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DOMOTIQUE - Télécommande universelle, chatbot, reconnaissance faciale, maison autonome : peuvent-ils concurrencer les assistants vocaux ?

Google Home, Alexa, Siri ou encore Homepod : les assistants vocaux sont partout et la course à l'innovation est sans répit. Depuis peu, ils ont même envahi le marché de la domotique.

Communiquer par la voix avec un petit boitier dans le but de contrôler sa maison semble donc remporter un franc succès auprès des amateurs-trices de domotique. Il faut dire qu'ils permettre centraliser beaucoup de fonction et d'objets connecté.

Plus besoin, par exemple, de chercher pendant des heures son smartphone sous les coussins du canapé pour activer la climatisation ou baisser les stores.

Les limites des assistants vocaux pour contrôler sa maison

Pourtant, d'irréductibles ingénieur-es persistent à développer des objets connectés que l'on peut contrôler différemment que par la voix. Mais alors pourquoi les start-up continuent-elles de développer des technologies autres que la commande vocale ? Car celle-ci est loin d'être parfaite !

Il n'y a pas d'identification de la voix des propriétaires, il n'existe pour le moment aucun blocage”, prévient Cédric Locqueneux, auteur du “Guide de la maison et des objets connectés” (Ed. Eyrolles). Autrement dit, vos enfants comme vos invités peuvent contrôler votre système domotique grâce à un simple “Ok google”.

Et encore faut-il que l'assistant comprenne ce que vous lui dites ! “À un mot prêt, l'interface peut ne rien comprendre du tout. On s'en arracherait les cheveux !”, s'exclame François-Xavier Jeuland, Président de la Fédération Française de Domotique.

Cela nous fait forcément penser à ce sketch de la BBC qui mettait en scène des Écossais coincés dans un ascenseur car l'assistant vocal ne comprenait pas leur accent ! Savourez ce sketch si vous ne l'avez jamais vu :

Sans parler du problème de la protection des données mis en lumière par les dysfonctionnements de Google Home qui enregistrait ses propriétaires à leur insu.

La télécommande universelle : contrôler les objets connectés en les pointant

Selon nos experts, l'alternative la plus crédible et potentiellement la plus concurrentielle à la commande vocale est la télécommande universelle. Celle-ci permet de prendre en charge l'ensemble des objets connectés, qu'ils soient en Wi-Fi ou en Bluetooth. c'est la technologie sur laquelle plusieurs entreprises en IoT (l'internet des objets) travaillent.

Parmi les entreprises en IoT qui travaillent sur cette option, on en compte deux françaises, Otodo et Sevenhugs qui ont respectivement mis au point la télécommande Ugo et une Smart Remote.

Le principe est le même : en pointant votre appareil en direction des petits capteurs placés sur votre télé ou vos stores, vous les ferez fonctionner.

Ugo.

© Otodo

Un bouton pour tout centraliser

Autre technologie nécessitant l'intervention du toucher : les boutons connectés. L'objet ressemble à un interrupteur classique sauf qu'un seul bouton peut programmer trois actions différentes pour piloter trois objets connectés différents.

Leur utilisation est certes plus limitée que la commande vocale qui permet d'actionner une quantité plus importante d'objets mais comme le rappelle François-Xavier Jeuland “un bouton cela fonctionne à tous les coups et sans faire de bruit !

Chatbot : textons avec notre maison !

Autre piste : le chatbot. Le principe ? En gros, cela consiste à discuter avec sa maison par SMS. Lorsque vous quittez votre appartement, il suffit de lui écrire “je pars” pour que l'interface se charge d'éteindre les lumières ou de régler la température intérieure. Plus discret que la commande vocale donc !

Netatmo par exemple a lancé, à l'occasion du CES 2018, son propre chatbot “Smart Home” pouvant contrôler les objets connectés de la maison en échangeant par écrit avec cet agent conversationnel sur Facebook Messenger.

Enregistrer la chorégraphie quotidienne pour que nos habitudes contrôlent la maison

Notre simple présence ou nos habitudes peuvent devenir un outil de commande de notre maison. “Le thermostat intelligent Nest analyse votre activité pendant la première semaine d'utilisation et fait en sorte qu'il fasse chaud chez vous à votre retour du travail”, explique Clotilde Nison, responsable du pôle domotique chez Selectra.

Le thermostat connecté Nest.

© Nest

Devenir le chef d'orchestre de son intérieur

Nous allons sûrement ajouter des commandes gestuelles à notre produit. Si je veux gérer des volets, on a plutôt intérêt de le faire avec des gestes plutôt que par la voix”, explique Alexandre Zapolsky, co-fondateur de l'entreprise Linagora, qui développe LinTO, une enceinte connectée à commande vocale.

Il insiste sur le fait que la commande par la voix n'est pas adaptée à toutes les fonctionnalités.

Autre alternative intéressante, le petit capteur de geste Bixi sensible aux mouvements cette fois. Grâce à ce boîtier intelligent, il suffit de reproduire des gestes avec la main pour piloter votre ordinateur portable, jouer de la musique ou régler la lumière.

Rendre les surfaces intelligentes grâce au toucher

L'idée n'est pas révolutionnaire mais, un dernier moyen pour mettre la maison à votre service se révèle intéressant. Il consiste à rendre les surfaces de votre maison intelligentes grâce au toucher.  

Avec le petit boitier Welle notamment, un simple glissement de main sur la table de chevet, et la lampe s'éclaire. En émettant des ultrasons, Ce dernier transforme n'importe quelle surface plane en interface intelligente !

Bien que toutes ces technologies visent à centraliser l'utilisation des différents objets connectés de la maison, le Président de la Fédération Française de Domotique insiste sur le fait que l'objectif ultime de la domotique c'est la fin de l'intervention humaine.

Je suis convaincu que nous allons vers des maisons autonomes, capables d'anticiper énormément de scénarios.” Et d'ajouter : “90% des ordres que nous donnons aujourd'hui vont disparaître.

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