| |

ÉGALITÉ - Aujourd'hui de 11 jours, le congé paternité n'est pas obligatoire. Le transformer en "congé deuxième parent" non optionnel jouerait en faveur de l'égalité femme-homme et impliquerait davantage les pères dans l'éducation des enfants.

La réforme du congé paternité est une nécessité absolue pour le couple, c'est ce que nous confirmaient il y a peu la journaliste Titiou Lecoq ou encore la dessinatrice Emma. C'est aussi le sentiment de Serge Hefez, psychiatre et psychanalyse, qui a signé le 23 septembre 2018 une pétition publiée dans le Parisien et réclamant un congé obligatoire pour le deuxième parent. S'il parle de congé deuxième parent et non de congé paternité, c'est pour inclure les familles homoparentales.

Nous lui avons demandé pourquoi. Voici sa réponse en vidéo :

Impliquer davantage les hommes dans l'éducation des enfants et le travail domestique

Pour le psychiatre auteur de La danse du couple (Ed. Pluriel, 2002), le congé paternité, aujourd'hui de 11 jours et optionnel, ne suffit pas. Ce caractère non obligatoire incite souvent les pères à ne pas le prendre, car ceux-ci "craignent d'être stigmatisés" s'ils ne reprennent pas rapidement le travail.

Pourtant, les jours qui succèdent à la naissance sont d'une importance capitale. "Si un homme reprend directement le travail après la naissance d'un enfant, il ne réalise pas ce que cela représente en terme de travail domestique et de charge affective", explique-t-il.

Le congé pour le deuxième parent est un moyen d'impliquer davantage les hommes dans l'éducation des enfants et les tâches ménagères, une prise de conscience nécessaire pour obtenir une meilleure répartition des tâches au sein du couple.

Sans oublier que plus de la moitié des hommes se disent prêts à s'investir bien plus dans le travail domestique ! Un investissement plus important qui s'explique par une évolution de la paternité, souligne Serge Hefez, une paternité plus présente qu'auparavant. "Les hommes sont présents à l'accouchement et dans les premiers jours. Même s'ils ne s'occupent pas des enfants comme des mères, ils ont quand même cette présence charnelle."

En Norvège, le congé parental dure un an environ, un congé à se répartir équitablement entre les deux parents. On suit l'exemple des Scandinaves ?