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INNOVATION - Une surface de la taille d'une feuille format A5 de ce papier du futur pourrait alimenter une petite ampoule LED, ou être transformé en capteur d'air.

Un papier peint qui produit de l'électricité, une utopie futuriste ? Il faut croire que nous y avons mis un pied plus vite que prévu.

Des chercheurs de l'Imperial College de Londres, de l'université de Cambridge et Central Saint Martins ont mis au point un ingénieux papier biodégradable, qui produit de l'électricité, un peu comme un panneau solaire.

Des micro-organismes transformés en encre

Comment ça marche ? Des micro-algues sont imprimées sur le papier. Celles-ci sont des micro-organismes photosynthétiques présents sur Terre depuis des milliards d'années. C'est grâce à la photosynthèse qu'elles vont produire des petites quantités d'énergie électrique.

Pour aller plus loin dans l'explicationn sachez que les chercheurs ont réussi la prouesse technique de transformer ces micro-organismes en encre. Celle-ci est ensuite imprimée sur des nanotubes de carbone électriquement conducteurs, eux aussi imprimés directement sur le papier.

© Imperial College London/ Marin Sawa

Pour l'instant, les tests ne s'effectuent que sur une petite surface. Mais les chercheurs estiment que la taille d'une feuille A5 pourra alimenter une petite ampoule LED, ou une horloge numérique. Peut-être que dans le futur, avec un tel système, nos murs fourniront assez d'électricité naturelle pour alimenter nos objets ?

Une autre utilisation : un capteur d'air biodégradable

La docteure Andrea Fantuzzi, co-autrice de l'étude à l'Imperial College de Londres explique : "Ce papier n'est pas destiné à remplacer la technologie des cellules solaires pour la production d'électricité à grande échelle. Mais plutôt pour construire des alimentations à la fois jetables et biodégradables. Sa faible puissance de sortie le rend plus adapté aux appareils et aux applications nécessitant une quantité d'énergie réduite et limitée, comme des biocapteurs".

La docteure Marin Sawa, de l'Imperial College de Londres précise : «imaginons un capteur environnemental jetable, à base de ce papier, déguisé en papier peint, capable de surveiller la qualité de l'air à la maison".

Une fois son usage terminé il pourrait être retiré et biodégradé dans le jardin, sans aucun impact sur l'environnement.

Pour le moment, ce nouveau matériau est plutôt coûteux à fabriquer, a une faible puissance et une durée de vie plutôt courte. Mais le professeur Christopher Howe de l'université de Cambridge est optimiste : "c'est une preuve de concept passionnante. Le défi consiste maintenant à fabriquer des panneaux plus puissants, durables et robustes".

Aujourd'hui, les expériences s'effectuent sur papier de la taille d'une paume de main. La prochaine étape pour l'équipe est de développer la surface d'étude, au format A4, pour déterminer la puissance électrique à plus grande échelle.

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