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TRAVAUX - Cette maison des années 30 était pleine de charme mais trop petite pour cette famille, qui s'est lancé le défi de l'agrandir. Avec une ligne de conduite : utiliser le plus de matériaux écolos possibles.

Architecte, Karine Lévy souhaitait passer de l'autre côté du chantier : plus seulement concevoir et guider les artisans, mais aussi expérimenter la construction. Elle a donc décidé, avec son conjoint, de faire un maximum de travaux elle-même pour rénover leur maison, en Seine-Saint-Denis, même s'il a fallu faire appel à des professionnels pour certaines étapes.

"Après avoir vécu quelques années dans la maison pour la comprendre, l'explorer, la connaître, nous avons décidé d'ajouter un étage en hauteur", raconte Karine Lévy. Le projet était ambitieux : surélever cette petite maison des années 30 pour passer de 73 m² à 120 m².

La construction se devait pourtant d'être légère et conserver le maximum de l'existant, car il était impossible d'apporter des moyens de levage ou un camion pour apporter des matériaux et déblayer, la maison se trouvant au bout d'un passage privé de 1,40m de large et de 40m de longueur.

En plus de leur faire économiser une belle somme, l'autoconstruction leur a permis d'avoir entièrement la main sur le choix des matériaux. Le chantier a donc été écologique de bout en bout, ce qui lui a valu d'être parmi les projets de bâtiments écoresponsables pré-selectionnés pour le Off du développement durable 2019.

Fiche de chantier

Ouvriers

Artisans + autoconstruction

Durée des travaux

6 mois

Budget

70 000 € (entreprises) et 35 000 € (autoconstruction)

Assainir la maison pour plus de confort

Le rez-de-chaussée de cette maison est semi-enterré. Durant les premières années d'occupation, il a fallu assainir l'existant, car il y avait beaucoup d'humidité dans les murs.

Maison de ville avant la surélévation Karine Lévy
La maison avant les travaux. © Karine Lévy

Karine Lévy et son conjoint ont donc enlevé tous les doublages intérieurs pour les remplacer par des panneaux de liège expansés, recouverts d'un enduit à la chaux, pour laisser respirer les murs et permettre à l'humidité de s'évaporer.

Une VMC (ventilation mécanique contrôlée) a été installée pour renouveler en permanence l'air intérieur.

cuisine après les travaux maison de ville Karine Lévy
© Karine Lévy

Un voisin et ami menuisier a réalisé deux escaliers en bois, l'un descendant vers le rez-de-chaussée semi-enterré, l'autre accédant aux combles et à la future surélévation.

Autres travaux réalisés avant le grand chantier : les dalles de béton dans le jardin ont été remplacées par des pavés de grès et de granit récupérés dans les poubelles des espaces verts de la ville, pour rendre le sol perméable.

Se lancer dans un grand chantier en autoconstruction

Karine Lévy a fait appel à 4 entreprises pour les travaux qu'ils ne pouvaient pas réaliser eux-mêmes :

  • une entreprise de maçonnerie pour surélever les murs en briques creuses isolantes,
  • une entreprise pour l'ossature bois et la charpente et l'isolation extérieure en fibre de bois,
  • un couvreur,
  • une entreprise de menuiserie extérieure pour les fenêtres.

Une ossature bois a donc été posée autour et au-dessus d'une pièce qui s'avançait au niveau du rez-de-chaussée, pour construire à cet endroit deux étages supplémentaire.

chantier surrélévation maison de ville Karine Lévy
© Karine Lévy

Les anciens combles ont aussi été surélevés pour constituer un nouvel étage habitable à part entière.

chantier surrélévation vue d'ensemble maison de ville Karine Lévy
© Karine Lévy

Karine Lévy et son conjoint ont fait tout le reste : la dépose de la toiture existante et le renforcement du plancher, la pose des cloisons et de l'isolant intérieur, la pose du bardage en douglas, façonné selon leur dessin dans une scierie, la plomberie, l'électricité, les finitions...

Tous les deux ont appris sur le tas, mais aussi sollicité des amis et le père de Karine Lévy, artisan en rénovation, pour les aider. "On a voulu faire un chantier convivial, on faisait des grands repas à midi pour tout le monde", raconte l'architecte.

Un bon souvenir, même si les trois mois du chantier en autoconstruction ont été intenses. "Quand j'ai des clients qui me disent qu'ils veulent faire les travaux eux-mêmes, maintenant je les avertis que c'est vraiment fatigant, ajoute Karine Lévy. Surtout quand on habite dans la maison pendant les travaux, on y laisse quelques cheveux blancs."

après les travaux surrélévation maison de ville Karine Lévy
© Karine Lévy

Un projet d'architecture frugale

"L'architecture frugale est une architecture qui a moins d'impact sur l'environnement, explique Karine Lévy. On essaie de réutiliser ce qu'on peut et de perturber le moins possible ce qui existe déjà."

Cloisons intérieures en panneaux Fermacell, plus écologiques que le placoplatre BA13, isolation en laine de bois, peintures minérales... chaque fois que cela a été possible, l'architecte a privilégié des matériaux écologiques.

après les travaux surrélévation maison de ville Karine Lévy
© Karine Lévy

Les radiateurs sont de seconde main, tout comme le parquet. L'ancienne chaudière a été conservée : elle ne sert désormais que pour le chauffage, car des panneaux solaires thermiques ont été installés pour l'eau chaude sanitaire.

intérieur après les travaux surrélévation maison de ville Karine Lévy
© Karine Lévy

Aujourd'hui, la maison est beaucoup plus confortable et lumineuse. "Plus on monte et plus on découvre des vues vers le lointain, la maison semble organisée autour de l'arbre du jardin. On est vraiment bien parce que c'est beau, si on a de la beauté, on a aussi du confort", analyse l'architecte.

Pourquoi pas se lancer dans un nouveau projet d'autoconstruction dans quelque temps... Ce sera sans doute une maison en paille, un mode de construction auquel se forme Karine Lévy aujourd'hui !

Pour joindre Karine Lévy pour des projets professionnels klevy.architecte@gmail.com.

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