Qu'est-ce qui différencie un potager bio d'un jardin en permaculture ?

NE PLUS SE PRENDRE LE CHOU - Vous voulez cultiver un potager écolo, mais qu'est-ce que cela veut dire au juste ? Ne plus utiliser de pesticides et d'insecticides chimiques ne suffit donc pas ?

Voilà quelques années que vous entendez parler de permaculture. Vous avez beau vous renseigner sur le sujet, vous n'êtes toujours pas sûr-e de bien comprendre ce dont il s'agit. Et surtout, en quoi un jardin cultivé selon les principes de la permaculture se différencie-t-il vraiment d'un jardin bio ?

Vous n'êtes pas les seuls à vous poser la question. "Les gens me disent, « moi je prends soin de mon sol, je paille, j'accueille les crapauds... Je ne comprends pas ce que je dois faire de plus ? » En réalité, c'est bon, il ne faut pas forcément faire quelque chose de différent, nous rassure Pascal Aspe, formateur au centre écologique Terre Vivante. Sauf qu'un jardin bio, c'est une approche centrée sur le jardin, alors que la permaculture est une approche globale."

"La permaculture est une philosophie"

"La permaculture est une méthode de conception, d'aménagement, de planification mais aussi d'organisation de systèmes économiques viables, écologiquement soutenables et socialement équitables", nous expliquait Agathe Roubaud co-présidente de l'Université Populaire de Permaculture, dans un précédent article.

L'idée est d'observer son environnement, le comprendre et l'utiliser au mieux, pour produire un maximum de choses utiles avec le moins d'énergie et de ressources possibles.

C'est pourquoi cela pourrait être "une vraie définition du développement durable", selon Pascal Aspe. "La permaculture n'est pas une technique de jardinage, ajoute-t-il. On peut l'appliquer au jardin, mais aussi à la médecine, à l'industrie ou au transport."

La permaculture au jardin : optimiser l'espace

Concrètement, les jardiniers bios et ceux qui se réclament de la permaculture auront les mêmes bonnes pratiques : respecter le sol, utiliser du paillage, bannir les intrants chimiques, économiser l'eau, associer des plantes qui se protègent les unes les autres...

Il y a cependant une notion en plus avec la permaculture : le "design permaculturel", autrement dit l'organisation de l'espace. Il s'agit de placer au plus près de la maison les cultures qui nécessitent le plus d'entretien, et au fond du jardin celles que l'on ne visite que rarement.

Cela permet d'économiser de l'énergie, et en l'occurrence la vôtre ! Vous ferez moins d'allers-retours pour arroser par exemple. "Prendre soin de la nature, de la terre, le jardinier bio le faisait déjà, là on va aussi prendre soin de soi", précise Pascal Aspe. Avant de nuancer : la permaculture n'a rien inventé sur ce point, elle a simplement formalisé : "Quand votre grand-père mettait l'étable sous sa maison, pour que les vaches réchauffent le salon, c'était du bon sens paysan. Maintenant, on appellerait ça de la permaculture."

Pas de complexes, donc, il n'est pas obligatoire d'étudier la permaculture pour bien faire les choses au jardin. La bonne question à se poser pour Pascal Aspe est la suivante : ce que je fais est-il utile, et est-ce que cela ne nuit pas ? Un bon guide, au jardin et dans la vie en général !

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