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SÉCURITÉ - L'épidémie contraint les victimes à rester chez elles parfois avec un conjoint violent. Pour leur venir en aide, il existe des solutions.

Les associations le craignaient, le ministre de l'intérieur Christophe Castaner l'a confirmé : le confinement occasionne une recrudescence de cas de violences conjugales. Depuis le 17 mars, le ministère a recensé une hausse des plaintes de 32% en zone gendarmerie et 36% à Paris

Qu'elles soient physiques, psychologiques ou sexuelles, les violences au sein des couples sont interdites par la loi et peuvent avoir des conséquences graves sur la vie des victimes, dans l'incapacité de fuir en cette période de confinement. Des violences dont sont victimes 229 000 femmes par an, en moyenne, comme le rappelle le site du secrétariat d'État chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes. De nouvelles mesures ont été mises en place. 

1 - Alerter les forces de l'ordre par SMS, téléphone ou sur internet

Comme le rappelle le site arretonslesviolences.gouv.fr, les femmes victimes de violences peuvent donner l'alerte auprès des forces de l'ordre de différentes façons. En se rendant directement sur ce site, il est possible de signaler en ligne des violences sexistes et sexuelles

Pour celles qui n'ont pas accès à Internet, deux autres options. Par téléphone, il est recommandé d'appeler la police ou le 3919, un numéro qui permet de recevoir de l'aide gratuitement et anonymement. Il est géré par l'association Solidarité Femmes. 

Et depuis le mercredi 1er avril, les femmes peuvent envoyer un SMS au 114, un numéro d'urgence pour signaler les faits de violence 24h/24 sans risquer d'être entendue.

2 - Donner l'alerte en pharmacie 

Le gouvernement a mis en place un système d'alerte en pharmacie. Lorsqu'une femme victime de violences se rend dans une officine, elle peut prévenir le personnel qui préviendra ensuite les forces de l'ordre. Si elle est accompagnée de son conjoint, Christophe Castaner a expliqué qu'elle pouvait utiliser un “code” comme “masque 19”. 

3 - Des chambres d'hôtels pour éloigner les maris violents

En Seine-Saint-Denis, le département a commencé le 30 mars 2020 à financer des chambres d'hôtels dans lesquelles les conjoints violents seront obligés de résider jusqu'à la fin du confinement, nous apprend France Info. “Pour qu'une femme ait plus de chance d'être en sécurité, il faut évincer l'homme violent du domicile. C'est beaucoup plus compliqué pour une femme de partir avec ses enfants à l'hôtel”, a expliqué au site d'information Ernestine Ronai, responsable de l'Observatoire départemental de Seine-Saint-Denis des violences envers les femmes. 

Évidemment, comme l'a rappelé l'Observatoire de violences faites aux femmes, même en période de confinement, les victimes sont autorisées à fuir le domicile si elles sont en danger. Des structures d'accueil existent comme cette association de Bagnolet qui reçoit de jeunes femmes entre 15 et 25 ans. Pour trouver un hébergement, les femmes sont invitées à contacter le 115 (urgence sociale). Elles peuvent aussi prévenir la police (17) ou le numéro d'écoute, le 3919.