Dans les années 70, ce livre décrivait ce qu'il fallait faire pour vivre dans un monde parfaitement écolo

FUTUR - Ecotopia d'Ernest Callenbach décrit avec 45 ans d'avance toutes les mesures écolos que nous tentons de mettre en place aujourd'hui.

À quoi ressembleraient nos villes ou nos pays si nous appliquons strictement un mode de vie écolo irréprochable ? La réponse se trouve dans le roman de l'écrivain américain Ernest Callenbach, Ecotopia (Ed. Rue de l'échiquier) publié en 1975. Cette “utopie optimiste” raconte l'histoire d'Ecotopia, une nation née dans les années 80 après que les états du Washington, de l'Oregon et de la Californie aient fait sécession des États-Unis afin de créer une société écologique radicale.

L'auteur nous immerge dans ce pays imaginaire grâce aux articles d'un journaliste américain, William Weston à qui Ecotopia a accepté d'ouvrir ses frontières. Le New-yorkais nous livre ses impressions sur tous les aspects de ce monde nouveau qui s'offre à lui. Mais le plus étonnant, c'est que ce livre est une bible de toutes les mesures que nos sociétés modernes tentent aujourd'hui de mettre en place. Moins de voitures, nature en ville, recyclage des déchets, DIY et low tech : tout était déjà dans le roman de Callenbach, 40 années auparavant.

Véritable mode d'emploi pour réussir la transition écologique à grande échelle, Ecotopia fait surtout prendre conscience du retard pris et du chemin qu'il nous reste à faire. Petit tour d'horizon des grands principes qui régissent cette utopie écolo.

Moins de béton, plus de plantes : une ode à la nature en ville

La végétalisation des villes est aujourd'hui un défi d'urbanisme majeur pour faire face au réchauffement climatique notamment et préserver la biodiversité. La ville de Paris ambitionne de planter 170 000 arbres dans les prochaines années.

Pourtant, dans les années 70, à l'apogée du béton et de la voiture, Ernest Callenbach imaginait déjà une atmosphère bucolique dans les rues de San Francisco. Fait notable, les Écotopiens ont ramené au niveau du sol les ruisseaux de la ville. Il écrit : “On peut aujourd'hui admirer (...) une charmante succession de petites cascades qui gazouillent parmi les éclaboussures et un cours d'eau bordé de rochers, de bambous, de fougères.

La rue est d'ailleurs quasi exclusivement réservée aux trottoirs, pour permettre aux piétons de circuler librement. “Personne ne s'inquiète (...) des nids-de-poule où, dès leur apparition dans le bitume, on plante des fleurs”, relate le personnage de William Weston dans son article. Des idées révolutionnaires pour l'époque afin de rendre la vie urbaine plus agréable !

Obligation de trier ses déchets et démarche zéro déchet : 40 ans d'avance

En France, seulement 8% des déchets ménagers sont compostés et 68% sont envoyés en valorisation énergétique, le reste étant stocké. En 2019, 70% des emballages ménagers étaient triés par les ménages selon l'entreprise Citeo.

En Écotopia, l'ensemble des foyers ont pour obligation de trier leurs déchets “afin d'en faire du compost ou des matériaux recyclables”, écrit William Weston.

Cette stratégie de recyclage est complétée par une approche minimaliste et zéro déchet de la part des habitant-es d'Ecotopia. “Les habitants semblent accumuler peu de biens matériels, comme les livres ; ils lisent davantage que les Américains, mais donnent leurs volumes à leurs amis ou les recyclent”, peut-on lire dans l'un des articles de Weston.

Du plastique biologique et naturel pour prendre soin de la planète

Selon WWF, chaque habitant de la planète produit en moyenne 53 kilos de plastique chaque année, ce qui génère plus de deux milliards de tonnes de CO2. Dans le roman de Callenbach, les habitant-es de l'utopie optimiste ne produisent pas moins de déchets que l'Amérique contemporaine.

En revanche, l'ensemble des plastiques du pays sont fabriqués à partir de plantes. Ainsi, les déchets plastiques sont biodégradables et peuvent être réutilisés “dans les champs comme engrais pour nourrir les nouvelles récoltes qui à leur tour produiraient de nouveaux plastiques”, indique l'auteur.

Produire de l'énergie grâce au soleil et à la mer

Utiliser des énergies propres pour alimenter notre consommation d'énergie fait partie des principaux défis écologiques de notre époque. Panneaux photovoltaïques, éolienne, hydroélectrique, les énergies renouvelables ne représentent que 11,7% de la consommation d'énergie primaire en France.

Écotopia a abandonné les centrales fonctionnant au pétrole et au gaz et privilégie les “sources d'énergie comme le soleil, la géothermie, les marées et le vent.” Le journaliste William Weston décrit le fonctionnement de la centrale hydrothermique de Punta Gorda, l'une des plus grandes réussites du pays selon lui. En inspirant l'eau de mer grâce à des tuyaux énormes, la centrale parvient à emmagasiner l'énergie calorifique de l'eau pour produire une “énergie considérable”.

Dans un format plus simple, de nombreuses maisons sont chauffées grâce à “l'énergie solaire (...) emmagasinée dans un vaste bassin d'eau installé au sous-sol ; l'eau chaude est ensuite pompée pour alimenter tous les radiateurs des espaces de vie. Les murs exposés au sud et les toits des bâtiments sont très souvent couverts de panneaux solaires”, nous apprend Weston.

À travers les pérégrinations du personnage principal, on découvre qu'Ecotopia avait massivement développé les habitats participatifs, fait du DIY un mode de vie et favorisé les transports propres au détriment de la voiture ou de l'avion. Un roman inspirant à mettre entre les mains des citoyen-nes mais aussi de nos dirigeant-es !

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