Robin a vécu plus d'un an dans le village de tiny house en Bretagne, il nous raconte son expérience

TINY - Dans le Ty Village de Saint Brieuc, Robin, 25 ans, a été le premier locataire. Il revient sur un an et demi de vie dans ce cadre atypique.

Lors de notre visite au Ty Village de Saint Brieuc, l'un des premiers villages de tiny houses de France, nous avons fait la connaissance de Robin autour d'un barbecue. Alors étudiant, il avait fait le choix de s'installer dans une petite maison sur roues. Il nous avait ouvert les portes de sa maison surnommée Susy et nous avions été frappé de voir que sa vie à l'intérieur ne différait en rien du quotidien d'un jeune dans un studio classique.

Arrivé en septembre 2019, il a quitté depuis peu le village breton pour suivre une formation dans une autre ville. Après un an et demi passés dans ce cadre étonnant, nous avons eu envie de savoir comment il avait vécu l'expérience dans une mini-maison posée sur une remorque.

Vivre à bord d'une tiny était un rêve pour le jeune homme, aujourd'hui âgé de 25 ans. “Mais ça me paraissait inaccessible”, confie-t-il aujourd'hui. En arrivant à Saint Brieuc, il cherche un logement étudiant dans la résidence qui jouxte le village. “Quand j'ai vu les tiny houses, je me suis dit qu'elles devaient être toutes prises”, se souvient Robin. Par chance, aucune tiny du Ty Village fondé par Aurélie Moy n'est louée à cette époque. Aurélie nous avait fait visiter le village, la vidéo est juste là :

Un logement minimaliste et écolo en accord avec ses convictions

Le jeune homme n'hésite pas une seconde. “C'était la deuxième fois que j'en visitais une, je savais à quoi ça ressemblait”, explique-t-il. Et les 17 m² de ce logement sur roues ne l'effraient pas, bien au contraire. “Je cherchais quelque chose de minimaliste, de simple, sans trop de chichi”, nous raconte-t-il.

Sans oublier que cette habitation correspond à ses aspirations et convictions écologiques.  “J'ai fait des études dans l'environnement. Je fais attention à mon impact, mon mode de vie. Pour l'habitation, avec les besoins que j'avais, ce qui correspondait le mieux c'était une tiny house”, souligne Robin.

Côté budget, la location de la tiny house lui coûte 479 euros par mois. Et tout est compris : eau, électricité, internet et autres taxes. “C'est un logement conventionné, alors on a le droit aux APL, c'est intéressant”, précise-t-il.

À l'intérieur de la tiny house, l'adaptation se fait facilement. Robin apprend à être ordonné, pas le choix quand on vit dans un petit espace. “C'est un défi de tous les jours. Dès que ce n'est pas rangé, on a l'impression que c'est le bazar, il faut composer l'intérieur comme un jeu de Tétris”, rappelle l'étudiant.

© Robin Clery

Des moments partagés mais pas de vie communautaire pour autant

Du côté du village, l'ambiance est chaleureuse mais pas d'esprit communautaire à proprement parler. Il raconte : “Il y a une partie des habitants qui souhaitent rester dans leur cocon, qui ne cherchent pas le contact avec leurs voisins. Et une autre partie, qui a envie de créer un esprit de solidarité et des projets à développer.

Appartenant à cette deuxième équipe, Robin regrette l'absence d'espaces communs sur le Ty Village pour impulser une dynamique de groupe. “Pour créer du lien, on doit aller chez l'un ou l'autre. Ça peut être un frein car une tiny ce n'est pas très grand”, précise-t-il.

Et comme la majorité des villageois sont des étudiants qui ne restent pas au-delà de l'année scolaire, difficile de mettre en place l'équivalent d'un éco-village quand on ne peut pas se projeter sur le long terme.

Malgré cela, Robin est parvenu à créer avec Aurélie, la fondatrice, un jardin en commun. “On a monté une association de jardin partagé pour créer du lien social en dehors du Ty Village, pour s'inscrire dans le quartier”, explique-t-il. Une fierté pour le jeune homme, les événements organisées par l'association ayant bien attiré les curieux du quartier.

Un rempart contre la solitude du confinement

En revanche, s'il y a bien une chose que Robin ne regrettera pas, c'est l'humidité des tiny houses. “Je suis tombé sur un hiver, cela faisait 20 ans qu'il n'avait pas plu autant. À l'époque les tiny étaient installées sur un terrain provisoire. Toutes les eaux qui sortaient de la tiny se déversaient sous le terrain. J'étais sur un marécage. Dès que le soleil sortait, l'humidité s'infiltrait dans la maison”, se remémore-t-il.

Néanmoins, Robin a apprécié le côté décalé de ce mode de vie. “On était en pleine ville et on pouvait se croire en campagne. On faisait de grands feux au milieu des maisons, des barbecues”, ajoute-t-il.

Cela lui a permis de mieux vivre les confinements du mois de mars et novembre 2020. “J'avais une vue sur le jardin, je n'avais pas la sensation d'étouffer. Avoir mes voisins juste à côté, ça m'a aidé à traverser cette période de solitude. Quand il faisait beau, on se voyait à l'extérieur, en respectant les gestes barrières”, souligne-t-il.

Depuis qu'il a quitté Saint Brieuc pour Lorient, où il suit une formation d'ambulancier, Robin vit chez ses parents. En septembre, il s'installera avec sa copine, mais pas dans une tiny house. “Ce n'est pas son truc, elle a besoin de plus d'espace”, assure-t-il. À quoi ressemblera son futur logement ? “Une maison à rénover à la campagne, proche de la ville”, voire même, une earthship, une maison construite avec des matériaux de récupération ! Affaire à suivre.

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