INNOVATION - Plus besoin d'ouvrir la ruche Flow Hive pour récolter le miel. Une bonne idée pour les amateurs qui voudraient protéger les butineuses ?

Comment récolter le miel sans déranger les abeilles et sans les blesser ? C'est la question que s'est posée Cedar Anderson, apiculteur australien.

Car la méthode classique n'est pas sans risque : elle consiste à enfumer la ruche, pour éloigner les abeilles et prélever les cadres pleins de miel. Les abeilles sont stressées et celles qui restent dans la ruche peuvent être écrasées pendant la manipulation.

Cedar Anderson a mis au point une solution qui permet de récolter le miel sans ouvrir la ruche. Avec la ruche Flow Hive, il suffit de tourner un robinet pour que le miel coule directement dans une jarre.

La ruche Flow Hive.

La ruche Flow Hive. © Beeinventive Pty.Ltd.

L'idée a reçu un accueil très enthousiaste sur internet, puisque l'appel à financement participatif a permis de récolter plus de 13 millions de dollars sur Indiegogo, il y a de cela 2 ans.

Flow Hive est désormais disponible sur le site et livré en France. Compter 225 euros pour les cadres sans ruche et 300 euros pour le premier modèle de ruche.

Que vaut cette ruche pour les abeilles et pour les apiculteurs amateurs, qui voudraient participer à leur sauvegarde en installant une ruche dans leur jardin ?

Comment fonctionne Flow Hive ?

Il s'agit de cadres en plastique, disposés à la verticale, dont les alvéoles sont remplies de miel par les abeilles. Pour récolter le miel, on utilise une manivelle pour déplacer les alvéoles à la verticale, et libérer le miel qui s'écoule vers le bas dans un robinet, comme on le voit dans cette vidéo à 2 minutes 18 :

Une ruche vraiment bénéfique pour les abeilles ?

Le succès de Flow Hive lors de sa campagne de financement n'a pas manqué de soulever des questions sur son utilité pour les abeilles et les apiculteurs.

L'équipe de Flow Hive insiste sur le bien être des abeilles. "Ne vous inquiétez pas des abeilles qui pourraient être écrasées. Nous avons conçu ce système pour qu'aucune abeille ne soit blessée quand le système est activé, avec des petits espaces pour qu'elles puissent sortir quand le miel s'écoule", peut-on lire sur le site.

Cependant, comme le précisait l'éthologue Simon Pierre Delorme au journal Le Vif au moment du lancement de Flow Hive, cette ruche particulière pourrait gêner le comportement des abeilles. En effet, elles n'ont plus besoin de construire des alvéoles en cire, comme elles le font habituellement.

Des abeilles remplissent de miel les alvéoles artificielles de Flow Hive.

Des abeilles remplissent de miel les alvéoles artificielles de Flow Hive. © Flow

Si on ne leur laisse pas suffisamment de place pour produire leur cire, "cela va pousser les abeilles à l'essaimage (quand une partie des abeilles quittent la ruche avec une reine pour former une nouvelle colonie). Ce n'est pas vraiment une bonne chose pour l'apiculteur, ce n'est pas rentable", estime cet éthologue.

Il précise également qu'il existe des solutions pour ne pas stresser les abeilles au moment d'ouvrir une ruche classique, comme par exemple l'utilisation d'une nasse qui les empêche de rentrer juste avant la récolte du miel.

Un apprentissage nécessaire pour les particuliers

Si Flow Hive facilite la récolte du miel pour les non-professionnels, elle nécessite tout de même des connaissances en apiculture.

Il reste ainsi nécessaire d'ouvrir régulièrement la ruche pour contrôler la santé des abeilles, comme le précise d'ailleurs le site de Flow Hive.

Ceux qui sont prêts à investir du temps pour prendre soin de leur ruche peuvent également se tourner vers d'autres start-ups, françaises cette fois.

Label Abeille vend des boîtiers connectés à placer sous les ruches, pour en contrôler le poids, et donc la bonne santé, à distance depuis son smartphone. Quant à Farmilii, elle propose des ruches 100% made in France, avec des essaims "locaux", venus du Vercors.

Dans tous les cas, on devra positionner sa ruche à 20 mètres du jardin de ses voisins, s'il n'y a pas de clôture, à 2 mètres s'il y en a une, et vérifier si des arrêtés spécifiques ont été pris dans sa commune. Bonne récolte !