Un couple de néo-ruraux prié de quitter leur tiny house par le maire de leur village

MINI-MAISON - Selon la mairie de Marcy-sur-Anse, la tiny house de Camille et Adrien ne respecte pas le plan local d'urbanisme en zone agricole.

Dans l'imaginaire collectif, la tiny house est synonyme de liberté. Pourtant, en France, la législation qui encadre son occupation reste complexe et soumise à un permis d'aménager ou de construire.

Un couple de néo-ruraux, installé dans le village de Marcy-sur-Anse (Rhône), en paie le prix puisque le maire de la commune accuse leur tiny house de ne pas respecter le plan local d'urbanisme. Depuis juin 2020, ils sont priés de quitter les lieux, nous apprend le journal Le Monde.

Les problématiques de l'habitat léger permanent en France

Camille et Adrien, deux ingénieurs d'une trentaine d'années, ont fait le choix de quitter Lyon pour s'installer à la campagne, dans le Beaujolais, à trente kilomètres de la métropole. Pour vivre une vie écolo et mobile, ils optent pour une tiny house qu'ils installent sur un terrain acheté à Marcy-sur-Anse, raconte Le Monde.

Seulement, l'aventure prend fin pour le jeune couple et leurs deux enfants, le 2 juin 2020 : dans un courrier, la mairie les oblige à quitter les lieux sous peine de poursuites. "On voulait une vie tranquille, sans embêter personne, aujourd'hui, on a du mal à dormir. On ne sait pas comment tout cela va se terminer. Le retour dans le monde rural, ce n'est pas une partie de plaisir quand on se heurte à des mentalités fermées", a expliqué Camille au journal qui leur consacre un article.

Le problème : la tiny house de 2,5 mètres sur 6 mètres ne respecte pas le plan local d'urbanisme en zone agricole. "On a refait le PLU en 2016, ça nous a coûté 55 000 euros, je suis là pour faire respecter la loi", a précisé Philippe Soler, le maire de la commune, soucieux de préserver l'identité visuelle de ce village en pierres dorées. Car la loi ALUR de 2014 donne au maire le pouvoir d'autoriser ou non, l'installation d'une tiny house sur un terrain privé.

Pourtant, le couple assure que la maison n'est pas visible depuis la route et que leur habitat mobile respecte les dimensions légales. Camille et Adrien avaient d'ailleurs choisi ce terrain de 35 000 m2 puisqu'une villa y était déjà construite. Le maire répond que le couple savait que ce genre d'habitat était interdit et qu'ils ont délibérément choisi de passer outre.

En France, l'habitat léger permanent est régulièrement victime des plans locaux d'urbanisme et des décisions de la mairie. Dans le Doubs, Xavier Marmier se bat depuis plusieurs années pour continuer de vivre dans sa cabane dans les arbres, alors que le maire tente de le déloger.

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