouver ses propres ressources", développe-t-elle.

© Getty Images / OrangeDukeProductions

Pas facile ? Certes. Un bon début est de faire le bilan du premier confinement. "Si on est là aujourd'hui, c'est qu'on a survécu, qu'on a mis en place des choses pour faire face, même si on en garde un souvenir horrible", encourage Priscille Marchand, psychologue spécialisée dans la prise en charge du psychotraumatisme.

Elle propose donc de lister ce qui a marché ou non : est-ce que boire un verre tous les soirs a vraiment aidé ? Et se mettre à la cuisine ? Est-ce que l'on s'est donné trop d'objectifs, a-t-on besoin de se laisser un peu tranquille ?

Pour vous aider :

Bonne nouvelle, ce travail peut très bien être fait avec l'accompagnement d'un-e psychologue ou d'un-e thérapeute : les cabinets restent ouverts. On ne le dira jamais assez, nous sommes tous légitimes à consulter, c'est toujours une bonne idée de prendre ce temps pour soi !

2 - Continuer à faire des projets

Comment faire des projets quand on n'a aucune idée du moment où on pourra les réaliser ? Que faire si le confinement est prolongé ? Ou s'il se répète dans quelques mois ?

C'est vrai, "on ne peut pas prévoir un week-end entre amis dans deux mois, on ne peut pas tout contrôler", admet Priscille Marchand. "On ne peut pas faire autrement que de vivre dans le moment présent." Ok. Alors faisons-le vraiment. Offrons-nous quelques minutes par jour pour faire des exercices de respiration simplissimes.

Ça va mieux ? Alors, maintenant, on peut de nouveau avancer. Faire des projets est toujours possible et même vital. Si le confinement restreint le champ des possibles, il "n'annule pas" notre liberté, estime Marion Thélisson. "J'ai un patient qui me disait qu'il était difficile de poursuivre son activité professionnelle, mais qu'il voulait profiter de cette opportunité pour développer son activité du côté digital", illustre-t-elle.

Sa méthode : une autre liste. Mais cette fois, de tout ce que l'on voudrait accomplir, que ce soit développer des compétences ou tester de nouveaux loisirs. Pas de pression ! L'idée est de se reconnecter à soi, pas de s'obliger à rayer toute sa liste d'ici la fin du mois.

Finalement, la seule chose qui ne nous appartient pas, c'est le temps. Pour Camille Rochet, psychologue du couple et de la famille et autrice de L'amour commence après 3 ans (Dunod éditions, juin 2020), cela ne doit pas être un frein : "Si on se dit qu'on doit absolument partir en week-end en couple, bien sûr on ne va pas réserver la date. Mais on peut décider où l'on va partir, s'organiser, et le jour où on pourra le faire, on le fera tout de suite. En plus, ça alimente nos conversations à deux."

Pour vous aider :

Il y a une chose sur laquelle vous pouvez agir dès maintenant, c'est votre maison ! Suivez nos conseils pour réaménager votre logement pendant le confinement.

3 - Soigner ses relations, à distance ou sous le même toit

Au début du premier confinement, dans l'adrénaline de la nouveauté, nous avons reçu et envoyé plein de messages à tous nos proches. Très bien pour lutter contre l'isolement, mais le revers, c'est de risquer de tomber dans la surconnection. Alors, cette fois, ne culpabilisons pas de ne pas alimenter toutes nos conversations Whats App tous les jours !

"On a aussi le droit de vouloir se retrouver avec soi, pour gérer toutes les émotions que va véhiculer le confinement. Par contre si ça dure dans le temps, on peut rompre le lien, analyse Marion Thélisson. Alors on peut mettre en place des rituels, ça peut être un apéro-visio avec les amis tous les mardis, ou d'appeler ses proches tous les jeudis."

Et avec les personnes qui partagent notre foyer ? Là encore, on peut s'autoriser à instaurer une saine distance. Comme ce couple de patients de Camille Rochet, qui a décidé de passer deux soirs par semaine chacun de leur côté, l'un à l'étage, l'autre au rez-de-chaussée. Pour mieux se retrouver ensuite !

Côté communication, pensons à formuler nos difficultés. "Quand on est débordé, on se dit que pour les gens seuls, c'est plus facile. Et inversement, constate Camille Rochet. Pour être aidé, il faut être capable d'exprimer ses difficultés, ne pas penser que les autres vont intuitivement deviner nos souffrances."

Derniers conseils pour la route :

  • Pour ne pas alimenter votre anxiété, n'abusez pas des chaînes d'infos en continu.
  • Prenez soin de votre corps, restez en mouvement pour pallier au manque de luminosité.
  • En télétravail, séparez autant que possible votre bureau du reste de votre logement.