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PORTFOLIO - Stefano Boeri a déjà construit deux immeubles recouverts d'arbres en Italie. Il dessine maintenant une ville-forêt pour la Chine.

Vivre à la fois au milieu d'une forêt et en plein centre-ville, tout en haut d'une tour, n'a rien de contradictoire. À Milan, en Italie, deux immeubles de 110 et 76 mètres de haut sont recouverts de 900 arbres, soit l'équivalent d'un hectare de forêt.

Ces résidences, inaugurées en 2014, sont l'?uvre de Stefano Boeri. L'architecte, qui dit avoir eu toute sa vie "une obsession pour les arbres", ne compte pas s'arrêter à cette réalisation spectaculaire.

Bosco Verticale à Milan.

Bosco Verticale à Milan. © Boeri Studio

Pour lui, ces "forêts verticales" urbaines sont "l'une des stratégies les plus efficaces pour réduire la pollution et combattre le changement climatique."

Des façades arborées plutôt que recouvertes de verre

L'architecte italien a eu le déclic en 2007, lors d'un voyage à Dubaï, une ville futuriste construite en plein désert. "J'ai vu la folie d'une ville et de ses 200 gratte ciels aux façades en verre qui réfléchissent le soleil, se souvient-il. C'est à ce moment que j'ai imaginé quelque chose de différent. Pourquoi ne pas faire une tour avec une façade recouverte de feuilles ?"

Portrait de Stefano Boeri.

Portrait de Stefano Boeri. © Boeri Studio

Mieux qu'un mur végétal ou qu'un jardin vertical, Stefano Boeri décide alors de planter de vrais arbres sur les balcons des deux tours milanaises. Une première mondiale et une prouesse technique, qui a nécessité des tests de sécurité pour être certain que les arbres résisteraient au vent.

En plus de réduire la pollution causée par la circulation automobile, en absorbant le dioxyde de carbone, les arbres apportent de l'ombre sur les façades, ce qui réduit la température dans les logements en été, et permet de réduire les besoins énergétiques des immeubles pour la climatisation.

Bosco Verticale à Milan.

Bosco Verticale à Milan. © Boeri Studio

Il voit aussi dans cette architecture verticale le moyen de lutter contre l'expansion des villes, tout en rapprochant la nature et les hommes. Les habitants des deux tours cohabitent ainsi avec les oiseaux qui ont construit leurs nids dans les branches de leurs arbres.

Ces derniers, comme toutes les plantes des immeubles, dont les soins sont assurés par une société, sont considérés comme des biens communs à tous les habitants.

Des gratte-ciel arbres à la ville-forêt

Le concept séduit dans le monde entier, Ainsi, en 2020, une nouvelle tour, recouverte cette fois de 100 cèdres, verra le jour à Lausanne en Suisse, et la construction d'un hôtel en forme de montagne plantée d'arbres commencera en mars 2017 à Guizhou, en Chine.

L'hôtel dessiné pour la ville de Ghizhou.

L'hôtel dessiné pour la ville de Ghizhou. © Stefano Boeri Architetti China

Surtout, la Chine, où les taux records de pollution se succèdent, pourrait être le premier pays à voir pousser une ville-forêt. Stefano Boeri travaille en effet sur les plans d'une nouvelle ville près de Shijiazhuang, où cette fois, des centaines de bâtiments de différentes hauteurs seraient couverts de végétation.

Esquisse de la future ville-forêt.

Esquisse de la future ville-forêt. © Boeri Studio

Bonne nouvelle, ce futur vert ne sera pas réservé aux plus riches. Si le projet expérimental de Milan a coûté 8000 euros du mètre carré, Stefano Boeri cherche à réduire le montant pour les futurs chantiers.

Esquisse de la future ville-forêt.

Esquisse de la future ville-forêt. © Boeri Studio