Témoignage : Comment adopter un animal les a aidés à affronter le confinement

HAPPY-FRIENDS - Sarah et Victor ont recueilli Kefta le chat, Manon a adopté Chouquette et Minie, deux cochons d'Inde. Il et elles nous racontent leurs expériences !

Pour traverser cette période difficile qui réfrène notre quotidien depuis maintenant plus d'un an, certains sont devenus des chefs en cuisine, quand d'autres se lancent des défis écolo sur les réseaux sociaux. Et puis il y a celles et ceux qui ont décidé d'accueillir un nouvel habitant dans la maison. Pas un enfant, ni même un nouveau coloc, mais bien un animal de compagnie.

Une démarche encouragée notamment par la SPA (Société Protectrice des Animaux). L'association avait lancé, pendant le premier confinement, l'opération Adoption Solidaire, qui a permis de trouver 2000 familles d'accueil pour leurs réfugiés, en un mois seulement.

Manon, Sarah et Victor ont décidé eux aussi d'adopter un animal. Leurs nouveaux compagnons les ont-ils aidés à surmonter cette période d'isolement social ? Comment leur relation a-t-elle évolué au moment du déconfinement ? Ils nous racontent !

Adopter un animal pour surmonter la solitude ou la dépression

Retournée vivre dans l'appartement familial pendant le premier confinement, Manon, étudiante, appréhendait la solitude à l'annonce du second. “J'allais de nouveau être seule avec ma mère, sans pouvoir voir mes amis ou sortir.” Les journées sont longues et s'enchaînent, Manon manque de compagnie et d'une activité qui lui remonte le moral. Alors en décembre dernier, la jeune femme de 22 ans saute le pas et adopte deux cochons d'Inde femelles, Chouquette et Minie. “J'avais envie d'avoir des animaux à cajoler. Comme j'étais à la maison tout le temps, c'était vraiment le bon moment !” Depuis, elle est ravie d'avoir ses deux petites boules de poils à la maison, qui l'ont aidé à traverser les périodes compliquées.

© Manon

Pour beaucoup de personnes isolées, adopter un animal a permis de combler un certain manque affectif. Ce que confirme le docteur Eric Trenel, fondateur du site de conseils vétérinaires Conseils-veto.com : “L'animal permet d'avoir un lien presque social avec un être vivant, mais aussi d'avoir un contact physique, alors qu'on ne peut pas forcément s'embrasser ou se toucher entre humains.”

Le spécialiste va plus loin : “dans certains cas, l'animal peut même avoir un effet positif sur les personnes déprimées voire dépressives”. Une étude publiée dans le Journal of Psychiatric Research démontre ainsi qu'adopter un animal de compagnie pourrait soulager les personnes souffrant de dépression grave, remplaçant ainsi les antidépresseurs. Un constat intéressant, lorsque l'on apprend que 20 % des Français souffrent d'un état dépressif depuis le début de l'épidémie selon une enquête menée par Santé Publique France en mars 2021.

Apprendre à gérer ses émotions avec un animal

Sarah et Victor, 27 ans, ont vécu le premier confinement dans leur deux pièces parisien. Les journées sont longues et stressantes pour le couple. Et puis au mois de mai 2020, une de leurs amis leur envoie, un peu par hasard, une photo des chatons qui viennent de naître chez ses grands-parents, et qui seront bientôt disponibles à l'adoption. Pour Sarah, c'est l'électrochoc. La photo des petites boules de poil qui dorment dans la paille devient une obsession, pour elle qui s'était toujours dit qu'elle adopterait un chat. Le couple est souvent à la maison, il pourra s'occuper du chaton comme il faut. “Tout était réuni pour transformer un fantasme en projet concret". Après avoir pesé le pour et le contre dans tous les sens, ils se décident : Kefta, la petite chatonne tigrée, rejoint leur foyer quelques semaines plus tard.

© Sarah

Depuis l'adoption, Sarah observe la différence, notamment sur la gestion de ses émotions. “Avant, je faisais du yoga pour me détendre. Aujourd'hui, j'ai juste à passer un peu de temps avec Kefta pour me sentir mieux. D'ailleurs, quand elle était petite, elle avait comme un sens développé pour ça : lorsque je ne me sentais pas très bien, elle venait spontanément s'installer sur moi”. L'animal répond à un besoin émotionnel plus prégnant que jamais, approuve le docteur Trénel. Et il permet aussi de mettre fin aux tensions du foyer ! “Parfois, on boude chacun de notre côté, et puis on voit Kefta faire quelque chose de rigolo, on se retrouve ensemble attendris devant elle, et notre querelle s'envole très vite”, sourit Sarah.

Adopter un animal, un choix réfléchi

Si les différents confinements ont précipité l'adoption chez nos interviewés, il n'en reste pas moins que leur décision fut mûrement réfléchie. Comme le rappelle le Docteur Trénel, on n'accueille pas un animal à la maison sur un coup de tête. “Ce sont des êtres vivants qui ont besoin d'attention et de soins. C'est une responsabilité qui présente des contraintes.” Comme un nouveau membre de la famille, si vous souhaitez adopter un animal, c'est pour le long terme !

Manon, par exemple, a dû quitter le domicile familial pour faire un stage dans une autre région. Évidemment, elle s'est mise d'accord avec sa mère pour la garde des petits animaux, le temps de son obligation professionnelle. Sarah et Victor, eux, s'arrangent pour être le plus souvent à la maison possible pour voir grandir la petite Kefta.

Retrouvez nos conseils pour accueillir un chaton !

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