Avant / Après : Cette citadine a transformé son jardin en refuge pour la biodiversité

JARDIN - Marielle, jardinière amateure mais passionnée, a planté de nombreuses variétés tropicales et creusé deux bassins, pour attirer les oiseaux et les animaux.

Quand ils ont acheté leur maison dans la Loire, près de Saint-Etienne, ce n'était certainement pas pour le jardin. "Il était en pente, avec un vis-à-vis terrible, une route passante et un immeuble de 5 étages juste en face. Mais ce terrain qui n'avait que des problématiques nous permettait d'avoir la maison à un prix correct", raconte Marielle, 35 ans.

© @pepindebananeverte

Avec son mari, elle était persuadée de pouvoir en faire quelque chose. Ils se sont d'abord concentrés sur la rénovation de la maison. Puis, Marielle, passionnée de botanique depuis son enfance, s'est attaquée au terrain de 400 m² : "Le jardin exotique s'est imposé par la force des choses, il fallait qu'on crée une sorte de canopée, une bulle verte en pleine ville."

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Après quatre ans d'aménagement et de plantation, le résultat, qu'elle partage sur son compte Instagram @pepindebananeverte, est spectaculaire. Ce jardin est devenu un refuge pour les oiseaux, les insectes et même des petits animaux que Marielle n'aurait jamais imaginé voir en ville.

Fiche de chantier

Ouvriers

Marielle pour tout le jardin, son mari pour le terrassement et les terrasses

Durée des travaux

4 ans

Budget

2000 € pour les terrasses et autant pour les végétaux

Un jardin exotique en pleine ville

Il a d'abord fallu en passer par des travaux de terrassement, "tout à la pelle", pour remettre le terrain à niveau. Marielle a ensuite imaginé et créé des massifs en bordure et au milieu du terrain, avec beaucoup de végétaux au feuillage persistant pour protéger du vis-à-vis.

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Elle a notamment choisi des bambous non traçants, qui ont tous les avantages du bambou classique sans les inconvénients, puisqu'il ne sont pas invasifs. "Ils sont à réserver à des terrains pas trop secs en été, car ils ont besoin de plus d'eau, précise cependant la jardinière amateure. C'est aussi un des rares végétaux qui a démontré des propriétés acoustiques intéressantes, avec les mêmes effets qu'un mur anti-bruit." Pratique, pour un jardin en pleine ville !

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Le terrain étant rapidement gorgé d'eau en hiver, le couple a préféré ne pas garder de gazon, et aménager à la place 100 m² de terrasse en bois. Ainsi, le jardin luxuriant ne semble pas non plus désorganisé.

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Cela évite aussi la corvée de tonte. Le seul entretien qu'assure Marielle, maintenant que tout a bien poussé, est de tailler les végétaux pour ne pas que certains prennent trop le dessus. Elle coupe les déchets verts en petits morceaux et les étale au pied des plantes pour protéger le sol et le nourrir. Pas besoin de désherber ni de traiter.

À gauche : un hibiscus des marais. © @pepindebananeverte

Parmi les autres plantes phares de ce jardin : l'eucalyptus gunnii azura, une variété qui ne dépasse pas 2 à 3 mètres d'envergure ; les musa basjoo, des bananiers rustiques qui résistent à des températures très froides ; des palmiers trachycarpus fortunei, eux aussi très rustiques ; ou encore le bambou sacré, qui ne ressemble pas du tout à du bambou, mais à un petit arbre au feuillage persistant.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il est donc tout à fait possible de planter un jardin aux allures exotiques sous nos latitudes, à condition de sélectionner des plantes qui supportent bien l'hiver.

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Des bassins et des abris pour les animaux

Après les plantations, l'autre grand projet a consisté en l'aménagement de deux bassins. "À l'origine, c'était pour nous couper de l'environnement urbain, avec le bruit blanc d'une cascade d'eau qui apporte la sérénité", raconte Marielle.

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Mais ces bassins ont rapidement joué un autre rôle : ils ont attiré toute la faune environnante. De nombreux oiseaux, qui viennent se désaltérer pendant la canicule, mais aussi, plus surprenant, des libellules, et même une grenouille.

Marielle a prévu des berges en pente douce, des cailloux et des plages pour que les animaux puissent s'approcher de l'eau et remonter sur la terre ferme en cas de chute.

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Les poissons installés dans les bassins évitent la prolifération de moustiques. Mais les autres insectes sont les bienvenus dans le jardin, comme le montre la présence d'un hôtel à insectes. Quant aux oiseaux, ils ont leurs nichoirs, en réalité d'anciens pots en argile accrochés à la façade.

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Autre hôte inattendu dans cet environnement urbain : un hérisson, qui a élu domicile sous les massifs. Avec tout cela, on comprend que le jardin soit labellisé refuge de la biodiversité par la LPO, la Ligue pour la Protection des Oiseaux. Même si en réalité, tout le monde peut s'engager dans cette démarche : "Le plus petit refuge de France fait moins d'1 m², c'est un bord de fenêtre !", explique Marielle.

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La famille se sent merveilleusement bien dans cette bulle de verdure. "C'est dépaysant, dès que l'on passe la porte. Il y a un petit côté Bali, on a l'impression d'être de l'autre côté du monde", apprécie Marielle.

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Son prochain projet ? Finir de végétaliser la façade de la maison pour la protéger du chaud en été et du froid en hiver. Et cela permettra aussi d'abriter encore de nombreuses espèces animales !

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