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ENVIRONNEMENT - S'il est obligatoire, le masque jetable est très polluant. Quelle solution envisager à l'avenir pour continuer de protéger notre santé et notre planète en même temps ?  

Que ce soit au travail, pour sortir dans la rue ou faire ses courses, le masque est devenu l'accessoire essentiel pour stopper la propagation de la Covid-19. La France a même pour objectif de produire “100 millions de masques sanitaires - FFP2 et chirurgicaux- en décembre” affirme Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l'Industrie et invitée sur CNEWS en août dernier. 

Mais avec ce nouvel indispensable, la question se pose : qu'allons-nous faire de tous ces masques une fois utilisés ? Sont-ils recyclables ?

500 ans pour se dégrader ?

Les masques jetables, qu'ils soient des FFP2 ou chirurgicaux, doivent être jetés au bout de quelques heures après leur utilisation, même si des études tendent à démontrer qu'ils peuvent être lavés plusieurs fois sans perdre en efficacité.

Le souci ? C'est qu'ils sont détruits par incinération ou enfouis. Pire encore : on les retrouve jetés par terre, polluant la nature et les océans, comme l'a dénoncé l'organisation OcenAsia dans cette vidéo : 

Ils ressemblent à du coton, on pourrait croire qu'ils se dégradent vite, mais c'est loin d'être le cas. Faits à partir de polypropylène, qui s'apparente à du plastique, les masques jetables ne sont pas biodégradables dans la nature. 

Ludwik Leibler, membre de l'Académie des sciences et directeur de laboratoire au CNRS-ESPCI explique dans un entretien avec leHuffingtonPost qu' "on estime généralement que le polypropylène massif met environ 500 ans à se dégrader, avec les masques comme il s'agit de couches fines, cela pourrait être légèrement plus rapide". Seulement "légèrement plus rapide"...

Pour Anne-Leïla Meistertzheim, biologiste et présidente de la société Pastic@sea, interviewée dans un article de Libération : "ils se dégradent totalement en 400 à 1 300 ans". Si le temps exact que mettent les masques à se dégrader varie en fonction des sources, un point commun ressort néanmoins : le fait qu'ils mettent plusieurs siècles à disparaître totalement. 

Vers une solution plus écologique

Si des initiatives citoyennes ont vu le jour comme ces deux amis qui traversent la France pour ramasser les masques jetés par terre, des solutions à grande échelle commencent à émerger. 

Des collectes se mettent en place afin d'éviter cette pollution de masques. Dans sa matinale, Europe 1 met en avant une initiative locale lancée par la ville de Tours, qui a décidé d'installer une centaine de points de collecte de masques usagés dans la métropole.

Une collecte oui, mais que deviennent les masques difficiles et chers à recycler entièrement ? Certaines entreprises se sont tout de même lancées dans le recyclage de ces protections jetables. Un exemple : l'entreprise Plaxtil, située à Châtellerault dans la Vienne. Elle leur donne une seconde vie en les transformant en multiples objets comme des équerres, des poignées de portes ou encore des visières, comme l'explique Jean-Marc Neveu dans une vidéo France 3.

Autre solution pour limiter l'impact sur l'environnement : le masque biodégradable. L'entreprise Géochanvre située en Bourgogne-Franche-Comté s'est lancée dans la fabrication de masques bio compostables en fibres de chanvre. Une bonne alternative aux masques jetables en polypropylène ! 

Plus écolo que les masques chirurgicaux, vous pouvez aussi fabriquer votre propre masque en tissu grâce à ce tuto.