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ÉCOLOGIE - Zero Waste France nous a expliqué pourquoi il était important de réfléchir à la mise en œuvre de la consigne en France.

Il y a du rififi dans la consigne ! C'était un des projets phrases de la loi sur l'économie circulaire portée par la secrétaire d'État Brune Poirson : la mise en place de la consigne des bouteilles en plastique. Le but étant d'inciter les citoyen-nes à recycler davantage et ne plus stocker des tonnes de bouteilles en plastique à la maison.

Pourtant, le 26 septembre 2019, le Sénat a rejeté le projet de loi qui comprenait l'application de la consigne plastique en France. De nombreuses associations écolos se sont réjouies de la nouvelle. On a demandé à Anne-Fleur Hug, chargée de plaidoyer chez Zero Waste France, de nous expliquer pourquoi.

En quoi consistait le projet de loi sur la consigne plastique ?

Pour la chargée de plaidoyer, la loi n'est pas très précise, le gouvernement n'ayant pas communiqué avec précision sur la mise en œuvre de la consigne plastique et des canettes. "La consigne désigne le surplus que l'on paie sur l'emballage et que le consommateur récupère quand il la ramène", précise-t-elle. Cette somme d'argent supplémentaire doit inciter les individus à recycler davantage ce déchet et permettre une meilleure collecte du plastique.

Pourquoi est-ce que la consigne en plastique n'est pas l'option la plus écolo ?

Tout dépend de la mise en place de ce système de consigne, prévient Anne-Fleur Hug. "Le gros risque c'est de donner l'impression aux gens que, parce que c'est recyclé, il n'y a pas de souci", ajoute-t-elle. Non, le recyclage n'est pas suffisant pour résoudre les problèmes environnementaux, répète-t-elle. Ce qu'il est important de remettre en question, c'est l'usage unique de la bouteille plastique car sa production mobilise de nombreuses matières premières.

Quel est le modèle de consigne le plus adapté ?

Pour Zero Waste France, la mise en place d'un système de consigne mixte est primordial. Comprenez, un système de consigne qui intègre également le verre. Mais le point fondamental selon Anne-Fleur Hug, c'est celui du réemploi. "Une fois qu'elles seront récupérées, les bouteilles doivent être lavées et remplies par le producteur, puis remises dans les circuits. Une bouteille peut servir jusqu'à 40 fois !", insiste-t-elle. Réutiliser donc, plutôt que recycler, c'est à dire détruire les bouteilles pour en fabriquer de nouvelles.

Bien que le Sénat ait rejeté le projet de loi en l'état, rien n'est perdu. L'Assemblée nationale doit de nouveau examiner ce texte et qui sait, suivra peut-être cette fois-ci les recommandations des associations écologistes ?