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COUPLE - Nous avons interrogé des spécialistes pour comprendre comment avoir une vie sexuelle heureuse quand son enfant dort dans la même pièce ou dans la chambre d'à côté.

Quand Sophie a rencontré son petit ami, Gabriel, il y a deux ans, elle a également fait la connaissance de son fils, Lucas, 2 ans. A priori, rien de bien original, sauf que Gabriel vivait en colocation et, les jours où il en avait la garde, faisait dormir Lucas dans le salon.

Sophie, 26 ans, se retrouve projetée dans une vie de couple où la spontanéité des ébats se transforme en savants calculs pour ne pas être découvert en pleine action par Lucas.

Les choses se compliquent davantage quand Gabriel déménage en banlieue parisienne pour avoir son propre appartement. “Là, c'est devenu encore plus galère. Il avait un deux pièces, mais aucun meuble, du coup son fils dormait dans notre chambre.

Surgit cette question que de nombreux parents se posent, même s'ils vivent chacun dans leur propre appartement : comment avoir une vie sexuelle épanouie quand on vit dans un petit appartement avec des enfants ?  

Une angoisse qui touche généralement plus les femmes que les hommes. “On a du mal à être la maman, l'épouse et la pute”, résume abruptement Caroline Le Roux, sexologue et psychologue clinicienne, pour rappeler que des femmes culpabilisent à l'idée de s'épanouir sexuellement quand elles ont un enfant.

Raison pour laquelle, la vie sexuelle des couples se dégrade souvent à la naissance de leur enfant. “Quand on manque d'espace, ça en rajoute une couche”, ajoute Anne Bacus.

Comment cultiver son intimité quand on dort dans la même pièce ?

Pour faire l'amour, Sophie et Gabriel attendent que le petit s'endorme. “Ça ne me gênait pas. se souvient Sophie. J'ai vécu en Inde où il est parfaitement normal qu'une famille dorme à 6 dans la même pièce. Les parents n'ont pas d'autre choix que de le faire à proximité des enfants.”

Un avis que ne partage pas Anne Bacus, psychologue clinicienne et sexologue. “Il ne faut pas penser que du moment où l'enfant dort, on peut avoir des rapports sexuels. Un jeune enfant entend et sent les choses, il peut interpréter les choses à l'envers, les percevoir comme une agression.” L'enfant peut interpréter les ébats comme une dispute violente.

Caroline Le Roux souligne toutefois qu'un enfant de moins de un an, ne peut pas comprendre ce qui se trame sous ses yeux. “Pendant les premiers mois je ne vois pas le problème”, ajoute-t-elle.

Pour garder leur intimité, les parents peuvent délimiter des espaces. Pour cela, Caroline Le Roux a une astuce : “on peut installer un petit paravent. Il n'y a aucune isolation sonore mais c'est un stress en moins.

Interdire la chambre parentale

Que l'on vive dans un studio ou dans un château, l'angoisse d'être découvert par ses enfants est commune à tous les parents, comme nous le rappelle Caroline Le Roux, sexologue et psychologue clinicienne.

La première chose à faire est d'habituer l'enfant à dormir dans sa propre chambre. “Il faut leurs faire comprendre que la chambre des parents est un endroit interdit”, rappelle Caroline Le Roux.

En apprenant à un enfant qu'on ne rentre pas dans la chambre de ses parents quand on y est pas invité, on préserve un tant soit peu sa vie sexuelle. “Nous n'avons pas de verrou sur notre porte, on a dû lui apprendre à frapper à la porte systématiquement”, nous confie Frida, 27 ans, marié avec Javier.

Ce couple franco-argentin a la chance d'avoir sa propre chambre. En revanche, ce couple leur chambre est collée à celle du fils de Javier, Juan âgé de 8 ans. “Quand il avait 4 ans, il ne faisait pas ses nuits, il se réveillait sept fois par nuit. C'était très compliqué d'avoir une vie sexuelle normale”, se rappelle-t-elle.

Quitter le lit conjugal pour retrouver son intimité

Frida et son mari ne le font pas souvent dans leur chambre et quand ils investissent le lit parental “c'est ultra silencieux”. Mais la jeune femme le prend avec philosophie : “c'est marrant aussi de devoir garder le silence.

Autre conseil : explorer les autres pièces de l'appartement  ! “Si on est dans un studio, on peut faire ça dans la salle de bains. Ou alors se retrouver dans un hôtel ou confier l'enfant à une babysitter”, indique Anne Bacus.

Ce n'est pas simplement la géographie qui se trouve perturbée, mais aussi la temporalité. “ À 14h, s'il n'est pas là, on le fait”, explique Frida.

Mais que faire quand l'enfant surprend ses parents en pleine action ? “Toujours poser la question : que faisait-on selon toi?”, indique Caroline Le Roux. Et la psychologue d'ajouter : “Il ne faut surtout pas nier. L'enfant a sa propre théorie. On lui explique alors qu'on se faisait un gros câlin, un câlin d'adulte.

 

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