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LOGEMENT - Campus Vert met en relation des étudiants à la recherche d'un appartement pas cher, avec des agriculteurs qui souhaitent diversifier leurs revenus.

Offrir aux étudiants des logements abordables tout en permettant aux agriculteurs et agricultrices de diversifier leur activité, c'est le défi que s'est lancé Campus Vert, la Fédération des Associations des Fermes d'Accueil en Chambres d'étudiants.

C'est après avoir été contacté par la fédération en 2013, que Patrick Lhortie, agriculteur, et son épouse Corinne ont décidé de mettre en location un bâtiment inoccupé de leur propriété de Mezières-sur-Seine dans les Yvelines, en région parisienne.

J'ai plusieurs logements qui étaient un peu fatigués, se rappelle Patrick, on les a remis aux normes et fait des travaux entre avril et septembre 2014.” Pour les rénover, l'agriculteur bénéficie de l'aide financière de fonds européens ainsi que du conseil régional. “Ça nous a permis de nous aider à passer le cap”, souligne-t-il.

Au final, le couple met à disposition des futurs étudiants 4 studios : un studio de 25 m², deux autres de 32 m² et un dernier de plus de 35 m². Pour le reste, Campus Vert effectue un premier filtre sur les candidatures et se charge de toutes les démarches administratives concernant les étudiants, pas de perte de temps pour les propriétaires.

Image d'illustration. © Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais.

Une solution pratique qui facilite la recherche d'appartement

Parce que le courant est bien passé dès leur première rencontre que Florie, 22 ans, étudiante en kiné, s'est installé dans l'un des logements de M. et Mme Lhortie en septembre 2018.

Quelques mois auparavant, elle attend avec impatience ses résultats d'admission des écoles dans lesquelles elle avait postulé. Malheureusement, une fois l'attribution effectuée, l'été est déjà bien entamé et les logements se font rares à proximité de son futur lieu d'études.

Elle se souvient : “j'ai sollicité l'école pour savoir s'ils avaient des plans logements et ils m'ont parlé de leur partenariat avec Campus Vert. J'ai trouvé ça super chouette !”.

Obtenir un logement à un prix raisonnable à proximité de son école

La fédération la met en relation avec Patrick et Corinne Lhortie et la jeune femme vient visiter l'appartement, le dernier de libre, avec son père. “Je n'y croyais pas, nous raconte-t-elle, je trouvais ça hyper beau, hyper grand, hyper tout. Je me suis demandé où était le problème car ça ne collait pas avec le prix.

En effet, quand on connait le prix élevé des loyers en région parisienne, payer 460 euros (hors charge) pour un appartement de 36 m², c'est une belle affaire ! “Nos logements sont pratiquement 20% en dessous des prix du marché. Forcément, ça motive”, souligne Patrick Lhortie.

Une opération qui profite évidemment à Patrick et fonctionne comme un complément de revenu pour cet agriculteur qui dispose d'une surface de 170 hectares en culture céréalière et fait aussi de la culture maraîchère. Ce dernier estime que la location via Campus Vert lui rapporte environ 1600 euros par mois.

Créer des liens entre étudiants et agriculteurs

Mais au-delà de l'aspect financier, c'est avant tout la dimension humaine et conviviale qui rassemble la locataire et ses propriétaires. Une fois par mois, le couple organise un repas pour réunir l'ensemble des étudiants et étudiantes. “Quand je compare avec mes copines qui vivent dans des appartements classiques, je me dis que j'ai de la chance. Corinne, c'est comme une deuxième maman, on s'entend super bien”, explique Florie.

Les locataires profitent également des tous les avantages de la vie à la ferme. “On peut se servir en légumes frais, en œufs frais quand on veut, c'est top !”, rappelle-t-elle. En dehors de cela, rien ne change par rapport à une location normale. “Ils ne sont pas contre les soirées, on peut inviter famille et amis”, ajoute Florie. Seule contrainte : vivre seul. “Ils ne veulent pas que l'on se renferme si l'on est avec quelqu'un. Ils craignent qu'un couple ne brise cet esprit convivial”, poursuit-elle.

Bien qu'au départ, elle ait subi quelques moqueries de la part de ses camarades, car elle vivait “à la campagne”, Florie compte bien rester chez Patrick et Corinne jusqu'à la fin de ses études. D'ailleurs, pour cette jeune femme originaire de la Haute Loire, un département très rural, les Yvelines “ce n'est pas la grosse campagne, il n'y a pas de vaches. Pour moi, c'est presque la ville !”.