Un centre pour soigner le burn out : "On ne peut pas rester sur son canapé en regardant des séries"

SANTÉ - Rachel Liu et Virginie Perrot Thomas vont inaugurer en 2022 le premier centre de ressourcement pour les victimes du burn out.

En France, environ 30 000 personnes sont touchées par l'épuisement professionnel, que l'on connaît aussi sous le nom de burn out. Un syndrome grave qui peut avoir des conséquences à la fois physiques et psychologiques sur ses victimes.

Mais problème : ce mal, de plus en plus répandu, n'est toujours pas considéré comme une maladie professionnelle et il est souvent difficile d'obtenir le traitement adéquat. Les salariés qui ont fait un burn out se voient souvent contraints de retourner travailler alors que rien n'a été réglé.

Rachel Liu, entrepreneuse et co-fondatrice d'Human Tempo confirme : “Quand on fait un burn out, on va voir un médecin qui nous dit de rester chez nous le temps qu'il faut. Mais c'est une vraie pathologie, on ne peut pas juste rester dans son canapé en regardant des séries et retourner au travail comme si de rien n'était.

À cause d'une mauvaise prise en charge du burn out : 50% de rechute

C'est après avoir fait elle-même deux burn out que cette cheffe d'entreprise, diplômée d'HEC, a eu l'idée de créer il y a deux ans, avec Virginie Perrot Thomas, Human Tempo, une structure qui accompagne les personnes victimes d'un épisode d'épuisement professionnel. Pour pallier une prise en charge inexistante ou inadaptée, les deux femmes ont voulu proposer des solutions pour aider les salariés épuisés à “retrouver confiance en eux et à avoir des clés pour retourner au travail de manière sereine”, rappelle Rachel Liu.

Pour éviter la rechute (elle est de 50% aujourd'hui), les fondatrices d'Human Tempo ont mis au point une formule résidentielle dans un écolieu. “On ne peut pas s'en sortir en prenant un rendez-vous par-ci par-là. Il faut venir dans un endroit où l'on s'occupe de vous, où l'on se consacre entièrement à restaurer votre énergie. Cela demande une grande disponibilité”, précise l'entrepreneure.

Dans ce centre où elles disposent d'une chambre individuelle avec une salle de bains, les victimes de burn out viennent exclusivement en pension complète, pendant 5 jours. L'accompagnement est psychologique évidemment, pour comprendre les mécanismes qui mènent à l'épuisement, mais aussi physique puisque de nombreuses activités de bien-être sont proposées aux salariés épuisés : cours de yoga, sophrologie, méditation, massages, promenades en forêt. Des temps d'échanges collectifs sont prévus avec les autres participants pour échanger sur leur vécu et leur parcours.

Le prix ? 1200 euros. Une somme importante mais qui comprend également quatre semaines de suivi. “Il est important qu'on ne les lâche pas dans la nature”, précise Virginie Perrot Thomas, qui est également sophrologue.

Un château pour accueillir et accompagner les salariés épuisés

Les deux fondatrices ont acquis il y a peu un château en Bourgogne pour y créer ce premier centre de ressourcement pour les salariés victimes de burn out en France. Une ancienne colonie de vacances qu'il va falloir rénover entièrement en créant des salles de bains individuelles notamment, ou en créant un accès pour les personnes handicapées. “Un château c'est valorisant en plus. Cela aide à reconstruire l'image qu'ils ont d'eux-même, ils apprennent à mériter d'être bien traités”, souligne Rachel Liu.

Depuis que des millions de salariés se retrouvent en télétravail à cause du confinement, le risque de travailler davantage et de s'épuiser à la tâche n'a jamais été aussi grand. Alors quels sont les signes d'un début de burn out ? “Le premier signe c'est la fatigue. On est constamment fatigué, on a du mal à se lever. Puis le second, c'est l'irritabilité. Avec le télétravail cela peut porter sur sa famille, ses enfants, son conjoint”, rappelle l'entrepreneure. Et pour finir, les signes physiques. “Tiens c'est bizarre je ne sors pas de ce rhume, j'ai mal au dos. Le problème c'est que les gens n'interprètent pas cela comme un signe de stress, ils attribuent ça a autre chose”, ajoute Rachel Liu.

En attendant que le château bourguignon ne soit ouvert au public en avril 2022, Human Tempo propose des stages dans son écolieu ou en ligne sur son site !

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