Ce maire veut faire inscrire le chant du coq et les bruits de la campagne au patrimoine national

CAMPAGNE - Dans une lettre ouverte remise aux parlementaires, Bruno Dionis du Séjour, maire d'un village en Gironde, demande que les bruits de la campagne soient proclamés patrimoine national. Ainsi, plus aucun habitant ne pourra s'en plaindre !

"Nous demandons que le chant du coq, l'aboiement familier du chien, la cloche de l'église, le meuglement des vaches, le braiement de l'âne et le pépiement des oiseaux soient proclamés patrimoine national", indique Bruno Dionis du Séjour dans une lettre ouverte qu'il a fait parvenir aux parlementaires au mois de mai.

L'ancien agriculteur, maire de Gajac (sans étiquette), une petite commune de presque 400 habitants, en a assez : "Arrêtons de nous épuiser avec ses mesquines gesticulations procédurières qui semblent se multiplier un peu partout en France."

Selon lui, de plus en plus de vacanciers et de néo-ruraux ne supportent pas le chant du coq ou le bruit des cloches. Le maire tient ainsi à leur opposer un argument imparable !

Classer les bruits pour sauver le patrimoine

Ces dernières années, la presse s'est faite l'écho à plusieurs reprises d'habitants excédés par les bruits du quotidien à la campagne, comme ce vacancier qui a voulu faire retarder la cloche trop matinale à son goût dans ce village de Lozère.

Le maire de Gajac n'a jamais été confronté à une plainte de la sorte, mais sa lettre se veut aussi un plaidoyer pour le monde rural dans son ensemble. "Il serait bon que le bon sens soit rappelé à chacun d'entre nous et que le rythme de la campagne et des choses aussi riches que simples qui la composent soient protégés par notre constitution", écrit-il. Que serait la campagne si tous les animaux étaient réduits au silence ?

Il défend aussi celles et ceux qui travaillent la terre et utilisent un tracteur, "et parfois même le dimanche où, lorsque certains ont la chance de se reposer, d'autres n'ont d'autre choix que de travailler", ainsi que les habitant-es qui installent un poulailler "pour répondre aux besoins de leur alimentation."

Et finalement, entendre un âne brayer, c'est quand même mieux que d'entendre ses voisins chanter toute la journée, non ?

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