Soeurs et blogueuses zéro déchet : Claire et Camille ont concilié famille et engagement écolo

ÉCOLO - Leur blog C l'air du temps est une référence dans le milieu du zéro déchet en France. Nous avons rencontré Camille, l'une de ses fondatrices.

Nombreux-ses sont celles et ceux qui se demandent comment convaincre son conjoint, ses enfants ou ses proches quand on se lance dans le zéro déchet. Mais comment cela se passe-t-il quand deux sœurs ont la révélation écolo au même moment ?

Dans la famille de Claire et Camille, deux sœurs toulousaines, cela donne un blog à succès spécialisé dans le zéro déchet, C l'air du temps. Bonnes adresses écolos, articles pour intégrer le zéro déchet dans la vie de tous les jours, lutter contre le gaspillage alimentaire mais aussi plastiques, le site de ces deux passionnées est un guide complet de ce qu'il faut savoir pour se lancer.

Et surtout, de faire gagner du temps aux lecteurs et lectrices, comme nous le rappelle Claire, 37 ans : “L'objectif était de partager nos avancées et nos échecs, pour permettre aux gens de ne pas perdre du temps avec des choses qui ne fonctionnent pas pour aller directement au but.”

“On pensait qu'on allait intéresser les 50 copains de nos parents”

Pourtant, quand elles lancent le blog, fin 2016, les deux Toulousaines n'ont pas pour ambition de rayonner, leurs articles s'adressent dans un premier temps à leur entourage. “On pensait qu'on allait intéresser les 50 copains de nos parents !”, s'amuse Claire.

L'idée de partager avec les internautes leurs avancées est venue naturellement au cours d'une conversation alors qu'elles expérimentent le zéro déchet depuis plus d'un an. Leur déclic est venu au même moment, mais les motivations des deux sœurs sont différentes.

Camille, qui travaille dans la restauration à l'époque, s'indigne du gaspillage alimentaire et un voyage en Afrique lui fait prendre conscience “qu'on envoyait nos déchets ailleurs que chez nous”, précise sa sœur. Du côté de Claire, c'est la grossesse puis la maternité qui provoquent le déclic : “on est plus tout seul, on réfléchit à ce que l'on met sur sa peau, à ce que l'on mange qui peut affecter quelqu'un d'autre que nous.

Maternité, gaspillage alimentaire et la famille zéro déchet

Une fois la prise de conscience établie, Claire et Camille commencent leur aventure zéro déchet de manières différentes. “Camille, qui avait développé des allergies à la lessive et à d'autres produits cosmétiques, s'est lancée dans les recettes maisons tandis que moi, ce sont les déchets dans ma poubelle qui m'ont frappé”, raconte Claire.

Côté documentation, Claire évoque la Famille Zéro Déchet, alors que Camille, elle, se fie davantage aux publications de Béa Johnson. Pourtant, comme dans la vraie vie, les premiers pas dans le zéro déchet ont été pour le moins éprouvantS, rien à voir avec un livre. “J'ai tout fait en même temps ! Je ne recommande absolument pas, la charge mentale est hyper importante”, se souvient Claire.

Malgré cela, le premier effet visible de cette nouvelle vie écolo a été rendu possible grâce au compostage. “Rien qu'en compostant ses déchets, on réduit de 30 à 40% la taille de sa poubelle. Au lieu de la sortir une fois par jour, on ne la sort qu'une à deux fois par semaine”, explique-t-elle.

Les deux sœurs recommandent cependant de ne pas suivre leur exemple en voulant tout faire en même temps. “On conseille de prendre une thématique ou une pièce qui nous tient à cœur. Si j'aime prendre soin de moi, je commence par la salle de bains en triant mes cosmétiques, en réduisant mes objets, en mutualisant. Ça peut être une porte d'entrée”, rappelle Claire.

Bien que les deux sœurs soient à l'initiative de cette transition zéro déchet, la cellule familiale de Claire a suivi le mouvement. “Ma fille qui est à l'origine du déclenchement a grandi là-dedans. Quand elle a besoin de quelque chose, elle dit qu'on pourrait demander à papy de regarder Emmaüs. Si j'avais eu un ado, ça aurait été différent”, souligne-t-elle.

“Produire zéro déchet me paraît quasi impossible”

En parallèle, le blog prend de l'ampleur et leur influence grossit sur les réseaux sociaux. À ce jour, Claire et Camille comptent plus de 30 000 followers sur Instagram. Ce qui devait être une activité bénévole nécessite aujourd'hui 15 à 20h de travail hebdomadaire. Camille a fait le choix de garder son emploi alors que Claire, elle, a abandonné son métier d'architecte pour se lancer à plein temps dans cette mission zéro déchet. S'est alors posée la question de la monétisation du blog, provoquant un vrai cas de conscience chez les deux femmes.

Quand on commence à avoir du monde qui nous suit, on est vite abordé par des marques pour promouvoir tel ou tel produit, et on peut être tenté d'être rémunéré à tout va”, relate Claire. Les sœurs zéro déchet acceptent mais à condition que les partenaires commerciaux correspondent à la manière dont elles envisagent la consommation : sobre et éthique.

4 ans après le début du blog, sont-elles devenues des écolos irréprochables avec une maison 100% zéro déchet ? Pas du tout, répond Claire et c'est assumé : “Aujourd'hui, ne produire zéro déchet me paraît quasi impossible. Le zéro déchet c'est une porte d'entrée vers une conscience du monde plus aiguë, que nos actes du quotidien peuvent avoir un impact sur notre environnement, le vivant, la biodiversité.

Chez Claire, la poubelle de 20 litres est sortie tous les 4 mois. “On est loin du bocal de Béa Johnson”, s'exclame-t-elle, mais c'est déjà pas mal. Parmi les gestes du quotidien, il y a bien évidemment la réduction des déchets mais aussi le fournisseur d'électricité verte, consommer de la seconde main et privilégier le don.

Le confinement et l'épidémie ont remis l'utilisation du plastique et de l'usage unique sur le devant de la scène, Claire recommande de ne pas baisser les bras. Pareil pour les fêtes de fin d'année où le gaspillage et les emballages explosent. “Optez pour une consommation locale, revenez à la proximité. Pour les cadeaux, essayez de faire des listes, cela permet d'éviter les présents inutiles en privilégiant des cadeaux immatériels ou des expériences”, conclue-t-elle.

Ce site utilise Google Analytics.