Ce Français présente la première patate connectée au CES de Las Vegas et fait le buzz

INSOLITE - Innovation révolutionnaire ou canular ? Nous avons posé la question à Nicolas Baldeck, son inventeur.

On dirait le début d'un film un peu absurde à la Louis de Funès : un Français originaire de Grenoble s'envole pour le plus grand salon d'innovation technologique aux États-Unis pour présenter … une pomme de terre !

Sauf que cela n'a rien d'une fiction puisque c'est l'histoire de Nicolas Baldeck, 29 ans, qui a fait sensation au dernier CES de Las Vegas avec la toute première pomme de terre connectée. Mais attention, comme le précise son site internet, Potatoe - c'est son nom - “n'est pas une blague, c'est un vrai appareil électronique.

En effet, le tubercule 2.0 est capable, comme n'importe quel objet connecté, de répondre aux questions que l'on lui pose. “Après la brosse à dents, la machine à café, le frigo, les toilettes, il fallait rajouter à cet écosystème la pomme de terre, l'un des objets les plus universels.” Une innovation étonnante qui n'a pas manqué d'intriguer les geeks du salon américain.

Nicolas Baldeck

Après les toilettes connectées pourquoi pas la pomme de terre ?

Ce qui ressemble à un canular technophobe a pourtant été imaginé par un jeune spécialiste des objets connectés. Après avoir créé un site météo pour le parapente, le jeune homme a également effectué des missions de conseils liés aux objets connectés. “C'est vraiment mon univers, j'étais allé deux fois au CES auparavant”, nous raconte-t-il au téléphone.

Un salon impressionnant dans lequel ce Grenoblois s'est toujours étonné de la diversité des objets, pour le meilleur et pour le pire. “Il y a des choses hyper innovantes, c'est là-bas qu'on a découvert la playstation ou le DVD, mais il y a aussi des produits bullshit comme les toilettes connectées ou le tampon connecté qui vous prévient quand il est plein”, s'exclame-t-il.

Plus que le concept et l'organisation du CES, c'est la course à l'innovation que le jeune homme dénonce. “On veut connecter n'importe quoi ! On fait de l'innovation marketing, pas technologique”, s'insurge-t-il.

S'interroger sur l'utilité des objets connectés et leur impact écologique

C'est ainsi qu'est né le projet Potatoe, une performance artistique pour pousser les personnes à s'interroger sur l'utilité des objets connectés. Mais alors comment fonctionne-t-elle ?

Le bidouilleur a mis au point une carte électronique, qui ressemble à un “couteau avec une antenne”, qu'il plante à l'intérieur de la pomme de terre. “On vient mesurer les champs électroniques à l'intérieur de la patate. Et grâce à une intelligence artificielle, on va transformer ces signaux en Bluetooth pour pouvoir poser une question à la patate”, indique Nicolas Baldeck. Quelle que soit votre question, la pomme de terre vous répond : “oui, peut-être, non, je ne sais pas”. Pratique pour régler vos problèmes existentiels, limité si vous recherchez un peu de compagnie. 

Une critique de la novlangue marketing

L'inventeur est allé encore plus loin, puisqu'il met en vente sur une plateforme participative 1000 appareils - les fameux couteaux/antennes - pour donner vie aux tubercules au prix d'ami de 26 euros. Pour convaincre le grand public, Nicolas Baldeck a réalisé une vidéo parodique, avec une jolie musique façon “je vais changer le monde”, où l'on apprend que cette patate est “le fruit de recherches intenses, dont des semaines de traitement du cloud et des térabytes de formation au big data”. Si ça ne veut rien dire, c'est normal, c'est une critique de la novlangue marketing.

Une performance qui a tout de même coûté la modique somme de 5000 dollars au Grenoblois à cause du prix de la place au salon, des frais liés au voyage et des documents marketing. Mais Nicolas ne souhaite pas que l'on s'attarde sur l'argent dépensé et préfère que l'on se penche sur le message : l'accumulation de ces objets “plus ou moins utiles” et leur impact écologique.

Malgré cela, la Potatoe a intrigué les visiteur-ses du CES de Las Vegas. “C'était la sensation de l'année”, assure-t-il. Bien qu'il se souvienne avoir bien ri pendant le salon, la démarche n'était pas complètement désintéressée. “Je vais vendre la patate aux enchères, c'est la plus connue au monde”, nous-glisse-t-il. Et d'ajouter : “Sur un malentendu ça peut marcher !”. On commençait avec Louis de Funès, on finit donc avec les Bronzés.

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