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ZÉRO-DECHET - À quel âge leur parler de gaspillage alimentaire ? Quelles activités faire avec eux pour les sensibiliser à ce problème ? Lucie Basch, fondatice de Too Good To Go, nous livre ses astuces. 

Ne pas jeter ses papiers par terre, check. Fermer le robinet quand on se brosse les dents, check. Mais quels réflexes apprenez-vous à vos enfants concernant le gaspillage alimentaire ?

"Embarquer ses enfants dès le plus jeune âge dans l'anti-gaspi, ça peut être une belle balade dans l'ère de l'éveil et de l'apprentissage", explique Lucie Basch, fondatrice de Too Good To Go, une application qui géolocalise les invendus alimentaires, à acheter à bas prix.

À l'occasion de la sortie de son nouvel ouvrage Le guide de l'anti-gaspi (Éd. LeDuc, 2019), qui fourmille de bonnes astuces et de conseils, Lucie Basch nous a expliqué pourquoi il faut que les enfants prennent goût à l'anti-gaspillage et comment faire pour y arriver !

À quel âge peut-on initier les enfants à l'anti-gaspi ?

Dès le plus jeune âge, ça peut être aussi une façon de jouer, donc dès la maternelle, quand les enfants commencent à parler et faire des choses d'eux-mêmes.

D'abord, il faut leur inculquer les valeurs du respect de la nourriture pour qu'ils prennent conscience de toute l'énergie et des ressources naturelles qui sont mobilisées pour amener une carotte jusqu'à leur assiette. Ça passe aussi par la cour de récré : s'il reste un gâteau dans le paquet, l'enfant va le donner à un copain parce que ça n'a juste pas de sens de le gaspiller.

Dans votre guide, vous proposez justement de le faire sous l'approche de jeu. Vous n'avez pas peur que l'enfant ne le prenne pas au sérieux ?

Pour moi c'est tout le contraire. En plus, si on donne à l'enfant l'idée que l'alimentation est un plaisir et un moment de partage, c'est cohérent avec la notion de jeu.

Quel est le message à faire passer ?

L'idée, c'est avant tout de réfléchir aux ressources, au travail, au temps consacrés à la production. C'est ce que l'on appelle le "sac à dos écologique". Il faut comprendre qu'une carotte dans son assiette a tout un bagage écologique dont il est bon de prendre conscience pour comprendre d'où viennent les nutriments et les savourer pleinement.

Dans le livre, on raconte notamment l'histoire d'Anne La Banane, de Gaston le Saumon ou de Ginette la Baguette, pour vraiment donner le caractère de personnages, comme à la sortie du film Némo où l'on a remarqué une plus grande attention envers les animaux. 

Finalement, il faut inviter l'enfant dans la cuisine ?

Il faut associer les enfants à la préparation des repas. On peut prendre par exemple la carotte qui sera servie râpée en entrée, on récupère les fanes pour préparer une soupe ou un pesto pour le plat. Aujourd'hui, les supermarchés enlèvent ces fanes alors qu'on peut s'en servir dans la cuisine. L'enfant pourra s'en souvenir plus tard et choisir une alimentation avec de meilleurs produits.

Et puis on peut aussi les mettre au défi d'ouvrir le réfrigérateur dans lequel on a quatre ingrédients et lui demander ce que l'on fait avec ça. C'est une très bonne alternative à la question « qu'est-ce que tu veux manger ce soir ? ». Cela permet aussi de faire marcher l'imagination de l'enfant pour trouver de bonnes associations et parfois, on a des surprises ! 

Et en vacances, on oublie tout ?

Non bien sûr, en vacances ce sont les mêmes règles qu'à la maison. Pour moi, encore une fois, tout réside dans le changement des habitudes. Il faut préparer différemment. On emmène une gourde, pour ne pas acheter de bouteille quand on a soif. Avoir une boîte dans son sac permet très facilement d'emporter les restes quand on va au restaurant. Une fois que l'on est habitué, tout devient très simple.

Les recettes du guide anti-gaspi

Voici quelques idées recettes rigolotes à faire avec vos enfants :
  • avec du pain dur : un pudding, du pain perdu, des cookies avec des miettes...
  • avec les restes du frigo : un cake fourzitou
  • avec les épluchures : des chips pour l'apéritif