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ENFANT - Comment faire confiance à quelqu'un que l'on ne connaît pas ? Pour bien réussir votre recrutement il est important de connaître quelques astuces.

Lorsque le congé parental prend fin et que les places en crèche sont prises, de nombreux parents font appel à un-e assistant-e maternel-le. À domicile ou directement dans la maison de celui ou celle qui veillera sur votre enfant, il n'est jamais facile “d'abandonner” sa progéniture à quelqu'un que l'on ne connaît pas. 

On redoute tous ça. Raison de plus pour ne pas choisir sa nounou rapidement”, nous lance Olivier Barbin, papa d'une fille de 8 ans et fondateur du site Je-suis-papa.com. Sans oublier qu'il n'y a aucun moyen de vérifier si tout se passe bien pendant la journée. “Que cela soit chez soi ou chez une assistante, il y a une porte qui se ferme et c'est une source d'inquiétude pour les parents”, rappelle Florence Millot, psychologue clinicienne.

Alors on respire un bon coup, on déculpabilise et on suit les conseils de nos experts. C'est parti.

Douceur ou autorité : déterminer en amont les qualités recherchées 

Pour Olivier Barbin, le critère de choix numéro un, c'est le “feeling”. “Il faut qu'il y ait une relation simple et naturelle entre les parents et la nounou. Quand on passe une heure avec la personne dans son environnement de vie, le feeling, on le sent très vite”, explique-t-il. 

Prévoyez de rencontrer le ou la candidat-e à son domicile si la personne y reçoit les enfants, pour observer sa manière de travailler et d'interagir. Une stratégie adoptée par Olivier à la fin du congé parental : “Comment s'adresse-t-elle à nous ? Aux enfants ? Répond-elle à nos questions avec courtoisie, avec le sourire ?”, se souvient-il. 

Le tout est de pouvoir se mettre d'accord avant la rencontre sur le type de personnalité que l'on souhaite pour son enfant. Recherche-t-on une personnalité tendre, douce ou bien une personne qui a de l'autorité et sait imposer des règles ? “Généralement, dès qu'il y a un rapport affectif, cela rassure les parents”, rappelle Florence Millot. 

En revanche, assurez-vous lors de l'entretien que “les règles de vie” de votre nounou, comme dit Olivier Barbin, correspondent aux vôtres. “Il faut être intraitable”, rappelle-t-il, “il faut veiller au respect du rythme de l'enfant, ne pas faire des siestes à n'importe quel moment par exemple. Pour la qualité des repas, est-ce qu'on va lui filer des petits pots ou lui donner de bons légumes ?” Une philosophie de vie qu'il faut identifier, d'autant que de plus en plus de parents attendent que l'assistant-e maternel-le participe à l'éveil de l'enfant en proposant des activités. Vous êtes plutôt sortie au jardin d'enfant ou cours d'anglais ? 

J'aime bien poser la question : comment ça s'est passé avec l'enfant d'avant ?”, souligne Florence Millot. Cette question permet d'avoir un retour sur la manière dont parle la nounou des enfants dont elle s'est occupée, et si elle entretient encore des liens avec eux. 

La psychologue recommande de mettre le ou la nounou en situation. “Si mon enfant fait une bêtise et qu'il mord un autre enfant, qu'est-ce que vous lui dites ?”. En fonction de la réponse, vous aurez une idée de son rapport à l'autorité et la manière dont il ou elle gère les conflits. 

Un statut particulier : entre professionnalisme et intimité 

Il ne faut pas recruter à la légère puisque, comme l'explique Florence Millot, la profession d'assistant-e maternel-le arbore un statut particulier : “On mêle l'intime au professionnel.” En effet, le ou la nounou a beau travailler chez vous ou dans sa maison, cela ne signifie pas pour autant que tout est permis : contrat, horaires, rémunérations, tout doit être défini en amont. 

Il ne faut pas lésiner sur les détails contractuels”, nous confie Olivier, et ne pas avoir peur de parler des questions sensibles concernant l'administration de médicaments ou alors des éventuels retards. “Quand les deux parents travaillent, on n'est pas toujours super à l'heure, c'est important de savoir si elle est flexible”, précise-t-il. 

Vous pouvez par exemple, instaurer une période d'essai, pour le bien-être de votre enfant et de la nounou. Si la personne travaille depuis chez vous, Florence Millot conseille de mettre en place un temps d'adaptation : “Le matin on est ensemble, puis on s'absente une heure, on revient. Puis on part une demie journée. Cela laisse une marge de manoeuvre, surtout si on ne la connaît pas du tout”, dit-elle. 

Et rappelez-vous qu'en cas de doute ou de malaise, ne vous forcez pas ! “Les offres de garde ont évolué. Aujourd'hui les parents peuvent avoir le choix et se permettre de dire oui ou non”, rappelle la psychologue.