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VIDEO - Dans cette mégalopole de 7 millions de personnes, les habitants cultivent leurs légumes au sommet d'un building. Reportage.

Lorsque l'on arrive à destination, après avoir traversé un boulevard bruyant où s'entremêlent voitures, taxis et tramways et emprunté un ascenseur qui nous propulse jusqu'au 21ème étage, on a le souffle coupé.

Le dépaysement est complet. On se retrouve au beau milieu des plans de courgettes, haricots et autres cucurbitacées. Leurs silhouettes colorées tranchant avec les buildings ternes en toile de fond.

Bienvenue au jardin partagé Quarry Bay, dans le quartier éponyme de Hong Kong, cité-État asiatique aux plus de 7 millions d'habitants. “Citrouilles, navets, tomates, tout pousse ici”, lance Anne-Marie Gomeze, responsable du jardin. Bob imperméable sur la tête et bottes de pluie aux pieds, accessoires indispensables après le passage d'un typhon.

© Clémence Leleu

Sur plus de 100 m2, 500 parcelles de culture sont parfaitement disposées en petits carrés, de manière à créer des petites allées entre lesquelles les jardiniers peuvent circuler. Le tout, à plus de 60 mètres du sol, soit l'équivalent de la hauteur de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Une centaine de jardiniers sur les toits

Les gens préfèrent toujours manger ce qu'ils ont eux-mêmes fait pousser”, explique Anne-Marie Gomeze, tout en naviguant entre les plantations, pour vérifier qu'aucune ne souffre trop des pluies denses liées au passage d'un typhon.

À Hong Kong, seuls 2 % des légumes sont cultivés sur place. La majorité étant importés de la Chine voisine, où les pesticides sont utilisés à outrance. Voilà pourquoi l'association City Farm a décidé de créer des jardins partagés.

© Clémence Leleu

Mais, dans cette mégalopole très densément peuplée, peu d'espaces cultivables sont disponibles. Qu'à cela ne tienne : l'association s'installera dans un des rares espaces bien souvent vides : les toits des buildings.

Et ça marche. Le jardin, ouverts depuis un an et demi, accueille une centaine d'habitants du quartier, qui viennent jardiner pendant leur temps libre.

© Clémence Leleu

Ici, chacun est libre de cultiver ce qui lui plaît, moyennant une cotisation mensuelle de 30 euros par mois. “Nous nous occupons d'arroser les plans une fois par jour, le reste est à la charge des locataires de la parcelle”, détaille Anne-Marie Gomeze.

Jardiner crée du lien

Ces jardins partagés ont également une autre vertu : celle de créer du lien entre les habitants. En effet, ici, on s'échange conseils et autres astuces pour réussir à faire pousser ses fruits et légumes, dans une ambiance bon enfant.

Dès qu'il fait beau, nous installons une petite table aux milieux des parcelles et nous discutons. Les enfants sont aussi les bienvenus. C'est très convivial”, indique la responsable tout en prenant soin de remettre d'aplomb les arrosoirs qui étaient tombés après une énième bourrasque de vent.

Une nouvelle ouverture prévue

Un succès puisque l'ouverture d'un nouveau jardin partagé dans un autre quartier de la ville est en prévision. “Nous en serons à notre 4ème. Les habitants sont de plus en plus en demande de nature, de partage. Nous sommes en train de négocier avec un propriétaire d'immeuble pour une ouverture à l'été 2017. Le nombre de jardiner à Hong Kong va encore augmenter”, explique Osbert Lam, créateur de l'association City Farm.

© Clémence Leleu

Des jardiniers des gratte-ciel, certes, mais qui ont déjà acquis les savoirs de leurs compères les plus chevronnés. “Les oiseaux se remettent à chanter, le temps va se dégager”, glisse Anne-Marie Gomeze. Et effectivement, cinq minutes plus tard, les gros nuages lourds de pluie commençaient à disparaître.