Comment je suis passé à un fournisseur d'électricité verte (malgré ma phobie administrative)

VRAIE VIE - Comprendre le marché de l'électricité, comparer les offres, faire les démarches administratives, : des missions insurmontables quand on tremble à l'idée d'appeler un service client, comme notre journaliste.

(Article mis à jour le 03/11/2021)

J'écris plusieurs fois par mois sur la nécessité écologique de développer les énergies renouvelables. Pourtant, je n'ai toujours pas installé une éolienne dans mon jardin (je n'en ai pas), ni posé des panneaux solaires sur mon toit. Pour faire ma part et changer mon mode de vie sans avoir à déménager dans une yourte, il semblerait que l'un des éco-gestes le plus accessible est celui d'opter pour un fournisseur d'électricité verte.

C'était sans compter ma phobie administrative aiguë. La simple idée de devoir affronter un service client me donne des boutons. Je ne compte plus le nombre de documents égarés, les remboursements manqués à cause de mon incapacité maladive à trier mes papiers. Toutefois, mon envie de réduire les déchets polluants et le gaz à effet de serre est plus forte. Alors, un petit effort ! Commençons par tenter de comprendre comment fonctionne le marché de l'électricité verte en France.

Financer les énergies vertes et faire des économies

Je vais être honnête, ce n'est pas (seulement) la question environnementale qui m'a permis de dépasser ce blocage, mais les 80 euros dont je me déleste tous les mois pour régler ma facture d'électricité. Agacé par ce tarif, tout comme par l'idée que je participe à financer les centrales nucléaires, j'ai pris mon courage à deux mains et je me suis lancé dans les recherches.

Car au final, à quoi cela sert-il de passer à un fournisseur d'électricité verte ? 80 % de l'électricité produite en France est non renouvelable : 72,3 % est issue du nucléaire quand 8,6 % vient de thermique à combustible (fuel ou gaz), comme le rappelle le site du ministère de la Transition Écologique. À l'inverse, l'électricité verte est produite par des énergies renouvelables grâce aux éoliennes, panneaux solaires et autres barrages.

Le problème, c'est que des fournisseurs d'électricité verte qui font concurrence à EDF, il y en a beaucoup, 49 même pour être précis. Comment faire son choix ? Il faut être vigilant car certains fournisseurs d'électricité verte se contentent d'acheter des certificats de production dans d'autres pays et n'investissent pas vraiment dans les énergies renouvelables en France (on vous explique pourquoi juste ici).

Ne pas prendre une décision à la légère

Heureusement, je peux compter sur l'aide de comparateurs fiables comme celui de l'ONG GreenPeace ou du site Selectra pour prendre une décision. L'Agence de la transition écologique (Ademe) a même créé son propre label, VertVolt, qui garantit aux consommateurs que l'électricité de l'offre verte est bien produite à partir d'énergies renouvelables. Néanmoins, je comprends qu'entre faire des économies et souscrire à une offre “éthique”, il faut choisir.

Les trois fournisseurs d'électricité “les plus verts” selon GreenPeace ne sont pas les moins chers. J'opte pour le fournisseur Ilek, qui se trouve dans ce top 3, même si après une simulation de paiement sur leur site internet, j'apprends que  je vais continuer à payer la même somme qu'avec mon fournisseur actuel. Tant pis pour les économies !

Le site du fournisseur a beau préciser que le prix du kWh est moins cher que celui d'EDF (d'un centime seulement en moyenne), l'abonnement, lui, est deux euros plus cher que celui du fournisseur historique. En gros, si vous vivez dans moins de 80 m², vous ne paierez pas moins cher. Mais peu importe, je suis heureux de participer à un projet écologique et de contribuer (modestement) à sauver la planète.

Une transition facile et rapide

L'inscription est bien plus facile que je ne le pensais. Contrairement aux hotlines traditionnelles, je ne patiente pas des heures en écoutant une musique d'ascenseur, je suis en contact avec un conseiller en moins d'une minute. Je transmets mon adresse postale, ainsi que mon PDL, Point de Livraison pour les connaisseur-es, un numéro qui permet d'identifier mon compteur électrique.

Seul problème, je n'ai pas mes relevés de compteur sur moi. Je rappelle le lendemain pour communiquer ma consommation en heure creuse et en heure pleine. En quelques secondes, le contrat est terminé. C'est mon nouveau fournisseur qui se charge de résilier mon abonnement chez EDF, je n'ai rien à faire de plus, je respire.

On m'apprend que je serai officiellement souscripteur de l'offre verte sous 48 heures. En recevant mon contrat par mail, je découvre que mes 80 euros financent aujourd'hui un barrage hydroélectrique dans le sud de la France, à Bollène. Bonne nouvelle !

Depuis, mon quotidien n'a pas changé et ma facture non plus. Je me lance dans l'adoption de nouveaux écogestes (éteindre mes appareils en veille, dégivrer mon réfrigérateur...) qui me feront économiser quelques euros et de l'électricité. On se tient au courant !

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