Ce banc en pierre rafraîchit l'air des villes en puisant l'air du sous-sol !

SMART-CITY - Air des Carrières capte l'air des carrières parisiennes pour l'insuffler en plein centre ville, une solution innovante pour lutter contre les îlots de chaleur.

Chaque été, les villes font face au phénomène des îlots de chaleur : à cause de la bétonisation et du manque de verdure, la température augmente dans les centres urbains. Pour lutter contre ce problème, l'agence d'architecture Alt, avec les designers Emma Lelong et Remi Nguyen ont imaginé un banc qui rafraîchit l'air de la capitale. Le système est écolo, puisqu'il puise l'air frais dans les carrières de Paris pour le diffuser à la surface.

Réinterprétant le principe du puits provençal, ce mobilier appelé Air des Carrières a été imaginé dans le cadre du programme FAIRE du Pavilion de l'Arsenal. Il est actuellement en phase de test dans le 13e arrondissement.

© Mario Simon Lafleur

Utiliser le principe des puits provençaux

Quand il fait trop chaud en ville, on peut se réfugier dans des endroits climatisés, comme les magasins, les musées… mais il n'existe pas de solution pour se rafraîchir sur la voie publique, hormis les brumisateurs géants qui utilisent de l'eau potable et qui, de fait, ne sont pas vraiment écolos. "On cherchait un dispositif pour accueillir les usagers là où l'air circule peu en cas de canicule”, explique Frédéric Blaise, architecte dans l'agence d'architecture Alt.

L'équipe s'inspire alors des fontaines Wallace, dont le principe consiste à mettre gratuitement à disposition de l'eau potable dans Paris. Et si on proposait des endroits publics où se rafraîchir sans devoir dépenser un sou ?

Pour mener à bien leur projet, les créatifs s'inspirent également des puits provençaux. Le principe du puits provençal (ou canadien) est de faire circuler l'air dans un conduit sous terre, pour le rafraîchir naturellement, puis de l'insuffler à l'intérieur du bâtiment avec un ventilateur. Ici, c'est le même fonctionnement, mais l'air est propulsé directement dans la rue !

© Mario Simon Lafleur

Pour trouver de l'air frais en permanence, l'équipe a choisi d'exploiter celui présent dans les carrières (dont une partie s'appelle les catacombes). "Il existe 40 ou 50 kilomètres de carrières sous les 13e et 14e arrondissements, où l'air est environ à 12 degrés", indique Frédéric Blaise. En partenariat avec l'IGC (Inspection Générale des Carrières), ils ont choisi le meilleur endroit pour installer l'expérimentation. Le banc se trouve donc au-dessus d'un puit d'exploration (semblable à une bouche d'égouts), à travers lequel l'air remonte.

© Alt

Le banc est, quant à lui, taillé dans une pierre locale. Celle-ci a les mêmes caractéristiques effusives que le marbre, c'est-à-dire qu'elle absorbe la chaleur sans se réchauffer en surface. Plusieurs capteurs sont installés à l'intérieur : dès que la température extérieure dépasse 25°C, le système se met automatiquement en route.

© Mario Simon Lafleur

D'autres projets existent pour lutter contre les îlots de chaleur. C'est le cas par exemple de ces canopées végétales à installer sur les places et sur les toits.

Comprendre le phénomène des îlots de chaleur

Le phénomène décrit l'élévation de température localisée en milieu urbain par rapport aux zones rurales voisines. Ces îlots deviennent des microclimats, provoqués par l'urbanisme (la bétonisation, l'usage de matières sombres comme le goudron, le manque de verdure...) et l'activité humaine (véhicules, industries...).

Autrefois considéré comme marginaux, les îlots de chaleur ont des répercutions sanitaires grave dans un contexte de réchauffement climatique. Ils accentuent par exemple les épisodes de canicule et peuvent nuire à la biodiversité.

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