Connaissez-vous les fondations en pieux vissés pour des maisons plus écolos ?

CONSTRUCTION - Ces sortes de pilotis en acier sont une alternative au béton, particulièrement intéressante pour les maisons en bois.

C'est bien connu, on ne construit pas de maisons sur des sables mouvants. La plupart du temps, on les élève sur des fondations en béton. Mais, depuis quelques années, une nouvelle technique s'installe en France. Les micro-pieux, aussi appelés pieux vissés.

Faits d'acier, ces pieux soutiennent la maison comme des pilotis, mais sont enfoncés dans la terre et ne dépassent donc pas nécessairement du sol. Ils offrent ainsi une alternative intéressante et plus écologique au béton, et ont pour principal avantage d'avoir un très faible impact sur le terrain.

Des pilotis enfoncés dans le sol

C'était superbe à voir, et assez fascinant”, se souvient Jean-Pierre, 80 ans, qui a choisi ce type de fondation avec sa compagne Monique, pour l'extension de leur belle maison située dans une ville paisible de la banlieue ouest de Paris. En deux jours, les fondations étaient installées.

© Techno Pieux

Ils sont venus avec une tarière électrique (une machine qui ressemble à un gros tire-bouchon, ndlr.) qui perce et enfonce le pieu dans la terre jusqu'à ce qu'il rencontre la résistance nécessaire pour supporter le poids défini”, raconte-t-il avec une réelle maîtrise des détails techniques.

Et “cela ne salit pas”, rapporte en c?ur le couple qui n'avait pas envie de voir du béton gâter le jardin.

Jean-Pierre nous incite, enthousiaste, à regarder les vidéos de démonstration. Dans celle-ci, réalisée par un autre particulier, nous voyons à quoi ressemble l'engin qui installe les pieux :

Une alternative écolo au béton

Entre 5 000 et 10 000 maisons ont été construites avec cette technique en France, selon l'entreprise québécoise Techno Pieux qui s'est implanté en France en 2003. La technique existait depuis plus d'un siècle, comme le rapporte Wikipédia, mais ne s'était jusque-là pas généralisée.

Son coût est plus ou moins équivalent aux fondations en béton, selon le nombre de pieux qui seront nécessaires.

© Techno Pieux

L'intérêt grandissant pour les constructions écologiques a sûrement donné un coup de pouce à ce procédé. “L'avantage du micro-pieu est d'appartenir à la filière sèche”, explique Yves De Franssu, propriétaire et gérant de Techno Pieux France. Autrement dit, pas besoin d'eau sur le chantier.

C'est aussi une méthode très économe en matériaux et donc en énergie. “Les usines qui produisent l'acier sont consommatrices d'énergie, concède Yves De Franssu, mais la quantité d'acier utilisée pour porter une certaine charge reste très minime. Pour la même charge, on va utiliser beaucoup plus de béton et donc de ciment (ndlr : le ciment est un des composants du béton) dont la production nécessite beaucoup d'énergie.

D'autant que la vie de ces pieux ne s'arrête pas une fois qu'ils sont enfoncés dans le sol. “Ils se dévissent facilement et peuvent être utilisés ailleurs”, explique l'architecte Loïc Thiénot, qui propose ce type de fondation à ses clients.

© Techno Pieux

Une technique qui pourra donc séduire les adeptes du cradle to cradle (C2C), cette approche éthique et environnementale selon laquelle tous les éléments de construction doivent pouvoir être réutilisés.

Néanmoins, les pieux peuvent rester dans la terre plus de 100 ans assure Techno Pieux, grâce à une protection cathodique contre la corrosion.

Les pieux vissés, alliés des maisons en bois et des terrains en pente ou inondables

C'est aussi très bien pour les maisons en bois”, indique Loïc Thiénot. Celles-ci doivent être obligatoirement surélevées de 15 cm, une opération très simple à réaliser avec les pieux vissés.

On peut construire avec cette technologie des maisons en bois de deux étages, assure l'entreprise Techno Pieux, contre un seul étage pour une maison classique (plus lourde). Autrement, il faudrait ajouter trop de pieux qui perdraient alors leur avantage, soit le faible impact sur le terrain par rapport aux fondations classique.

En effet, comme l'indique Loïc Thiénot, “c'est très peu intrusif : on peut glisser des extensions à côté d'une maison, dans une cour”. Ou même entre les racines des arbres si on habite près d'un bois, ou que l'on souhaite conserver les arbres de son jardin.

L'extension de la maison de Monique et Jean-Pierre. © Adèle Ponticelli

Les pieux peuvent aussi dépasser du sol et permettent donc de construire facilement sur un terrain en pente. “Ils sont bien aussi pour les zones humides ou inondables”, complète Loïc Thiénot.

Chez Monique et Jean-Pierre, on ne voit pas du tout les pieux. L'extension a pris place entre le potager et la maison, comme si de rien n'était.

Ce site utilise Google Analytics.